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Une centaine de cas de tuberculose par an à Maurice

Deux cas de tuberculose ont été enregistrés à Rodrigues dans le courant de la semaine. Une dizaine de cas sont recensés chaque mois à Maurice. La situation n’est pas inquiétante, mais la prudence reste de mise, car la maladie est hautement contagieuse. C’est ce qu’explique le Dr Muhammed Fezul Rajeedawa, consultant à la Chest Clinic de l’hôpital Dr A. G. Jeetoo.

Une centaine de cas de tuberculose est enregistrée chaque année à Maurice. La situation est stable et n’est pas inquiétante, selon le consultant à la Chest Clinic de l’hôpital Dr A. G. Jeetoo, le Dr Muhammed Fezul Rajeedawa.

Il se montre même rassurant en affirmant qu’un contact épisodique avec un patient tuberculeux n’est pas grave. « On peut être contaminé si on est en contact prolongé avec une personne atteinte de tuberculose dans une pièce confinée ou avec peu d’aération », souligne-t-il.

La tuberculose est une maladie hautement contagieuse et les poumons sont la principale réserve où nichent les microbes, ajoute-t-il. La contamination est effectuée à travers les bacilles qui circulent dans l’air, si un tuberculeux ne s’est pas caché la bouche en toussant.

« En respirant ces goulettes de bacilles volatiles, tout l’entourage peut être contaminé, mais ce contact doit être régulier. C’est la prima infection de la tuberculose », fait ressortir le spécialiste.

Le Dr Rujeedawa ajoute qu’un tiers de la population mondiale est infecté par le bacille tuberculeux, mais que tout le monde ne développe pas la maladie.

« La maladie se développe quand le système immunitaire est fragilisé par d’autres pathologies, engendrant une baisse des défenses de l’organisme », explique-t-il. Ainsi, parmi les personnes les plus vulnérables, on trouve les sans domicile fixe, les personnes atteintes du VIH/Sida et les personnes mal nourries.

Une toux persistante avec des flegmes et du sang dans le crachat, une forte fièvre, une perte d’appétit et des sueurs nocturnes sont quelques-uns des signes de la tuberculose. Selon le protocole établi, une personne qui présente ces symptômes doit immédiatement se présenter au Chest Clinic d’un des hôpitaux régional ou au Chest Clinic de l’hôpital Dr A. G. Jeetoo, qui est le centre névralgique pour la prise en charge des patients souffrant de tuberculose.

Une analyse de son crachat sera effectuée. Si elle est positive au bacille de la tuberculose, la personne est placée en isolement à l’hôpital de Poudre-d’Or pour des traitements d’une durée de six mois. Par la suite, elle sera suivie pendant plusieurs semaines, afin de s’assurer que le traitement a été efficace.

La meilleure façon de prévenir la tuberculose, c’est d’attaquer la maladie à la source de contagion, explique le Dr Rujeedawa. « Une fois qu’on a un cas de tuberculose, il faut casser la chaîne de transmission en traitant l’entourage de la personne malade », fait observer le spécialiste. Cela se fait en recherchant les contacts tuberculeux et un examen radiographique des poumons est aussi effectué.

Il y a aussi le vaccin bilié de Calmette et Guérin (BCG), qui est administré aux enfants en bas âge, afin de les protéger contre la tuberculose grave miliaire et la tuberculose méningite. Mais le vaccin ne les protège pas contre la tuberculose pulmonaire, qui est néanmoins rare chez les enfants, indique le médecin.

Traitement

Le traitement standard pour la tuberculose est l’utilisation d’une association d’antibiotiques : quatre types de médicaments dans la phase d’attaque, qui est d’une durée de deux mois. Lors de la phase d’entretien, qui est de quatre mois, deux types d’antibiotiques sont utilisés. Cela est accompagné du suivi du patient, en raison des effets secondaires que peut provoquer la prise de ces médicaments, comme une intolérance ou encore une réaction allergique et l’inflammation du foie.

Une fois le patient sorti de l’isolement, un suivi mensuel est effectué pour vérifier le crachat et s’assurer que le traitement a fonctionné.

100 cas par an

Huit à dix cas de tuberculose sont recensés chaque mois, selon le Dr Rujeedawa, soit entre 100 à 120 par an à Maurice. Concernant les deux cas enregistrés à Rodrigues, les malades sont traités dans l’île même, où des dispositions ont été prises, à l’hôpital de Crève-Cœur, pour leur isolement. Un spécialiste en médecine interne s’occupe de leur traitement, car ils ne peuvent voyager.

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