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Suicide : mieux comprendre la dépression chez les adolescents

Il est très important d’apporter une attention spéciale à la dépression chez les adolescents. Pour mieux comprendre les comportements à risque que peuvent les mener au suicide, le pédopsychiatre Dr Naazim Mohungoo nous éclaire sur le sujet.

Comment détecter la dépression chez les adolescents ?

La Journée mondiale de prévention du suicide est observée chaque année le 10 septembre. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) considère le suicide comme un grave problème de santé publique.

En général, les symptômes de la dépression sont presque les mêmes chez les adolescents que les adultes. Il faut, cependant, noter qu’un adolescent est à un stage de son développement où la communication est difficile et que beaucoup d’entre eux n’ont pas encore acquis la maturité ou le vocabulaire pour exprimer leurs difficultés et désarrois.

On note surtout chez les adolescents une irritation grandissante. Il y a plus de colère que d’habitude. Tout ou un rien peut les irriter. On sait qu’un adolescent est déjà peu bavard et préfère être seul ou loin des parents, mais dans le cas d’une dépression, le manque de communication est plus accru.

Il y a aussi un manque d’énergie, de concentration et de motivation. Les choses qui plaisaient auparavant à l’adolescent perdent de leur intérêt. On peut aussi noter que l’adolescent diminue un peu ses rapports sociaux. Un adolescent dépressif a aussi tendance à dormir plus. Cet état s’accompagne aussi d’une diminution d’appétit et possiblement d’une perte de poids.

Finalement, dans des cas extrêmes, les adolescents optent pour l’automutilation ou commencent à proférer des phrases suicidaires et expliquer son envie de ne plus vouloir vivre. Il est alors urgent de rechercher l’aide d’un professionnel.

Qu’est-ce qui explique une dépression à l’adolescence ?

L’adolescent est à un stage difficile de sa vie. Il doit gérer plusieurs changements dans sa vie qui incluent l’amitié, l’amour, la famille, sa scolarité et aussi bien ses changements hormonaux. Cette situation peut être difficile à vivre.

Les extrovertis se présentent parfois avec des troubles de comportement, d’abus de substances ou en situation de conflit avec les autres. Les introvertis, eux, se présentent avec des signes de dépression ou d’anxiété. Ces soucis mentaux ne doivent pas être ignorés. Il ne faut pas non plus se dire que cette situation est temporaire. Une maladie mentale est du même niveau qu’une maladie physique et il faut la traiter.

On sait qu’au moins 25% de la population, c’est-à-dire, 1 personne sur 4 aura une dépression pendant sa vie, et cela peut commencer dès l’adolescence. L’adolescence est un âge où les maladies mentales, comme la dépression, la bipolarité et la psychose commencent à se manifester le plus. La dépression est aussi héréditaire. En conséquence, si un membre de la famille proche souffre de dépression, celle-ci peut se présenter plus tôt chez le jeune.

Quels traitements/solutions pour s’en sortir ?

Il existe trois sévérités de dépression clinique : légère, modérée et sévère. La première est souvent traitée avec un support thérapeutique, parfois pas nécessairement professionnel.

Pour les modérées, il faut souvent une aide professionnelle. Des sessions avec un(e) psychologue peuvent aider l’adolescent à se retrouver et à se sentir mieux. Si cela n’est pas suffisant, le professionnel peut faire appel à un support psychiatrique.

Pour les cas sévères, qui sont parfois risqués, il faut surtout l’approche thérapeutique, psychologique, mais aussi pour certains symptômes, une approche médicamenteuse. Les médicaments sont souvent prescrits pour une durée de temps et sont stoppés quand une amélioration des symptômes est constatée. Dans les trois cas, il faut avoir un support familial et social pour que l’enfant ne se sente pas abandonné.

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