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Vie conjugale : L’insidieuse violence sexuelle au sein du couple

Violence sexuelle conjugale… Nombreux sont ceux qui sursautent lorsqu’ils entendent ces trois mots. Pourtant, c’est une réalité dans la société mauricienne. Le temps d’un entretien, le psychiatre Dr Abhijay Runjeet tire la sonnette d’alarme sur l’insidieuse violence sexuelle au sein du couple.

Doit-on en parler ?

En effet, le lien qui unit époux, partenaires ou concubins sert souvent d’excuse pour imposer des actes sexuels non consentis au sein du couple. Pourtant, ces agissements sont totalement interdits et sévèrement punis par la loi, indique le Dr Abhijay Runjeet. Ce dernier, âgé de 36 ans, est médecin généraliste et psychiatre. Ses consultations se déroulent à Moka et à Flacq.

Dr Abhijay Runjeet.
Dr Abhijay Runjeet.

Quelles sont ses formes ?

La violence sexuelle conjugale se présente sous plusieurs formes : le harcèlement sexuel, la contrainte de visionner de la pornographie, l’imposition des accessoires, le port des tenues pour réaliser des fantasmes, l’obligation de poser pour des photos ou des vidéos, sans oublier l’obligation à faire des actes non désirés lors des rapports sexuels comme la sodomie et la fellation. Il y a aussi l’humiliation de l’un ou l’autre partenaire durant les rapports sexuels (injures, insultes, utilisation d’objets domestiques, positions dégradantes), l’agression physique durant les rapports sexuels (mordre les seins, tirer les mamelons, pénétration violente, frapper, ligoter entre autres), être contraint à des actes sexuels avec d’autres partenaires sous menaces de viol et bouderie ou encore être forcé à la prostitution.

Comment les repérer ?

C’est très difficile de repérer ces cas de violences sexuelles parce les personnes concernées ont peur des répercussions face à leur conjoint ou à la société. Elles ont peur d’en parler et de chercher de l’aide, car le sujet est tabou. De plus, la victime est traitée comme la coupable.

Que faire en cas de violence conjugale sexuelle ?

En premier lieu, il faut parler avec son conjoint ou sa conjointe et lui expliquer que les violences sexuelles ne plaisent pas et qu’elles engendrent un traumatisme mental et physique. Si les violences sexuelles continuent malgré tout, la victime doit se rendre à un poste de police pour faire part des violences qu’elle subit sous le toit conjugal. Elle doit voir aussi un psychologue ou un psychiatre pour pouvoir gérer le traumatisme causé par les violences imposées.

Que risque l’agresseur ?

La violence sexuelle est une réalité dans notre société et le silence parmi les victimes est assourdissant. En général, les femmes sont plus concernées que les hommes. La violence conjugale sexuelle est la forme la plus cachée des formes de violences conjugales. Souvent cachée par les vêtements et moins parlée par les victimes, les autres signes comme les love bites apparaissent comme quelque chose de très normal. Toutefois, c’est un délit punissable par la loi où l’agresseur risque une amende et une peine d’emprisonnement de deux ans.

Quid du viol conjugal ?

Le viol conjugal existe depuis toujours et s’explique par le non-consentement du partenaire au moment de l’acte sexuel. Le viol conjugal est d’ailleurs fréquent parmi les couples dans lesquels le partenaire est alcoolique ou drogué. Ses fantasmes sexuels agressifs sont souvent dus au fait que lui-même, il a été sexuellement agressé dans son enfance ou encore s’il a grandi dans un environnement violent, entre autres.

On parle souvent des agressions des femmes, mais qu’en est-il des hommes ?

En matière sexuelle, tout est permis, tant que les partenaires sont consentants. Il n’y a pas lieu même d’en parler parce que c’est leur choix. Certains imposent à leur partenaire de réaliser ou de visionner des contenus pornographiques, de se prostituer et d’avoir des relations avec d’autres partenaires. Si quelque chose est imposé, cela va déjà à l’encontre de la victime, alors, oui, c’est considéré comme des violences sexuelles. Cela peut arriver qu’un homme soit victime de violence sexuelle conjugale, mais c’est rare. La femme qui peut faire subir des violences sexuelles à un homme doit être physiquement et mentalement plus forte que lui.

Quand saisir la loi ?

Quand la personne n’en peut plus de subir la hausse de la violence sexuelle dans le couple. Surtout par rapport à l’imposition des actes sexuels qu’un des partenaires ne souhaite pas réaliser (fellation, sodomie, pratique SM) ou que la personne est agressée pendant l’acte (pénétration violente, ligotage, coups). Dans ces cas précis, la victime doit absolument refuser toute relation sexuelle avec son partenaire si celui-ci n’arrête pas ces types de violences sexuelles, car la personne qui est humiliée est automatiquement non consentante à avoir des relations sexuelles.

Pourquoi les victimes ont-elles parfois tendance à se renfermer sur elles-mêmes ?

Parce qu’elles ont peur des répercussions de leur partenaire violent et aussi de la société. La victime doit en parler à une personne à qui elle peut faire confiance à 100 % et qui va la comprendre, mais généralement, c’est mieux de voir un psychiatre ou psychologue pour en parler. Si elle se sent en danger, il faut absolument qu’elle aille vers les instances comme la police, les ONG et le toit parental, entre autres.

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