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Quand les enfants sont confrontés à des discriminations, la santé des mères en pâtit aussi

Si les effets négatifs sur la santé mentale des personnes victimes de discriminations sont prouvés depuis longtemps, une récente recherche américaine suggère que cela pourrait également impacter le cercle familial, et notamment les mères.

Plusieurs études ont montré que subir des discriminations pouvait affecter la santé mentale et physique. En 2017, une recherche américaine réalisée sur plus de 95.000 enfants montrait que la discrimination raciale augmenterait les risques de dépression, d’anxiété et de trouble déficit de l’attention chez l’enfant. Mais ces problèmes de santé pourraient également se répercuter sur les mères, avance une recherche américaine parue dans le Journal of Health and Social Behavior.

Les données étudiées proviennent de deux générations de familles issues de l’enquête longitudinale nationale sur la jeunesse de 1979, qui comprend un échantillon représentatif au niveau national d’hommes et de femmes interrogés régulièrement pendant plus de 40 ans.

L’ensemble des données de cette enquête, qui a porté sur 3.004 mères et 6.562 enfants, s’est concentré sur les réponses des adolescents et des jeunes adultes à des questions portant sur les expériences relatant des discriminations aiguës (raciales, sexuelles, professionnelles) ou chroniques (échanges interpersonnels au cours desquels un individu se sent insulté ou rabaissé).

Les mesures de discrimination ont été élaborées dans les années 1990 par le co-auteur de l’étude, David Williams, chercheur à l’université de Harvard. La santé des mères a été évaluée à partir de renseignements fournis directement par les participantes.

Les résultats mentionnent un risque accru de 22% chez les mères des enfants discriminés de voir leur état de santé se dégrader entre l’âge de 40 et de 50 ans. Les mères dont les enfants sont exposés à de fortes discriminations d’ordre racial, particulièrement importantes chez les adolescents et les jeunes adultes afro-américains, sont les plus concernées.

“Nos observations suggèrent que la discrimination est mieux comprise en tant qu’exposition sociale complexe ayant des implications profondes sur la santé”, considère Cynthia Colen, professeure associée de sociologie à l’université d’État de l’Ohio (Etats-Unis) qui a dirigé la recherche.

“Nous savons depuis longtemps que les personnes qui sont traitées injustement sont plus susceptibles d’avoir une mauvaise santé mentale et physique. Nous savons maintenant que ces effets négatifs sur la santé peuvent être intergénérationnels et qu’ils sont susceptibles de contribuer aux disparités raciales en matière de santé”, ajoute la chercheuse.

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