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Sarvesh Dosooye, psychologue : « Les fausses informations tuent le travail d’un grand nombre de professionnels de santé »

File d’attente interminable devant les supermarchés et les pharmacies, plateformes d’achats en ligne prises d’assaut… Alors que le gouvernement rassure quotidiennement les Mauriciens, il semblerait que la psychose ne diminue pas au sein de la population. Comment expliquer cette paranoïa ? Combien de temps cela va-t-il durer ? Que faut-il faire ? Le psychologue, Sarvesh Dosooye, décrypte la situation.

Il y a ceux qui vivent dans l’angoisse du virus et il y a ceux qui se sentent invincibles, quitte à outrepasser les recommandations du gouvernement. En temps de crise, comme celle que l’on traverse actuellement, les émotions prennent le dessus sur la raison. Cela crée un vent de panique et donne lieu à des situations surprenantes. Les informations, le dénie, l’égoïsme sont autant de facteurs qui expliquent la situation présente.

Des fake news plus dangereuses que le virus

« Aujourd’hui nous faisons face à un problème de l’infaux. Il y a tellement d’informations contradictoires qui circulent qu’il en devient difficile de déceler le vrai du faux. Les réseaux sociaux y sont pour beaucoup et l’on ne sait plus vraiment qui croire », explique le psychologue Sarvesh Dosooye.

« Les fake news sont bien plus dangereuses que le virus. Elles poussent les gens à se comporter de manière irrationnelle », poursuit le psychologue. Le propre de ces fausses informations est le sensationnalisme qui fait appel aux émotions et touche la corde sensible des individus. C’est la raison pour laquelle le psychologue invite toutes les personnes à se fier aux autorités internationales telles que l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais aussi à s’informer sur des médias fiables. Enfin, d’écouter de vrais experts et non le voisin ou l’ami qui soudain s’improvise médecin. « Les fausses informations tuent le travail d’un grand nombre de professionnels de santé » affirme le psychologue.

Mieux vaut prévenir que guérir

« Les mesures prises par le gouvernement vont porter leurs fruits. Le confinement est la solution qui a été adoptée par la quasi-totalité des pays touchés par la pandémie. C’est la seule mesure qui permet de limiter la propagation du virus et ainsi de limiter l’afflux dans les hôpitaux. Mais pour que cela soit compris par tous, il faut que le message communiqué soit unique, fiable et crédible. Cela aura pour effet de rassurer la population », précise Sarvseh Dosooye.

Le confinement et les mesures de couvre-feu ne sont pas évidentes pour tous car nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne. Mais cette situation qui n’est que temporaire demande un petit sacrifice pour le bien de la société. Et pour cela, il faut arrêter de penser que cela n’arrive qu’aux autres.

Responsabilité individuelle

Pour sortir de cette épidémie au plus vite, chacun doit prendre ses responsabilités. Aucune solution n’est parfaite mais chaque citoyen a un rôle à jouer dans cette situation. Chacun doit faire sa part du travail. « Goutte à goutte, la tasse finit par se remplir. Si tout le monde reste chez soi, en sortant le moins possible et en appliquant les gestes barrières de base, le problème finira par se résoudre », explique le psychologue en prenant cette métaphore.

Dans ce genre de situation, il est important de faire preuve de solidarité et d’adopter une mentalité collective. Si chaque personne ne regarde que pour elle, il est certain qu’il faudra beaucoup plus de temps pour gérer le problème.

Dédramatiser la situation

Certes le virus est bel et bien là, il circule à travers l’île, mais il ne faut pas pour autant dramatiser la situation. Il faut savoir rester calme, réfléchi et agir de manière raisonnée.

« Il ne faut surtout pas être alarmiste au risque de créer la panique. Un discours plus alarmiste ne résoudra pas la situation et ne fera que l’aggraver. Pire encore, cela risque d’entraîner d’autres problèmes auxquels on ne se serait pas préparé », précise le professionnel de santé.

« On a souvent tendance à se focaliser sur les mauvais élèves mais il ne faut pas oublier qu’une grande partie de la population respecte les consignes édictées. Montrer par l’exemple est une méthode intéressante. Si chacun essaye de donner le bon exemple, le mouvement va suivre », ajoute-t-il.

Le coronavirus, une vérité qui fait peur

A l’heure actuelle, encore une grande partie de la population accuse le coup de cette nouvelle réalité, difficile à entendre. « Parfois, il est plus facile pour certains de vivre dans un mensonge confortable plutôt que de vivre dans une vérité qui fait peur », souligne le psychologue. « Lorsqu’on arrive à comprendre cela, c’est un pas de plus vers l’acceptation. »

Vais-je mourir si j’attrape le coronavirus ?

Chez certaines personnes, la psychose est telle, qu’elles n’osent même plus consommer de pain. Il faut savoir que dans plus de 80% des cas, la maladie du covid-19 est bénigne et qu’on en guérit. Dans moins de 20% des cas, elle peut prendre une forme plus sévère et nécessitera une hospitalisation. C’est ce que confirme l’Organisation mondiale de la santé.

D’autre part, le taux de mortalité de la maladie est de 2% à 3%. En comparaison, le SRAS en 2003, avait un taux de mortalité de 60%. Il est normal de s’inquiéter en raison de la vitesse de propagation du virus. Et il est important de se protéger et de protéger les autres en restant chez soi. Ce sont les contacts rapprochés qui permettent au virus de circuler.

Même si vous avez peu de chances de mourir du coronavirus, il est nécessaire de protéger les personnes les plus vulnérables comme les femmes enceintes, les personnes âgées et celles qui ont des problèmes de santé. C’est la raison pour laquelle chacun doit prendre part à cet effort collectif.

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