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La caféine, une addiction silencieuse à arrêter ?

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Dans un podcast réalisé par The Guardian, un journaliste explore les effets de la caféine sur son métabolisme et son absence, lors d’un sevrage, comme s’il s’agissait d’une drogue. Intitulé “L’invisible addiction”, il démontre que celui que l’on consomme chaque matin ne serait pas si inoffensif que ça… Alors, drogue ou pas drogue ?

Faut-il se méfier du café ? Possible selon l’enquête de Michael Pollan. Dans un podcast réalisé pour le compte du média britannique The Guardian, le journaliste a voulu explorer sa relation à la caféine. Ses troubles du sommeil ou de l’irritabilité avaient déjà mis la puce à l’oreille de ce mordu de café. Il a donc décidé de suivre les traces de Roland Griffiths, l’un des plus grands chercheurs au monde dans le domaine des drogues psychotropes. Le scientifique n’avait pas hésité à mener une série d’expériences sur lui-même avant d’arrêter. Depuis ses recherches, le sevrage de caféine est inscrit au ‘Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux’ (DSM-5), considéré comme la Bible des diagnostics psychiatriques.

Jusqu’à présent, les scientifiques s’étaient montrés plus que rassurants, voire même positifs quant au breuvage. Bon nombre d’études suggèrent même que la consommation régulière de café diminue les risques de cancer du sein, de la prostate ou du côlon, de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2, de la maladie de Parkinson. Plus étonnant encore, la boisson aurait un effet positif sur la démence et peut-être même sur la dépression et le suicide (des données qui s’inversent dès que l’on dépasse huit tasses par jour). Loin d’être un ennemi, le café serait alors un allier pour notre santé.

Boire moins de café et vivre plus longtemps

Oui, mais voilà que tout le monde n’est pas de cet avis. Des neuroscientifiques anglais sont inquiets. Les membres de la faculté de l’université de Californie à Berkeley mettent en garde contre les effets sur le sommeil de la caféine. D’après eux, nous dormons moins et moins bien lorsque nous buvons du café. Ce danger invisible a un prix. L’auteur de Why We Sleep, le docteur Matthew Walker, suggère même que cette privation de sommeil pourrait être à l’origine d’un facteur clé dans la maladie d’Alzheimer, de l’artériosclérose, des accidents vasculaires cérébraux, de l’insuffisance cardiaque, de la dépression, de l’anxiété, du suicide et de l’obésité.

Le café n’est pas responsable à lui seul de la crise du sommeil que nous vivons. Les écrans, l’alcool ou encore la pollution et l’anxiété ont aussi leur rôle à jouer. Problème : le café, responsable d’une perte de sommeil, est aussi le remède de beaucoup pour compenser un mauvais sommeil. Dans ce ‘joli cercle vicieux’, difficile donc d’abandonner sa bonne vieille tasse du matin, tout en sachant que c’est à cause d’elle que vous avez du mal, le matin, à vous sortir du lit.

Faut-il arrêter totalement la consommation de café ? La réponse est probablement dans la mesure, comme souvent.

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