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Le jeûne des enfants : nutriments, précautions et bienfaits

Beaucoup de parents encouragent leurs enfants à jeûner. Mais, est-ce que leur système digestif diffère de celui d’un adulte ? Quels sont les nutriments recommandés pour eux ? Quelles précautions prendre lorsque les parents permettent à leurs enfants de jeûner ? La nutritionniste Amiirah Hossenbux de Wellkin Hospital nous répond.

La digestion de la nourriture d’un enfant n’est pas différente de celle d’un adulte. Cependant, le taux de dépense énergétique est plus élevé chez les enfants. Ainsi, les enfants doivent être bien nourris pendant et après le Ramadhan.

« Avant le mois de jeûne, il est important que les parents veillent à une bonne hydratation, à la prise des vitamines adéquates, en particulier la vitamine C et éviter les intoxications alimentaires en limitant les aliments crus et en mangeant hors de la maison », recommande Amiirah Hossenbux.

Selon elle, les enfants de moins de 7 ans doivent jeûner de préférence pendant une période plus courte ou un jour sur deux afin de récupérer plus facilement leur niveau d’énergie sans perturber leur routine de vie. Dans tous les cas, un repas complet à l’heure de sehri et un dîner équilibré demeurent la priorité.

La phase d’adaptation

Il a été prouvé que le jeûne est à la fois spirituellement et scientifiquement sain pour le corps et l’esprit. La phase d’adaptation est plus prononcée durant l’enfance où la plupart de nos habitudes alimentaires prennent forme.

« Le jeûne n’est pas un problème pour les enfants, sauf pour ceux qui sont déjà atteints de gastrite, plus fréquent chez les adultes, » souligne Amirah.

Grâce au jeûne intermittent, la voie digestive va se reposer, ce qui est médicalement conseillé. Pour la spécialiste, l’essentiel c’est de consommer des nourritures de tous les groupes d’aliments pour assurer la croissance et le développement des enfants.

Un repas équilibré

Un repas équilibré est la base même du Sehri tant pour les enfants que pour les adultes. Étant donné qu’un climat hivernal va prévaloir pendant le Ramadan, nous aurons des exigences supplémentaires pour les aliments antioxydants et des suppléments pour stimuler le système immunitaire.

« Il est fortement conseillé de maintenir ou même ajouter des fruits et légumes de couleurs variées aux repas du matin, de la rupture du jeûne et du dîner, » avance-t-elle.

Des Smoothies de fruits ou d’agrumes pour le Sehri sont des options importantes pour l’apport de la vitamine C. Ceux qui souffrent d’infections récurrentes peuvent choisir de prendre des capsules, mais sans compromettre aucun groupe alimentaire. Les glucides sont la principale source d’énergie pour nos activités quotidiennes et nos fonctions cérébrales.

Des apports adéquats de riz, de céréales non sucrées, des chappatis, des pommes de terre ou de pain doivent faire partie du repas de Sehri pour l’adulte et l’enfant. Une source de protéines, des œufs, de la viande ou de légumineuses complètera chaque repas et réduira les risques de léthargie ou de manque de concentration tout en prévenant l’atrophie musculaire.

« Les produits laitiers comme le fromage, les milkshakes et les yaourts peuvent également contribuer à l’apport quotidien en protéines. La quantité de chaque nutriment dépend de l’âge de chaque enfant, » précise la nutritionniste.

Il est recommandé d’avoir un équivalent d’un repas principal complet et une collation pour le sehri et un dîner normal. En parallèle, elle conseille de limiter les Iftaar trop lourdes qui peuvent avoir un impact négatif sur le repas ou tout repas post-dîner en termes de choix alimentaires.

Une poignée d’amandes, d’arachides, de noix, de noix de cajou et de fruits secs ou de barres de céréales équivalentes avec des graines représente une bonne collation pour le Sehri. Malgré le fait que les aliments et les boissons sont limités pendant la journée, il est important de ne pas manquer les liquides pendant le sehri, entre l’iftaar et après le dîner. De l’eau, des jus frais, des soupes et des gelées peuvent être ajoutés aux repas des enfants.

