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Cancer : une lueur d’espoir dans la chimiothérapie de la tumeur cérébrale ?

Lors de la journée mondiale des tumeurs cérébrales observée le 8 juin, l’accent avait été mis sur le gliome de grade 4 (le grade le plus agressif) appelé également le Glioblastome multiforme (GBM), qui est la tumeur cérébrale la plus redoutable en oncologie cérébrale. « Sans traitement, la survie du patient est de quelques semaines seulement. Apres une neurochirurgie d’exérèse, souvent incomplète (pour des raisons de localisation anatomique difficile comme le tronc cérébral ou dans des zones éloquentes du cerveau), la rechute/récidive est rapide, souvent endéans quelques mois. La radiothérapie est utilisée pour irradier toute tumeur cérébrale inopérable voire récidivante avec malheureusement un succès mitigé », explique le Dr Sahiboullah Sohawon, cancérologue à la Clinique Darné.

 

Le Dr Sahiboullah Sohawon, cancérologue
Le Dr Sahiboullah Sohawon, cancérologue

Selon lui, le succès escompté par l’adjonction de molécules de chimiothérapie dans le traitement du GBM, a été, pendant des décennies, modeste en termes de survie globale des patients. Cependant, deux études majeures ont été réalisées, l’un il y a dix ans de cela – l’étude de l’EORTC en Europe – avec le Témozolomide, et l’autre, l’année dernière (2018) – une étude réalisée en Egypte – avec l’Avastin et l’Irinotécan.

L’équipe du Professeur Roger Stupp en Suisse, a utilisé un agent alkylant (molécule de chimiothérapie qui créée des lésions l’ADN dans les cellules tumorales du GBM) appelé le Témozolomide pendant la radiothérapie cérébrale et jusqu’à six mois après la fin de cette radiothérapie. Il a observé une amélioration de la survie globale des patients traités par ce schéma, appelé aujourd’hui le protocole de Stupp et qui est devenu le standard international pour traiter les patients atteints de GBM. En analysant plus en détails ses résultats, il nota que ceux qui ont survécu plus d’un an, ont une mutation du promoteur d’un gène appelé MGMT. Ainsi, l’analyse moléculaire de tout GBM nouvellement diagnostiqué est fortement recommandée, afin de connaitre la réponse au traitement au Témozolomide. Quant à ceux qui n’ont pas cette mutation, la survie est de courte durée.

« C’est ainsi que pendant presque dix ans, bons nombres d’études approfondies en oncologie cérébrale ont continué avec pour optique, l’amélioration de la survie globale des patients, mais hélas, avec des résultats mitigés », ajoute-t-il. Ce n’est qu’en 2018, qu’une équipe de chercheurs égyptiens à Tanta et à l’Al-Azhar, dirigé par le Docteur Lamiss Mohamed, a montré que pour les patients qui n’ont pas la mutation MGMT (et qui sont de facto de mauvais pronostic), l’adjonction d’Avastin pendant la radiothérapie cérébrale et la continuation de l’Avastin et de l’Irinotécan après la fin de la radiothérapie, amène à une survie globale augmentée de plus d’un an.

En résumé, tout GBM nouvellement diagnostiqué nécessite une analyse de la mutation du promoteur du gène MGMT. Si mutation, radio-chimiothérapie concomitante selon le protocole de Stupp, et si pas de mutation, radio-chimiothérapie selon le protocole égyptien.

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