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Une nouvelle cible potentielle pour traiter la migraine

Des chercheurs du CNRS, d’Université Côte d’Azur et de l’Inserm ont identifié une protéine dont le dysfonctionnement provoque des crises migraineuses, ouvrant une piste de recherche pour de nouveaux traitements de la migraine.

Dans un communiqué commun publié lundi, les chercheurs rappellent que si le caractère héréditaire des migraines est déjà connu, on n’en connaissait jusqu’à présent pas le mécanisme.

Les crises migraineuses, qui touchent 15% de la population adulte dans le monde, sont liées entre autres à l’hyperexcitabilité électrique des neurones sensoriels.

Leur activité électrique est contrôlée par des protéines génératrices de courant appelées canaux ioniques et notamment un canal (“TRESK”), qui a normalement une fonction inhibitrice sur l’activité électrique.

Les chercheurs ont mis en évidence qu’une mutation génétique induit son dysfonctionnement. Ce canal, normalement capable d’inhiber l’activité électrique responsable de la crise migraineuse, se scinde sous l’effet de la mutation d’un gène en deux protéines dont l’une est inactive tandis que l’autre, en ciblant d’autres canaux ioniques stimule fortement l’activité électrique des neurones, provoquant la crise migraineuse.

L’idée est de cibler ces canaux ioniques afin de réduire l’activité électrique des neurones et prévenir ainsi le déclenchement de la migraine.

“C’est une nouvelle cible potentielle pour des médicaments anti-migraineux”, souligne le chercheur du CNRS Guillaume Sandoz, qui précise qu’un brevet a été déposé et que de premiers essais sur le rat doivent débuter en début d’année avec un laboratoire pharmaceutique.

Beaucoup d’antimigraineux actuels sont en fait des médicaments conçus pour d’autres cibles, comme les anti-épileptiques ou les anti-dépresseurs. D’autres traitements de la migraine peuvent, s’ils sont trop consommés, induire des migraines (comme les triptans).

“Trouver ce qui régule le mécanisme de la migraine et avoir une cible précise pour un éventuel traitement constituerait une véritable avancée”, indique-t-il.

La traduction de cette découverte en véritable traitement est encore lointaine, mais l’intérêt de l’industrie pharmaceutique dénote un potentiel intéressant.

L’étude menée à l’Institut de biologie Valrose (CNRS/Inserm/Université Côte d’Azur) et signée de onze chercheurs est publiée dans la revue Neuron du 17 décembre.

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