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Cancer du cerveau : quel est l’impact de la pollution ?

La pollution a des effets néfastes sur la santé. Plusieurs études à travers le monde mettent en garde contre la mauvaise qualité de l’air qu’on respire. Le docteur Vimal Gunness, spécialiste en neurochirurgie et son épouse la doctoresse Agdaliya Mikhalkova Gunness, interne en neurochirurgie en Autriche, nous en disent plus.

« La pollution due au diesel et à l’extérieur sont connues comme étant une des causes du cancer du poumon. Dans les zones urbaines, le gaz d’échappement des véhicules diesel et d’autres sources de combustion sont d’importantes sources de particules ultrafines ambiantes, avec notamment plus de 0.1 micromètre », explique le Dr Vimal Gunness, spécialiste en neurochirurgie et également « Fellow of European board of neurosurgery » au Landeskrankehaus Feldkirch, Autriche.

Dr Vimal Gunness, spécialiste en neurochirurgie.
Dr Vimal Gunness, spécialiste en neurochirurgie.

Basé en Autriche, il revient sur les dangers de la pollution sur la santé et plus précisément sur le lien entre la qualité de l’air et le cancer du cerveau. « Dans le passé, des études ont démontré que les particules ultrafines peuvent atteindre le cerveau. Une autre étude, mise en place pour voir si ces particules ultrafines avaient un lien avec les tumeurs cérébrales, a démontré que les nanoparticules liées à la combustion se sont retrouvées dans les cerveaux des sujets qui vivaient au Mexique et au Royaume-Uni. On ne sait pas grand-chose sur l’effet à long terme de ces polluants », fait-il ressortir. Toutefois, les tumeurs cérébrales sont rares. « Par contre, les chercheurs estiment que si vous déménagez d’une rue peu fréquentée à une où le trafic est plus conséquent, ce changement peut être la cause d’une tumeur cérébrale pour chaque 100,000 individus exposés », ajoute-t-il.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a alerté l’opinion publique en faisant cette déclaration au sujet de la pollution de l’air et des nouvelles formes de tabagisme. Le simple fait de respirer de l’air tue 7 millions de personnes par année dans le monde et endommage la santé de plusieurs milliards de personnes. D’ailleurs, le directeur général de l’OMS, Dr Ghebreyesus a insisté sur le fait que la pollution de l’air est une urgence silencieuse de la santé publique et que neuf des dix villes les plus polluées se trouvent en Inde.

Dr Agdaliya Mikhalkova Gunness, interne en neurochirurgie en Autriche.
Dr Agdaliya Mikhalkova Gunness, interne en neurochirurgie en Autriche.

Le développement cognitif

Un rapport de l’UNICEF a indiqué que ce sont les enfants qui sont plus à risque, car ils respirent plus rapidement que les adultes. Les cellules dans leurs poumons étant plus perméables aux particules polluantes, ces derniers peuvent traverser aussi la barrière hémato-encéphalique endommageant de façon permanente leur développement cognitif, selon le spécialiste en neurochirurgie.

Une autre étude publiée dans le Chest Journal démontre que les tissus et organes peuvent être directement endommagés parce que ces particules ont accès à ces organes ou même indirectement par un processus inflammatoire systémique. « L’étude qui a été publiée dans le journal d’épidémiologie et reprise par le journal britannique The Guardian démontre pour la première fois un lien entre les particules ultrafines et les tumeurs cérébrales », indique-t-il.

L’étude a été faite au Canada sur une population de 1.9 million d’adultes dans les grandes villes de Toronto et Montréal de 2001 à 2016. L’analyse a pris en compte les facteurs tels que les revenus, le tabagisme, l’obésité et si les gens ont changé de maison. Elle démontre que si une personne habite une rue très fréquentée, le risque d’avoir une tumeur cérébrale est de plus que 10 %. « Il est donc important d’identifier les causes environnementales potentielles des tumeurs cérébrales pour que des lois viennent s’attaquer à ces facteurs », estiment le Dr Vimal Gunness et Agdaliya Mikhalkova Gunness.

Pour le neurochirurgien, la cause d’une tumeur au cerveau est multi factorielle, mais il est important d’identifier et d’éliminer ces facteurs et ainsi pouvoir arriver à éradiquer les tumeurs causées par la pollution. « On peut éviter les endroits pollués, mais il faut qu’on ait des contrôles plus rigoureux et des lois adaptées aux particules ultrafines », conclut le spécialiste.

Le Dr Vimal Gunness et son épouse, Dr Agdaliya Mikhalkova Gunness en deux mots

D’origine mauricienne, le Dr Vimal Gunness est basé en Autriche où il exerce comme consultant en neurochirurgie à l’hôpital de Landeskrankehaus Feldkirch. Il a passé son examen de spécialiste en Allemagne (Stuttgart). Gradué à l’université de Toronto sur le Global Health Education Initiative, il est devenu « Fellow of Neurovascular surgery and skull base surgery » au centre hospitalier de l’Université de Montréal et également « Fellow of Neuro Oncology » à l’hôpital St Michael de l’université de Toronto. Il a aussi passé l’examen européen de neurochirurgie qui lui confère le titre de « Fellow of european board of neurosurgical society ». Il publie régulièrement des articles.

Son épouse, Dr Agdaliya Mikhalkova Gunness va terminer sa formation en neurochirurgie et souhaite faire un « fellowship » en neurochirurgie pédiatrique. Elle a également plusieurs articles publiés et fait partie de la société européenne de neurochirurgie. Elle est également membre de la société internationale de la neurophysiologie intra-opératoire.

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