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[Traitement du Covid-19] MauriVent : le prototype d’un ventilateur mécanique 100 % mauricien

Pour apporter leur pierre à l’édifice aux efforts nationaux pour faire face à la pandémie du Covid-19 à Maurice, ils sont environ 25 qui ont initié le projet MauriVent. Objectif : la fabrication d’un prototype de ventilateur médical 100 % mauricien pour aider le personnel médical dans le traitement des patients atteints du Covid-19.

Projet initié le 30 mars dernier par Ismaël Essackjee et Roshan Teeluck, MauriVent a enfin vu le jour après des heures assidues de travail en équipe. « Nous avons remis le prototype aux autorités concernées. La prochaine étape consiste à obtenir l’autorisation médicale du gouvernement et du Mauritius Standard Bureau (MSB), » explique Roshan Teeluck, un des principaux initiateurs du projet.

Ce dernier explique que cette initiative citoyenne a bénéficié du soutien de l’IEEE, qui est la plus grande association technique au monde et qui a pour objectif principal de développer la technologie au profit de l’humanité. Elle compte plus de 423 000 membres dans 160 pays, dont plus de 100 à Maurice. Les membres de l’Institution of Engineering and Technology (IET) ont aussi soutenu ce projet mauricien. Cette institution, très présente à Maurice, organise des séminaires mensuels qui sont accessibles au grand public.

« Le département d’ingénierie de l’Université de Maurice a été sollicité pour travailler sur un ventilateur médical fabriqué localement dans le contexte de la pandémie actuelle de Covid-19. Cette demande a été relayée à des associations d’ingénieurs. Ensuite, un groupe d’une quarantaine de personnes, composé d’ingénieurs de tous les secteurs, d’étudiants universitaires et de médecins, a été formé le lundi 30 mars pour concevoir le projet. Plusieurs personnes nous ont aidés en nous mettant en contact avec des fournisseurs et des fabricants de matériels qui ont été nécessaires pour la fabrication de ce prototype, » souligne Roshan Teeluck. Ce dernier a aussi indiqué que chaque jour, des personnes les ont rejoints pour faire avancer ce projet, dont l’objectif principal est de développer un ventilateur médical à faible coût pouvant être produit avec des pièces disponibles sur le marché local.

Toutefois, pour s’adapter à toutes les contraintes, les concepteurs ont choisi le concept du Massachusetts Institute of Technology (MIT) pour faire le MauriVent. « Pour faciliter la gestion de l’équipe et pour travailler efficacement sur le projet, les 25 participants ont été répartis en de petites équipes avec un Team Leader et des taches spécifiques à effectuer, » explique-t-il.

MauriVent

À savoir que l’équipe mécanique, chapeautée par Hisham Rojoa (membre de l’IET), avait pour membres Nissar Wozir, Devin Bhoodoo, Dhiren Ramchurn, Leveen Deojee Yashveer Takoory et Jessen Periasamy. Tandis que les membres de l’équipe de développement électronique et de logiciel étaient : Shailendra Ramchurn, Tavish Hookoom, Sandyl Nursigadoo, Faheem Aubeeluck, Reeshay Dabeedin, Eteesh Gobind, Amreena Bibi Zulaykha Doobory, Aicha Jahangeer, Ashfaaq Ochatoya, Zoubeir Emambokus, Loovesh Ramwodin et Mubashirr Bhantoo. L’équipe médicale était composée d’Aniisah Hosany et des docteurs Ram Mudhoo, Sundaresan Maiyalagan et Saahir Boolaky.

Il est à noter que les concepteurs de MauriVent ont aussi bénéficié du soutien de différents sponsors tout au long de la fabrication de ce prototype 100 % mauricien, notamment celui du National Computer Board pour l’impression en 3D du prototype et de Nabee Coachworks, UTM et UDM pour les ateliers d’assemblage. Quant au financement du prototype, cela a été possible grâce à l’IEEE Mauritius Section, IET et DM Electronics. « Impression PCB, Rotracs, l’UOM, Economic Developement Board (EDB) par l’intermédiaire de Nawshin Mahadooa, School of Electronics, Transcom et Mini Factory ont aussi collaboré à ce projet », indique Roshan Teeluck.

