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Épidémies : une veille sanitaire instituée dans l’océan Indien pour mieux gérer la prolifération

« Deux tiers des maladies humaines proviennent des animaux », constate le vétérinaire épidémiologiste, Harena Rasamoelina qui s’occupe de l’unité de veille sanitaire, mise en place par la Commission de l’océan Indien (COI) et financée par l’Agence Française de Développement (AFD) à la hauteur de huit millions d’Euros.

Cette plateforme, qui existe depuis 2009, permet un meilleur échange d’information entre les pays membres de la COI, notamment La Réunion, Madagascar, Comores, Seychelles et l’île Maurice.

Ce jeudi 14 décembre aura lieu la signature de la Convention de la veille épidémiologique et le lancement de la troisième phase de ce projet pour mieux gérer et prévenir les épidémies dans l’océan Indien. Cette plateforme devient encore plus nécessaire suite aux épidémies récentes, dont la peste et la fièvre aphteuse. L’océan Indien est donc mobilisé contre toute éventuelle épidémie.

« En 2006, après l’épidémie de Chikungunya, tous les pays de l’océan Indien étaient affectés, mais chacun a géré de son côté et il n’y a eu aucun échange d’information. La gestion n’était pas optimale et les conséquences étaient beaucoup plus désastreuses », raconte Harena Rasamoelina en indiquant que c’est, à ce moment-là, que la COI est venue de l’avant avec cette plateforme d’échange d’information.

Ainsi, de 2009 à 2013 a eu lieu la première phase du projet, intitulé RSIE-Réseau SEGA (Surveillance des épidémies et gestion des alertes), mais prenait en considération uniquement les maladies humaines. Ensuite, la deuxième phase (2014 à 2017), rebaptisée « Reseau SEGA One Health », inclut dorénavant les maladies qui passent de l’animal à l’homme.

Depuis la création de cette plateforme, tout ce qui se passe dans les pays membres de la COI est communiqué pour mieux anticiper la gestion en cas d’incursion dans les pays. « Quand on est mieux préparé, on peut travailler sur des vaccins avant même que l’épidémie n’atteigne le pays », indique l’épidémiologiste qui a rejoint la COI en 2014.

Les maladies les plus concernées par les animaux, mais qui se transmettent à l’homme sont, entre autres, la peste, la grippe (H5N1), la rage et le virus du Nil occidental qui se transmet entre les oiseaux et les moustiques et peut infecter l’être humain, le cheval et d’autres mammifères.

La résistance aux antibiotiques est aussi concernée. « Une mauvaise utilisation des antibiotiques chez les animaux peut entraîner une résistance également chez l’homme. Les vétérinaires à Maurice doivent donc faire attention à ne pas en abuser chez les animaux », estime ce dernier.

Un manque d’épidémiologistes dans la région

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), il doit avoir un épidémiologiste pour chaque 200 000 habitants. Pour pallier à ce manquement, cette unité de veille sanitaire s’attelle aussi à faire le renforcement de capacité en proposant la formation des épidémiologistes de terrain. Une cohorte sera diplômée ce jeudi 14 décembre suite à une formation de deux ans. Il s’agit de la troisième cohorte. On retrouve au total 25 épidémiologistes formés à ce jour. Ils peuvent être des médecins, des vétérinaires et biologistes du secteur public de chaque pays.

Quelques conseils du vétérinaire épidémiologiste

• Les enfants doivent être éduqués aux règles élémentaires pour éviter la contamination.
• Il faut absolument se laver les mains après chaque contact avec un animal.
• Il faut éviter de se frotter le visage sur son animal domestique.
• Il faut aussi éviter de toucher les animaux inconnus (errants) et les animaux dans la nature.
• Avec un animal de compagnie à la maison, il faut nettoyer la maison plus régulièrement pour éviter les transmissions par inhalation.
• L’animal ne doit pas être dans la cuisine.
• Ne pas nourrir les animaux pendant le repas à table, donc ne pas les toucher en mangeant.
• Certains chiens, tels que les Pitbulls et les Rottweilers, doivent absolument porter la muselière quand ils vont se promener avec leurs propriétaires.

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