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La pollution atmosphérique peut perturber le cycle menstruel

Des scientifiques de l’Inserm ont observé un potentiel lien de cause à effet entre une exposition aux particules fines accrue et une phase pré-ovulatoire plus longue.

En janvier 2018, une étude américaine menée par des chercheurs de l’université de Boston aux Etats-Unis a montré que la pollution atmosphérique pouvait avoir des répercussions sur le cycle menstruel. Une nouvelle recherche conduite par des scientifiques de l’Inserm apporte des preuves supplémentaires à ce phénomène.

Rémy Slama, chercheur à l’Institut pour l’avancée des biosciences de Grenoble a dirigé ces travaux publiés dans la revue Environmental Pollution. L’étude a porté sur 184 femmes réglées qui ne prenaient pas de contraception hormonale. Les participantes ont accepté de recueillir leur urine tous les un ou deux jours, afin que les chercheurs puissent évaluer leur exposition à la pollution au cours des 30 jours précédant le cycle.

Les niveaux de pollution aux particules fines et au dioxyde d’azote ont été déterminés à partir de l’adresse du domicile des volontaires, en se basant sur les données du réseau des stations de mesures permanentes et d’un modèle national.

Une phase pré-ovulatoire plus longue

Les scientifiques ont observé une corrélation entre une concentration accrue de particules fines dans l’air et la durée de la première phase du cycle menstruelle, appelée “phase folliculaire” (en opposition à la phase lutéale qui correspond à la post-ovulation). La bonne régulation de ces phases est assurée par l’axe hypothalamo-hypophysaire-ovarien, chaîne de transmission du cerveau d’informations hormonales entre l’hypothalamus, l’hypophyse (glande située sous l’hypothalamus) et les ovaires.

L’étude suggère que la phase folliculaire tend à augmenter avec les niveaux de pollution. En effet, chaque augmentation de 10 µg/m3 de concentration en particules fines dans l’air sur une période de 30 jours avant le cycle était associée à une augmentation de durée de la phase de pré-ovulatoire d’environ 0,7 jour, soit un peu moins d’une journée. En revanche, aucune variation nette de la durée de la phase lutéale ou de la durée totale du cycle n’a été constatée.

“Ces résultats sont cohérents avec les données plus fondamentales suggérant que la pollution atmosphérique peut perturber l’axe qui contrôle le cycle menstruel et les hormones de stress comme le cortisol, qui peuvent l’influencer. Il faudra probablement un certain temps pour infirmer ou confirmer cette nouvelle hypothèse sur de plus grands échantillons de population, étant donné le coût et l’effort que représentent de telles études”, explique Rémy Slama dans un communiqué publié sur le site de l’Inserm.

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