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Maladies non transmissibles : la lutte s’oriente sur le prédiabète

Repoussée à cause de la Covid-19, l’étude sur la prévalence des maladies non transmissibles sera menée cette année, au mois de mars et avril par le Non-Communicable Disease (NCD), Health Promotion & Research Unit. En attendant, la bataille contre le diabète et l’hypertension continue et la condition prédiabétique prend également une place significative afin de faire reculer la maladie.

Le Dr Sudhir Kowlessur
Le Dr Sudhir Kowlessur

Le NCD Survey Report se fait chaque cinq ans, mais en raison de la pandémie de Covid-19, elle n’a pas pu être effectuée en 2020. « L’étude devait être entreprise au mois de juillet, mais on a été contraint de le repousser pour cette année », explique le Dr Sudhir Kowlessur, le Chief Health Promotion and Research Coordinator au ministère de la Santé. C’est ainsi qu’il annonce la tenue de cette étude pour le mois de mars et avril de cette année.

« Cette étude est cruciale pour comprendre la prévalence des maladies non transmissibles dans le pays et de sensibiliser les Mauriciens sur les risques », fait-il comprendre. D’ailleurs, durant ces dernières années, plus de 450 000 Mauriciens ont été touchés par les différentes campagnes de prévention qu’a mené le Non-communicable disease (NCD), Health promotion & Research Unit du ministère de la Santé. Ces campagnes comprennent, entre autres, la lutte contre le diabète, l’hypertension, les maladies cardiovasculaires et les cancers du col de l’utérus et du sein.

Le diabète et l’hypertension sont les deux maladies connues pour leurs symptômes silencieux. Les conséquences sur la santé s’aggravent à long terme d’où l’importance d’un dépistage précoce. Le rôle principal de la NCD, Health Promotion & Research Unit est d’alerter le public sur les risques de ces maladies. « Pour ce faire, on va vers les Mauriciens pour les sensibiliser et leur proposer des dépistages. Le but est de faire de la prévention afin de faire reculer ces maladies », explique-t-il.

Pour ce dernier, ces campagnes de prévention permettent de tirer la sonnette d’alarme, surtout chez les jeunes. D’ailleurs, selon les données de la NCD, Health Promotion & Research Unit de 2018, 142 780 élèves du secondaire, âgés de 11 à 17 ans, ont été concernés par les campagnes organisées au sein de 180 établissements scolaires, privés et public.

« Pour inverser la tendance, il est crucial de cibler les jeunes. Une fois qu’ils seront sensibilisés sur les risques qui les guettent et comment les bonnes pratiques peuvent les aider, on pourra voir la situation s’améliorer. Cette année encore, l’accent est mis sur les jeunes avec nos programmes régionaux », souligne-t-il. Cela permet aussi de s’attaquer à une condition très spécifique qu’est le prédiabète. « Nous avons un projet qui a commencé depuis un an et qui s’oriente uniquement sur le prédiabète. L’objectif de ce projet est de suivre les prédiabétiques et d’implémenter des modes de vie sains afin d’éviter que ces patients ne développent le diabète », ajoute le Dr Kowlessur.

Cette campagne concerne également les ménagères. Et, depuis l’année dernière, le « Empowering Program for Housewives on Nutrition & Healthy Lifestyle » a été lancé et comprend un programme de trente ateliers de travail visant à former 1 500 ménagères à travers l’île. « Ces ateliers sont organisés dans les quatre coins de l’île et visent à sensibiliser les ménagères sur les bonnes pratiques. Elles apprennent à faire le bon choix des aliments, à préparer un repas équilibré et surtout à inculquer ces bonnes pratiques à leurs familles », indique-t-il.

La prévalence des maladies non transmissibles

Depuis le début des sondages en 1987, les cas des maladies non transmissibles sont constamment en hausse. Ce n’est qu’à partir de 2015 que le pays a vu une légère stabilisation selon le Dr Sudhir Kowlessur. Pour ce qui est des chiffres, le sondage de 2015 indiquait une baisse dans le nombre de prédiabétiques à Maurice passant de 24.2 % (2009) à 19.4%. Le nombre de Mauriciens qui souffrent d’hypertension est passé de 37.9 % (2009) à 28 % (2015). Et, l’obésité a vu une stabilisation (35 %).

Le diabète, la bête noire

Le diabète reste la principale cause de décès à Maurice. C’est ce qu’a révélé le Health Statistics Report 2018. Sur les 10 521 décès enregistrés en 2018, 2 166 personnes sont mortes des complications du diabète suivi des maladies cardiovasculaires qui a fait 2 080 décès. La troisième cause de décès est le cancer avec 1 351 victimes.

Que fait la NCD, Health Promotion & Research Unit ?

Structurée depuis 2015, le « Non-communicable disease, health promotion & research unit » du ministère de la Santé opère un peu partout à travers l’île. L’objectif : faire des dépistages et des campagnes de sensibilisation sur les maladies non transmissibles telles que le diabète, l’hypertension et les maladies cardiovasculaires, incluant également le dépistage de cancers, notamment celui du col de l’utérus et du sein. Le programme de cette unité se fait en trois volets, notamment sur les lieux de travail, dans les écoles secondaires et dans les différentes zones résidentielles. « Le but étant d’aller vers la population afin de pouvoir détecter et prévenir ces maladies non transmissibles », explique le Dr Sudhir Kowlessur. Depuis 1987, l’unité s’occupe aussi des sondages. Ils sont effectués chaque cinq ans et les données permettent de mieux comprendre les prévalences et de venir avec des campagnes de sensibilisation adéquates.

Deux plans en élaboration

Actuellement, deux plans de travail sont actuellement en élaboration au NCD, Health promotion & Research Unit. Il s’agit du National Service Framework for NCD et le National Integrated NCD Action Plan. L’expertise de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a été recherchée pour réaliser ces deux projets.

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