Je crois fermement que les ingénieurs mauriciens ont de grands potentiels, mais ces derniers sont souvent sous-estimés. Maurice est en situation de crise et il est injuste de laisser les médecins seuls en première ligne alors que nous les ingénieurs, avons toutes les connaissances requises pour les soutenir dans cette lutte. Cependant, notre combat ne s’arrêtera pas là et nous allons poursuivre d’autres projets pour combattre le Covid-19. Nous remercions également tous les facilitateurs qui ont fait de ce projet une réalité. – Roshan Teeluck.

Quid de l’expérience ?

Pour la première semaine, chaque membre de l’équipe a travaillé depuis son domicile. « Cela aurait pu sembler un défi, car la plupart d’entre nous n’ont jamais rencontré d’autres personnes au sein du groupe. Cependant, ensemble, nous avons surmonté les barrières de communication et nous avons réussi à travailler en équipe avec un certain nombre d’outils en ligne, tels que Zoom pour les réunions en ligne, WhatsApp pour les discussions et Google Docs, comme référentiel de toutes les documentations, entre autres, » indique Ismael Essackjee, l’ingénieur principal de l’équipe de gestion du projet.

« Quand j’ai rejoint le groupe, il y avait des gens prêts à apporter leur soutien, mais il n’y avait pas de direction. Mon rôle initial était d’organiser le groupe de personnes en équipes, puis de connecter les ressources clés pour chaque équipe, telles que les conceptions mécaniques et électroniques ainsi que la programmation ou encore l’équipe de soutien médical. Dès que les équipes étaient pleinement fonctionnelles, mon rôle était de coordonner les activités des équipes, » renchérit-il.

Pour la deuxième semaine, la partie mécanique du prototype avait déjà été assemblée chez Nabee Coach Works à Castel. « À la fin de la même semaine, nous avons testé l’ensemble du prototype et nous l’avons calibré. Le coût du produit final est d’environ Rs 15 000 et nous pensons que grâce à la production en masse, le coût peut être réduit, » indique Ismael Essackjee. Il ajoute que la prochaine étape consiste maintenant à obtenir l’autorisation médicale du gouvernement et du MSB.

« Il a également été décidé que la conception devrait être une source ouverte afin que d’autres pays puissent en bénéficier. C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles un design aussi simple a été décidé, » énonce-t-il. Il conclut que l’équipe de MauriVent a aussi reçu de nombreux messages de félicitations et certaines organisations ont même manifesté leur intérêt à fournir des fonds pour la production de masse.

En quoi consiste le prototype ?

« MauriVent est composé d’un ‘bag valve mask’ qui a été modifié par l’ajout d’un tuyau entre le masque facial et le reste de l’appareil. Ensuite, le sac a été placé dans une enceinte de monitoring où la compression du sac est automatisée. Une soupape de pression a également été ajoutée comme élément de sécurité », explique Roshan Teeluck. Ce dernier indique que quelques jours ont suffi pour finaliser le mécanisme de compression du sac et l’envoyer pour l’impression 3D au National Computer Board.

« Pour la conception, des moteurs Nema-17 ont été utilisés, mais également des moteurs Nema-23 qui sont plus puissants. En ce qu’il s’agit du développement des logiciels, c’était la partie la plus complexe du projet, car un ventilateur médical doit pouvoir s’adapter à un patient et à son état. Donc, les entrées de données qui pouvaient être modifiées basées sur les recommandations de notre équipe médicale comprenaient : Taux de respiration (10 – 30 par minute), Volume respiratoire (jusqu’à 800 ml) et Ratio inspiration et expiration. Ces valeurs ont été affichées sur un écran LCD pour faciliter l’utilisation du MauriVent par le personnel médical, » indique, pour sa part, Shailendra Ramchurn.

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