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“Ça veut dire quoi ?” : le syndrome de la cabane, ou la peur de sortir du confinement

Chaque semaine, ETX Studio décrypte pour vous un phénomène qui fait l’actualité. Depuis le déconfinement, un syndrome au nom intriguant ressurgit : le “syndrome de la cabane”, dit encore “syndrome de l’escargot”.

Après deux mois confinés à domicile, l’impatience d’arpenter les rues de sa ville et de revoir ses proches se fait forte… à moins d’être touché par le syndrome de la cabane. Comme son nom l’indique, ce syndrome désigne la volonté de rester bien au chaud chez soi, à l’abri du monde extérieur. Dans sa coquille en quelque sorte, d’où cette autre appellation : “syndrome de l’escargot”.

Cette anxiété sociale est loin de se confiner aux frontières de l’Hexagone. Début mai, le journal espagnol “El Pais” a consacré un article au syndrome de la cabane. Dans la presse anglophone, on parle de “re-entry panic syndrome”. Le phénomène semble donc universel.

Comment l’expliquer ? A priori, la raison semble évidente : si l’épidémie Covid-19 ralentit, le virus circule encore. On peut donc aisément comprendre que certains et certaines rechignent à l’idée de reprendre les transports en commun pour aller travailler ou même se mêler à la foule.

Or, ce n’est pas l’unique raison d’un tempérament soudain casanier, explique à ETX Studio le psychothérapeute Pierre Nantas : “La situation que nous vivons actuellement ressemble fortement à un état de stress post-traumatique. D’autant plus que cette sortie de confinement s’opère dans un contexte assez particulier : nous pouvons sortir à nouveau certes, mais avec les restaurants, les bars et les cinémas fermés. Il y a donc l’angoisse de prendre les transports en commun, de retourner au travail, mais sans profiter des distractions habituelles. On renoue avec le monde extérieur, mais davantage pour travailler que pour s’amuser”.

Fatigue, engourdissements, anxiété…

A l’angoisse de contracter le virus, s’ajoute donc l’anxiété d’interagir à nouveau avec les autres. Le syndrome peut également se manifester par des signes physiques : fatigue, engourdissements, difficulté à sortir du lit…

Un nouveau trouble psychique à ajouter à la longue liste de syndromes déjà existants ? Pas vraiment, puisque la première évocation du syndrome de la cabane remonte au début du 20ᵉ siècle, en référence à des chercheurs d’or aux États-Unis. Enfermés pendant plusieurs semaines d’affilée dans des cabanes pour se protéger du froid rigoureux de l’hiver, ces derniers auraient ressenti de l’angoisse à l’idée d’en sortir.

Selon plusieurs psychologues, ce trouble peut se manifester dans d’autres situations d’isolement prolongée, par exemple après un long séjour en prison ou chez les gardiens de phare. Il semblerait donc que l’actuelle crise sanitaire ait tout simplement remis le syndrome de la cabane au goût du jour.

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