MaladiesMaladies de la peauSlider

Vitiligo : 4 idées reçues autour de cette maladie de peau

On estime que le vitiligo, maladie dermatologique se caractérise par une dépigmentation de la peau touche environ 70 millions de personnes dans le monde. S’il existe certains traitements pour atténuer les symptômes, la stigmatisation sociale reste forte pour les personnes qui en souffrent.

Caractérisé et déclenché par la présence d’anticorps, le vitiligo se manifeste par l’apparition de taches blanches sur la peau, le plus souvent localisées sur le visage, les mains et les pieds. Et parfois, plus rarement, sur une seule partie du corps précise (on parle alors de vitiligo segmenté).

Le vitiligo peut se déclencher à tout âge, mais survient avant l’âge de 20 ans dans la moitié des cas. Bien qu’elle soit considérée comme bénigne, les conséquences de cette maladie sur la vie des patients et l’impact psychologique ne sont pas à prendre à la légère. D’autant que la maladie souffre encore de nombreuses idées reçues. En voici quatre.

1. “C’est dans la tête”

Les causes du vitiligo restent encore mystérieuses, mais on sait que la maladie peut en partie être déclenchée par un grand stress ou de la fatigue. Toutefois, le vitiligo ne peut être en aucun cas être associé à un phénomène de somatisation, explique à ETX Studio le Dr Thierry Passeron, dermatologue au CHU de Nice et chercheur au Centre Méditerranéen de Médecine Moléculaire (UNS, Inserm).

“Pendant longtemps, le vitiligo a été considéré à tort comme une maladie psychosomatique. Elle peut être déclenchée par un stress au sens strict du terme médical, par exemple lors d’un deuil, une grossesse, etc. Or, il s’agit d’une pathologie auto-immune. Son mécanisme et son traitement ne sont donc pas d’ordre psychologique”, développe le médecin.

En revanche, les conséquences psychologiques sur le vécu des patients sont bien réelles. Séverine, 43 ans, a été diagnostiquée d’un vitiligo en 2013. Après plusieurs tentatives de traitements sans obtenir de résultats probants, elle apprend progressivement à accepter sa maladie.

“Pendant longtemps je me suis cachée avec des vêtements pour me protéger des regards des gens, parfois humiliants. Cela fait 7 ans que je vis avec cette maladie, mais un an que j’apprends à l’accepter. Je me redécouvre petit à petit, même si le chemin est long”, confie-t-elle à ETX Studio.

2. “Une maladie exclusivement héréditaire”

Les causes du vitiligo sont liées à de multiples facteurs, dont certains d’ordre génétique. Toutefois, une personne porteuse de ces gènes ne développera pas nécessairement les signes associés à la maladie, dans la mesure où il n’existe pas de gène spécifique du vitiligo.

“On ne transmet pas la maladie, mais un terrain qui éventuellement prédispose à la maladie. On ne peut donc pas parler de maladie héréditaire”, précise le Dr Passeron.

3. “Le vitiligo est contagieux”

Dans certaines cultures, le vitiligo est encore parfois confondu avec la lèpre et fait l’objet de répudiation. Si les stigmatisations se font moins fort chez nous, elles sont toutefois loin d’être inexistantes. “En France, l’idée selon laquelle le vitiligo est contagieux est encore présente. Certaines personnes qui travaillent dans le secteur du commerce ou du soin voient leurs clients ou leurs patients refuser de toucher ou de serrer leurs mains, de peur de contracter la maladie”, déplore le Dr Passeron.

4. “Les patients doivent éviter le soleil à tout prix”

Une autre idée reçue consiste à penser que les personnes atteintes de vitiligo sont plus sensibles aux risques d’apparition du cancer de la peau et doivent donc éviter de s’exposer au soleil. Or, comme le rappelle le Dr Passeron, “des études ont démontré que les patients vitiligo présentent au contraire trois fois moins de risques de développer un mélanome”.

D’autant que les traitements de photothérapie pour repigmenter la peau reposent essentiellement sur l’action des rayons UV (associés à des crèmes dermocorticoides ou tacromilus pour le visage) et sont donc indispensables pour obtenir des résultats.

“Grâce à ces traitements, on parvient à recolorer entièrement la peau du visage dans 7 à 8 cas sur 10”, explique le Dr Passeron. Il faut toutefois compter un délai de 6 et 24 mois pour aboutir à des résultats probants.

Vos Commentaires

Défi Santé

Une publication du Le Défi Media Group 4B, Rue Labourdonnais, Port-Louis Tél : +230 207 06 66

Articles Liés

Bouton retour en haut de la page