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La vaccination : son histoire et son importance

La campagne de vaccination concerne désormais les seniors et ceux souffrant de maladies chroniques telles que le diabète, l’hypertension et les maladies cardiovasculaires. À l’heure de la pandémie de Covid-19, l’efficacité du vaccin est évoquée. Mais, quelle est son importance ? Le Dr Irfaan Daureeawoo revient sur l’histoire de la vaccination en général et parle de la nécessité de se faire vacciner contre la Covid-19.

« Un vaccin est une formule administrée pour susciter l’immunité contre une maladie en actionnant la formation d’anticorps. Il agit comme un imposteur pathogénique qui se présente comme un virus ou une bactérie au système immunitaire, mais ne provoque pas de maladie. La majorité des vaccins est administrée par injection, mais certains sont donnés par voie orale ou nasale.  Une fois qu’une personne a été vaccinée, elle est immunisée, ce qui signifie que si elle est exposée à la maladie, le corps s’attaque à l’infection avant que la maladie ne s’installe », explique le Dr Irfaan Daureeawoo, médecin en Angleterre, exerçant dans le département de la gériatrie à l’hôpital universitaire du Mid Essex, en Angleterre.

Il fait comprendre que la vaccination a fortement réduit le fardeau des maladies infectieuses sur l’humanité.  La pratique de l’immunisation date de l’antiquité et les preuves existent que les Chinois ont utilisé l’inoculation de la variole dès l’an 1000. Cette technique était également pratiquée en Afrique et en Turquie, avant de s’étendre à l’Europe et aux Amériques avant de donner le nom de la variolisation.

En 1796, E.J a émis l’hypothèse que la protection contre la variole pourrait être obtenue par l’inoculation d’un virus apparenté, ‘la vaccine’.  « Sa méthodologie a subi des modifications médicales et technologiques durant les 200 années suivantes et a finalement mené vers l’éradication de la variole », nous informe-t-il.  La variole était une maladie sévèrement infectieuse endémique dans le monde. Les symptômes furent une fièvre et une éruption cutanée rouge qui se répandait sur l’ensemble du corps.

Progressivement, l’éruption se transformait en pustules ensuite en croûtes. Par la suite, les croûtes tombaient en laissant une peau très marquée.  Dus au taux de mortalité, chez les enfants surtout, les gens étaient enclins à faire vacciner leurs enfants.  N’ayant pas de traitement existant pour la variole, l’éradication de la variole grâce à la vaccination, a créé un espoir contre le combat des autres maladies infectieuses comme la poliomyélite, l’oreillon, entre autres.

L’éradication

Il indique également que la recherche et le développement de vaccins étaient très significatifs vers la moitié du 20e siècle.  Les laboratoires, utilisant les méthodes de culture de virus, ont canalisé les découvertes et les innovations concrètes, notamment la production de vaccins contre la polio.  « La poliomyélite a été déclarée épidémique au début des années 1900 dans les pays ayant un bon niveau d’hygiène de vie, durant la même période où d’autres maladies comme la diphtérie, la typhoïde et la tuberculose étaient en baisse.  La poliomyélite causée par le poliovirus est hautement contagieuse et touche surtout les enfants de moins de cinq ans.  Cette maladie affecte le système nerveux qui a des conséquences graves comme une paralysie totale en quelques heures », ajoute-t-il.

N’ayant pas de traitement antiviral contre cette maladie, la période 1950 était cruciale grâce au développement des vaccins efficaces contre la poliomyélite.  Par la suite, une combinaison de vaccins pour une protection combinée fut songée contre de nombreuses maladies infectieuses à la fois, par exemple le vaccin trivalent diphtérie-tétanos-poliomyélite (DTP).  Grâce à une campagne mondiale de surveillance et de vaccination contre la poliomyélite, le nombre de cas a diminué jusqu’à 99 %.

« Durant les années 1900, plusieurs progressions concernant les vaccins ont été démontrées ; notamment contre le tétanos, la diphtérie, la tuberculose et la coqueluche.  Depuis les années 60, la vaccination antitétanique est combinée avec la diphtérie et la coqueluche.  Le coupable de la maladie tétanique est la bactérie clostridium tetani, se propageant souvent à partir d’une plaie ou d’une blessure », explique-t-il.  L’élimination du tétanos néonatal dans le monde est un objectif prioritaire de l’OMS et le nombre de cas affaiblit annuellement, notamment grâce aux programmes de vaccination infantile.

Cependant, le médecin fait comprendre que le terme éradication se définit comme une diminution permanente à zéro de l’incidence internationale des infections provoquées par un agent spécifique à la suite d’efforts tranchés et que des actions supplémentaires ne sont plus nécessaires, par exemple dans le cas de la variole.

Covid-19 : l’espoir vers la « normalité »

Grâce à la vaccination, durant des années, la population fut protégée contre d’innombrables cas de maladies à travers le monde.  Le but ultime de ce programme est non seulement de se protéger, mais de protéger les autres.  Certains vaccins ont une efficacité de protection à vie, tandis qu’avec d’autres les effets diminuent et un booster est nécessaire.

Par ailleurs, certaines personnes ne peuvent être vaccinées, par exemple celles qui sont allergiques aux composants du vaccin, d’autres avec un système immunitaire affaibli et dans certains cas, une contre-indication à cause de l’âge et de la fragilité du patient.  Alors, encourager davantage de personnes à se faire vacciner est un moyen de protéger l’ensemble de la communauté et d’empêcher la transmission et réduire le risque que ces personnes vulnérables soient exposées.  « Plus le nombre de gens est vacciné, plus un ‘coussin’ de protection est formé dans la société autour de ceux qui ne peuvent être vaccinés », indique-t-il.

Tandis que les mesures telles que la distanciation sociale, les gestes barrières ainsi que le confinement et d’autres précautions prises réduisent la transmission de la Covid-19, la vaccination reste l’outil nécessaire pour limiter la maladie progressivement selon le Dr Irfaan Daureeawoo.  D’ailleurs, l’OMS estime que 1,5 million de personnes décèdent annuellement, par des maladies infectieuses qui sont évitables de par la vaccination. « Plusieurs dirigeants mondiaux ont déjà reçu le vaccin de la Covid-19 dans l’objectif de se protéger, mais aussi d’atténuer les réserves ressenties par leurs citoyens envers l’efficacité du vaccin », conclut-il.

 

  1. https://ourworldindata.org/polio
  2. https://www.vaccination-info.be/histoire-de-la-vaccination/
  3. https://polioeradication.org/polio-today/history-of-polio/
  4. Dubos, René Jules, and Jean Dubos. The white plague: tuberculosis, man, and society. p228. Rutgers University Press, 1987.
  5. WHO. Fact sheet No. 378. Immunization Coverage. Last reviewed January 2018. Accessed January 2018. Retrieved from: http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs378/en/
  6. https://www.sanofi.com/fr/Votre-sante/vaccins/qu-est-ce-que-l-immunisation
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