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Maladies auto-immunes : pourquoi les femmes sont plus touchées que les hommes ?

Des chercheurs américains ont développé une théorie pour expliquer pourquoi les femmes sont davantage exposées aux maladies auto-immunes que les hommes. Ils encouragent la communauté scientifique à prendre davantage en compte les différences biologiques entre les deux sexes et à respecter la parité.

Sclérose en plaques, lupus, polyarthrite rhumatoïde… Les femmes sont huit fois plus exposées aux maladies auto-immunes que les hommes. Ces pathologies sont liées à un dysfonctionnement du système immunitaire, qui le contraint à s’attaquer aux propres constituants de l’organisme. En 2018, une étude parue dans The Lancet a montré que les traitements contre le cancer par immunothérapie seraient plus efficaces chez les hommes que chez les femmes. Comment expliquer ces différences ?

Un article publié dans la revue Trends in Genetics par une équipe interdisciplinaire de l’université de d’Etat de l’Arizona (ASU) avance la théorie selon laquelle l’exposition accrue aux maladies auto-immunes des femmes serait du à un “phénomène de compensation” observé pendant la grossesse.

“Fondamentalement, le système immunitaire des femmes a évolué pour protéger les femmes enceintes de la présence d’un placenta et d’une grossesse immunologiquement invasifs, ainsi que pour les prémunir de l’agression des parasites et des agents pathogènes. Mais aujourd’hui, dans les sociétés modernes et industrialisées, les grossesses se font moins nombreuses, et toutes les femmes ne bénéficient donc pas du placenta qui repousse le système immunitaire”, explique Melissa Wilson, professeure adjointe à la School of Life Sciences de l’ASU et co-autrice principale de l’étude.

Le mode de vie urbain et la sédentarité également en cause

Selon les scientifiques qui ont signé cet article, d’autres critères seraient responsables de l’augmentation des maladies auto-immunes, comme le fait de vivre en zone urbaine et le manque d’activité physique. “Nous sommes passés d’un mode de vie actif à un mode de vie sédentaire. Nous avons maintenant une surabondance de calories disponibles, ce qui nous permet potentiellement de maintenir des niveaux excessifs d’hormones, y compris l’oestrogène estradiol. Maintenir des niveaux aussi élevés d’hormones peut augmenter le risque de déclencher des maladies auto-immunes”, souligne la chercheuse Angela Garcia, qui a également participé aux recherches.

Les chercheurs soulignent la nécessité de travailleur sur des cohortes de patients paritaires (autant d’hommes que de femmes) dans les futures recherches et d’approfondir la caractérisation des gènes en prenant en compte le contexte environnemental et l’histoire personnelle des patients et des patientes.

“Notre objectif est d’améliorer les traitements pour tous. Nous nous rendons compte que le cancer est différent chez les hommes et les femmes. Dans la plupart des cancers et d’autres maladies, et jusqu’à présent dans le développement des traitements du cancer, cela n’a pas vraiment été pris en compte”, souligne Heini Natri, chercheuse postdoctorante et co-autrice de l’étude.

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