Des nutriments à éviter

Les enfants ont une taille d’estomac plus petite et n’ont pas besoin de consommer trop de nourriture pour éviter les maux d’estomac. « Nous devons maximiser les sources d’énergie et consommer des aliments pour le bien-être général et la concentration, mais il est fortement recommandé de ne pas trop se concentrer sur les collations trop riches» fait-elle ressortir.

En conséquence, trop de collations sucrées, de boissons gazeuses, de caféine et de chocolats doivent être réduits au minimum. Car, cela peut causer inutilement la plénitude de l’estomac et limiter les apports de repas plus sains. Dans de nombreux cas, une consommation élevée de caféine peut être associée à une déshydratation alors qu’il est difficile de remplacer les fluides pendant la journée de jeûne.

L’iftaar avec des aliments trop gras doit également être revu. Il est conseillé de limiter la taille des portions de collations frites afin que l’enfant ait assez d’appétit pour prendre un repas équilibré et prévenir les risques de régurgitation.

Par conséquent, laisser l’intestin se reposer pendant la journée devrait également lui permettre de traiter des repas sains lorsque l’alimentation est permise.

Quand l’enfant doit-il cesser le jeûne ?

Les tout-petits et les enfants d’âge préscolaire, soit 1- 5 ans ne doivent pas jeûner, compte tenu de leur croissance. Des disciplines alimentaires intermittentes en ligne avec les temps de jeûne peuvent leur être inculquées au-dessus de 6 ans. Cependant, l’état de santé général de l’enfant est une considération importante avant de restreindre un repas.

« En cas de déshydratation sévère pour tout enfant habitué à un jeûne d’une journée entière, il est conseillé de rompre le jeûne, » fait ressortir la nutritionniste. Elle explique que la déshydratation peut se manifester par de violents maux de tête, une léthargie ou une perte de conscience.

Dans tous les cas de chute ou blessure qui peuvent aggraver la santé de l’enfant, le jeûne peut être interrompu. « En fonction de la gravité de la maladie ou de l’état de santé, un avis médical doit être demandé » conclut-elle.


Dr Mustapha Sorefan, cardiologue : « Observez le jeûne selon vos capacités »

Le ramadan débute cette semaine. Nous avons sollicité le cardiologue, le Dr Mustapha Sorefan, pour ses conseils aux personnes qui souffrent de maladies cardiaques. Selon lui, il existe différents types de maladies cardiaques et chaque personne doit observer le jeûne selon ses capacités.

Pour les patients atteints d’insuffisance cardiaque, le cardiologue conseille d’éviter le sel et ne pas consommer une grande quantité d’eau à l’heure de la rupture du jeûne. Pour ceux qui souffrent des maladies coronariennes, Dr Sorefan conseille de maintenir un régime et d’éviter les matières grasses. Il précise que les personnes cardiaques ne doivent pas faire des efforts prolongés.

« Il faut un contrôle des médicaments pour le sehri et l’iftaar », souligne-t-il. Il indique aussi que les patients cardiaques ne doivent pas négliger la prise des médicaments pendant le mois de ramadan. « Il faut observer le jeûne avec précaution pour ne pas mettre sa santé et sa vie en danger », ajoute-t-il. Par ailleurs, le cardiologue explique que l’alimentation pendant le ramadan est souvent plus riche que d’ordinaire et cela peut perturber l’organisme.

« Les aliments gras, sucrés et salés peuvent entraîner une prise de poids, mais aussi engendrer un manque de sommeil. Ce qui est néfaste pour l’organisme humain. Il est ainsi recommandé de consommer des fruits pour l’apport en vitamines », souligne-t-il et d’ajouter qu’il est aussi déconseillé de pratiquer la marche en plein soleil au risque de se déshydrater.

Le Dr Mustapha Sorefan indique aussi qu’une personne qui souffre de troubles cardiaques peut jeûner sans danger à condition qu’elle suive les conseils de son médecin à la lettre et qu’elle prenne toutes les précautions nécessaires. Il précise que chez certains patients, le jeûne semble avoir un effet bénéfique. Enfin, il conseille aux patients cardiaques de tout le temps consulter leur médecin.

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