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Confinement : attention à la surconsommation d’alcool

Une surconsommation de boissons alcoolisées fragilise le système immunitaire et le risque d’être infecté par le Covid-19 est plus élevé. Le Dr Siddick Maudarbocus, du centre de désintoxication Les Mariannes Wellness Sanctuary, tire la sonnette d’alarme sur le danger de l’isolement qui peut pousser à se tourner vers l’alcool.

L’alcool compromet le système immunitaire de l’organisme et augmente le risque d’effets néfastes sur la santé. « Une surconsommation d’alcool a une répercussion directe sur le foie, un organe essentiel au fonctionnement du corps qui produit des défenses, notamment des immunoglobulines », explique le Dr Siddick Maudarbocus, directeur de Les Mariannes Wellness Sanctuary.

Selon une étude publiée en 2015 dans la revue « Alcohol Research », une consommation excessive d’alcool est associée à un risque plus élevé aux infections virales respiratoires, dont la pneumonie. « C’est cela qui rend les consommateurs d’alcool plus sensibles aux infections », fait comprendre le Dr Maudarbocus, tout en indiquant que les boissons alcoolisées endommagent les poumons et l’intestin également.

De plus, une consommation excessive d’alcool est aussi liée à une malnutrition. « L’alcool entraîne plusieurs risques, mais au final, le corps devient encore plus vulnérable face au Covid-19 et l’organisme n’arrive pas à lutter contre le virus », insiste Dr Maudarbocus. Ce dernier précise, toutefois, que cette vulnérabilité s’adresse surtout aux gros buveurs.

Par ailleurs, il tire la sonnette d’alarme sur le fait que l’isolement lié au confinement peut pousser les gens à boire plus que d’habitude. Il est inquiétant de noter que, selon les données des grandes surfaces à Maurice, les boissons alcoolisées figurent parmi les produits les plus prisés en ce moment (infographie publiée dans Le Défi Quotidien du 5 avril).

« Il y a une ligne très fine entre la modération et l’abus. Un verre d’alcool peut vite entraîner un autre et finir par devenir un problème d’addiction, surtout durant ce confinement où les nouvelles ne sont guère réjouissantes. Le stress et l’anxiété sont les facteurs qui poussent les gens à boire de l’alcool », prévient-il.

De ce fait, il met l’accent sur l’importance de casser la routine à la maison et de ne pas se laisser entraîner par la morosité. « Sortez de votre léthargie, faites des activités physiques. Le jardinage ou encore le bricolage peut être d’excellentes activités pour s’occuper et ainsi ne pas penser à la bouteille. Rénovez votre maison, entre autres, car le but est de ne pas rester inactif à la maison », insiste le médecin.

Une hotline (8911) lancée pour venir en aide aux « addicts »

Le confinement peut être pénible pour certaines personnes ayant des addictions. C’est dans l’optique de les soulager que Les Mariannes Wellness Sanctuary a lancé une hotline (8911). « L’agressivité et la nervosité sont souvent la réaction des personnes en manque d’alcool ou de drogue. Avec le confinement, elles ont du mal à gérer la situation. Notre hotline vise à les rassurer et à les aider dans ce combat contre les addictions. On leur donne des conseils, mais surtout des outils pour surmonter la crise. Plusieurs techniques peuvent soulager ce manque », explique le Dr Maudarbocus, tout en précisant que le confinement peut aussi être une occasion de renoncer à ces addictions, mais « il faut d’abord faire un effort. » La hotline (8911) est opérationnelle du lundi au vendredi, de 9h00 h à 17h00.

L’appel de l’OMS

Se tourner vers la bouteille est un risque qui guette tous les pays. C’est pourquoi l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a lancé un appel afin que chaque pays sensibilise ses habitants sur la prévention. De plus, elle alerte aussi sur les conséquences de l’alcool. « Pendant la pandémie de Covid-19, nous devrions vraiment nous demander quels risques nous prenons en laissant les gens enfermés chez eux avec une substance qui est nocive à la fois pour leur santé et pour les effets de leur comportement sur les autres, dont la violence », déclare Carina Ferreira-Borges, responsable du programme Alcool et drogues illicites de l’OMS / Europe.

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