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[Maladies non transmissibles] Prof. Dhanjay Jhurry : « Le diabète touche de plus en plus de jeunes »

Une bonne santé passe avant tout par une alimentation saine. Afin d’aider à la prévention de maladies non transmissibles telles que le diabète ou l’hypertension souvent liés au mode de vie, le Prof. Dhanjay Jhurry revient sur l’importance de se mobiliser. Il s’explique suite à un atelier scientifique organisé par l’Université de Maurice.

Le Prof. Dhanjay Jhurry.
Le Prof. Dhanjay Jhurry.
  • Quelle est l’urgence de la situation ?

La progression des maladies non transmissibles (MNT) est alarmante dans notre pays. Et cela, malgré les efforts déployés par les autorités. De nombreuses campagnes de sensibilisation sont mises en place et elles touchent le public en général, incluant les élèves du primaire et du secondaire. Nous avons aussi le devoir de répondre à l’objectif 3 de développement durable qui vise à « permettre à tous de vivre en bonne santé et à promouvoir le bien-être de tous à tout âge ».

Malgré tout cela, nous ne sommes pas en train de voir une amélioration de la situation et les dépenses publiques, surtout pour les MNT, vont en grandissant. L’obésité gagne du terrain chez les enfants et les adolescents sont de plus en plus à risque de dvelopper ces maladies à l’avenir. Le diabète touche de plus en plus de jeunes et il est crucial aujourd’hui de tirer une fois de plus certes la sonnette d’alarme dans l’espoir de les faire entendre notre voix.

  • Pourquoi n’arrive-t-on pas à progresser suffisamment ?

Nos enseignants chercheurs à l’Université de Maurice (UoM) sont dotés d’une grande expérience. Après des années de recherches et diverses analyses, ils sont venus avec diverses propositions. L’université est d’ailleurs engagée depuis des années pour la santé, au vu des nombreuses campagnes de sensibilisation télévisées menées depuis 2006. Elle a également inclus un curriculum relatif pour former nos jeunes qui peuvent, depuis 2008, opter pour un BSc (Hons) Nutritional Sciences.

L’UoM a émis un rapport un 2012 préconisant l’importance de promouvoir le « Health & Nutrition Education » dans les écoles primaires. Le ministère de l’Éducation a d’ailleurs pris des actions en ce sens, suite à quoi, le Mauritius Institute of Education (MIE) a enclenché des mesures pour étoffer ses interventions dans les écoles primaires.

Cependant, les efforts ne doivent pas venir uniquement des autorités. Tous doivent également se sentir concernés, notamment l’industrie agroalimentaire, les commerces, les organisations non gouvernementales (ONG), la société civile et les jeunes. Il s’agit de revoir toute la stratégie et se focaliser sur quatre éléments clés : gouvernance, information, éducation et leadership.

  • Quelles sont les tendances alimentaires observées ?

Les tendances alimentaires sont évolutives et dépendent beaucoup des produits qui sont disponibles sur le marché, tant ceux en provenance de l’import que fabriqués localement. Et ces produits n’ont rien à voir avec ce qui était sur nos étals il y a 30 ans. La consommation (production et distribution) est, de plus, un facteur important de la croissance économique aujourd’hui et c’est aussi un phénomène social. Nous privilégions davantage la restauration rapide, mais celle-ci n’est pas forcément le meilleur choix en matière d’alimentation. Cependant, si la demande pour les produits sains est là, le marché suivra.

  • Quels sont les défis à relever ?

Il faudrait : Informer de manière objective avec des faits scientifiques, faire des choix éclairés, fabriquer des produits sains et les proposer à des prix abordables, sensibiliser le public à l’importance d’apprendre à mieux manger et l’aider à s’adapter aux nouveautés, encourager le public à réduire leur consommation de sel, de sucre et gras de façon volontaire et faire respecter les législations.

  • Suite à l’atelier scientifique organisé par l’université de Maurice, quelles sont les retombées et quelle est l’étape suivante ?

L’UoM a permis de réunir sur une plateforme neutre et objective les différentes parties prenantes, notamment des membres du public, des étudiants, des ONG, des représentants de l’État, à savoir des ministères de la Santé et de l’Éducation, des acteurs des secteurs privés et publics, ainsi que des académiciens de la filière scientifique qui ont arbitré les discussions.

Tous ceux qui étaient présents se sont engagés à travailler ensemble afin de relever les défis visant à combattre les MNT liés à l’alimentation. Ils se sont également engagés à aligner les mêmes recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et du ministère de la Santé à Maurice. Ils se sont aussi montrés ouverts au fait de constamment affiner leurs connaissances au fil des avancées scientifiques dans le secteur agroalimentaire.

Par ailleurs, la prochaine étape consiste à consolider la plateforme et dégager un plan d’action partagé par tous les acteurs. Nous en inviterons d’autres à nous rejoindre également. Des réunions seront organisées régulièrement avec les différents acteurs afin de leur permettre de donner leurs avis et de venir avec des actions concrètes (réduction de sel, de gras et de sucres ajoutés dans les aliments prêt-à-manger). L’idée est aussi d’impliquer les jeunes, à commencer par les étudiants de l’UoM, afin qu’ils prennent en main leur avenir par le biais de leur capital nutrition santé. Et pour finir, nous devons aussi consolider et partager nos connaissances scientifiques à travers des séances de formations complètes et sur mesure pour différents groupes (employés des secteurs publics et privés).

Atelier scientifique sur l’alimentation saine

Les membres de la faculté des sciences de l’Université de Maurice (UoM), ont organisé un atelier scientifique à l’attention des professionnels de la santé, de l’éducation et de l’hospitalité en septembre dernier à l’auditorium Octave-Wiehe, à Réduit. « L’objectif de cet atelier est de toucher principalement les professionnels des secteurs de la santé, de l’éducation et de l’hospitalité, afin qu’ils puissent à leur tour partager les précieux conseils au grand public. L’atelier a été, en effet, animé par divers experts, locaux et internationaux également, notamment avec l’intervention en vidéo du Dr B. Magnuson de Canada, vice-présidente de Health Science Consultants et spécialiste en toxicologie alimentaire », avait souligné le professeur Dhanjay Jhurry.

Au menu des discussions, les politiques et stratégies du ministère de la Santé pour lutter contre les maladies non transmissibles, témoignages, le programme de santé du MIE dans les écoles, les tendances alimentaires à Maurice, la sécurité et la toxicologie autour des édulcorants, l’obésité infantile et ses conséquences adverses ou encore les opportunités et les défis pour les acteurs de l’industrie ont rythmé la journée.

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