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Le chômage, une crise que les couples ne doivent pas négliger

L’infidélité, la lassitude, ou encore le manque de passion comptent parmi les causes fréquentes de rupture, mais qu’en est-il du chômage ? Une nouvelle étude révèle qu’il augmente considérablement le risque de séparation, notamment lorsque ce sont les hommes qui sont concernés par la perte de leur emploi.

Le couple est-il l’une des victimes collatérales du chômage ? Un point essentiel à une époque où les taux de divorce et de séparation sont particulièrement élevés dans plusieurs pays européens, tout comme les niveaux de chômage, qui malgré des variations en fonction des années, sont également importants – 9% de la population active au troisième trimestre 2020, d’après des chiffres publiés par l’Insee.

Anne Solaz, directrice de recherche à l’Institut national d’études démographiques (Ined), s’est intéressée à l’association entre chômage et séparation, en collaboration avec plusieurs chercheurs européens, dans l’Hexagone bien sûr, mais également en Belgique, en Allemagne, en Finlande et en Italie. Verdict ? Le chômage augmente le risque de séparation dans les cinq pays étudiés, pour les hommes comme pour les femmes, même si les auteurs notent des disparités selon les pays et les… sexes.

Le chômage des hommes, une épreuve particulièrement éprouvante

L’étude révèle que le chômage des hommes “augmente systématiquement le risque de séparation”; un constat beaucoup moins frappant lorsqu’il concerne les femmes, notamment en Belgique (Flandre) où l’écart apparait le plus important. “La différence entre les sexes est moindre dans les autres pays, mais elle reste significative. En France par exemple, être au chômage plutôt qu’en emploi pour les hommes augmente de 50% le risque de séparation, contre 40 % pour les femmes”, précisent les chercheurs.

Attention toutefois, le schéma pourrait s’inverser, tout du moins se resserrer, dans les années à venir dans certains pays. Cela concernerait notamment les pays dans lesquels le couple à double revenu est prédominent, autrement dit dans lesquels la femme est plus engagée sur le marché du travail, comme la Finlande et la France, où le chômage des femmes semble désormais avoir plus d’impact sur le risque de séparation qu’auparavant.

Autre constat et non des moindres, les effets du chômage sur le couple sont moins marqués en période de récession qu’en période de croissance économique. C’est le cas pour les hommes comme pour les femmes en Belgique et en France, et davantage pour les hommes en Allemagne.

“Dans ces trois pays, l’effet individuel du chômage semble donc plus faible en période de chômage élevé. En revanche, l’effet n’est pas significatif pour la Finlande. Cet effet lié aux conditions macro-économiques pourrait signifier qu’il y a moins de stigmatisation associée au chômage quand il est à un niveau élevé pendant une récession, et que le chômage a alors moins d’effets négatifs sur la stabilité du couple. Au contraire, le chômage, plus rare, pendant une période de croissance économique pourrait affecter davantage la stabilité du couple”, indique l’étude.

Ces données reposent sur plusieurs études, dont l’enquête Divorce in Flanders (2008) pour la Belgique (région Flandre), l’enquête Familles et Employeurs (2004-2005) pour la France, et l’enquête Family and Social Subjects (2009) pour l’Italie, les données du German Socio-Economic Panel (GSOEP) pour l’Allemagne, et les données des registres pour la Finlande. L’analyse porte sur les risques de séparation sur le temps long, des couples observés des années 80 aux années 2010.

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