Temoignages

Greffe de foie : Tanushree Chundoo (9 ans) sauvée à deux reprises

La petite Tanushree, 9 ans, pourra voir briller les étoiles pour la Noël. En deux occasions, les interventions sur la maladie en phase terminale qui affectait son foie ont été un succès. La seconde concernait le placement d’un stent dans son tube digestif à Maurice. Joyeux Noël petite puce !

Tanushree Chundoo était condamnée par son médecin. Avec une maladie terminale du foie, elle a survécu grâce à une greffe de foie en 2016. Mais, cette année, à la suite des complications, un stent (extenseur vasculaire) a dû être installé dans son tube biliaire. Cette intervention a été réalisée par le département gastro-entérologie de l’hôpital du Nord.

Le sourire de Tanushree fait désormais le bonheur de ses parents, Aarti et Sanjeev. Ces derniers reprennent goût à la vie après trois années de lutte pour sauver leur fille unique d’une maladie terminale du foie.

Avant 2014, Tanushree était une petite fille joyeuse qui courait et gambadait. Sauf qu’en septembre de cette année-là, elle est à l’école quand elle commence à faire de la fièvre. Ses parents viennent la récupérer pour l’emmener au dispensaire et seront vite conseillés de se diriger vers l’hôpital le plus proche pour des soins.

Les premiers examens médicaux font ressortir qu’elle a la jaunisse. Elle est hospitalisée pendant un peu plus d’un mois. Finalement, on explique aux parents qu’elle a une sévère inflammation au foie. Un coup dur pour les parents qui voient leur fille alitée pendant plus d’un mois.

Malgré le traitement, son état se détériore. C’est à ce moment-là que son médecin traitant d’alors l’a condamnée. Une décision que les parents ont eu du mal à digérer. « On était très bouleversés par cette nouvelle. On ne pouvait dormir ni manger pendant un bon bout de temps. Notre vie a drastiquement basculé. Heureusement, le Dr Jagessur, ex-ambassadeur de Maurice en Inde, nous a dit qu’il était possible de faire une greffe du foie en urgence pour la sauver, car les jours de ma petite étaient comptés », raconte Sanjeev Chundoo.

Greffe de foie en Inde

Une collecte de fonds est alors menée par les proches de la famille afin de trouver les Rs 3 millions nécessaires pour cette greffe. C’est ainsi qu’après quelques mois, en juin 2016, ils mettent le cap sur la Grande Péninsule. Le donneur n’est autre que la maman et les deux seront en salle d’opération le 9 juillet à l’Artemis Health Institute à Delhi. L’opération dure 14 heures et c’est une partie du foie de la maman qui va sauver la vie de la petite Tanushree.

Le foie est greffé et la famille retourne à Maurice en septembre 2016. Peu à peu, la joie de vivre de Tanushree revient. Elle s’amuse et profite de la vie comme toutes les fillettes de son âge et rattrape son retard à l’école. Ses examens médicaux, eux, sont satisfaisants et l’anti rejection therapy continue.

Toutefois, en août 2017, Tanushree tombe à nouveau malade. La détresse de la famille se fait sentir quand les médecins de l’Inde annoncent aux parents que la voie biliaire de la petite est bouchée. « En faisant la greffe, la cicatrisation d’une des quatre veines durcit et obstrue le passage. La bile ne peut sortir. C’est ce qui s’est passé dans son tube biliaire. Le foie est à nouveau affecté et sa vie était une fois de plus à risque », fait comprendre le Dr Farouk Bholah, consultant en gastro-entérologie à l’hôpital du Nord, qui est alors intervenu pour placer un stent.

Toutefois, cette intervention n’avait jamais été réalisée jusque-là sur un enfant à Maurice. Tanushree devait repartir pour Delhi mais, faute d’argent, les parents se sont tournés vers l’hôpital du Nord. « Il nous fallait Rs 300 000 pour partir en Inde faire cette intervention et le stent doit être remplacé chaque trois mois. Trouver cette somme pour faire trois voyages en Inde en un an allait être impossible », dira Sanjeev.

Suite à cette intervention, la situation de la petite s’est améliorée presque instantanément. Aujourd’hui, Tanushree est finalement sur la voie de la guérison. Elle grandit et sourit à la vie tout en faisant un suivi médical à Maurice et avec ses médecins de l’Inde qui reçoivent ses tests sanguins régulièrement. « La vie est un miracle. On a voulu y croire et on n’a pas de mot suffisamment fort pour décrire la joie qui remplit notre maison depuis peu grâce aux médecins qui ont voulu relever ce défi en soignant notre enfant », souligne le père.

La petite Tanushree peut s’estimer heureuse pour la veillée de Noël dans quelques jours, quand elle sera un peu plus près des étoiles pour murmurer aux oreilles de Papa Noël sa commande. Elle le vaut bien.


Une première médicale à Maurice

Le Dr Farouk Bholah et son équipe.
Le Dr Farouk Bholah et son équipe.

Placer un stent dans le tube biliaire est une intervention qui n’avait jamais été pratiquée sur un enfant à Maurice. C’était donc un challenge pour le Dr Farouk Bholah, consultant en gastro-entérologie au ministère de la Santé, et son équipe. « J’étais sceptique au départ, car un enfant est fragile et l’intervention est délicate. Mais on se devait d’essayer de sauver sa vie, car les dépenses pour faire ce traitement en Inde n’allaient pas être possibles pour les parents », raconte le médecin.

Défi relevé pour l’équipe qui a pu placer le stent dans le tube biliaire de Tanushree avec succès le 9 novembre dernier. « C’est une première à Maurice et c’est surtout rassurant pour les autres patients à venir. On sait maintenant qu’on peut le faire sur d’autres enfants », a -t-il dit en précisant que c’est le soutien indéfectible du ministère de la Santé qui a rendu le projet possible.

Le département gastro-entérologie fête cette année ses dix ans d’existence. En 2007, le Dr Farouk Bholah avait créé ce département. Les trois premiers professionnels de cette équipe débutent alors dans une petite salle avant de s’installer plus confortablement dans un local à côté de la maternité à l’hôpital du Nord.

Aujourd’hui, deux autres hôpitaux ont pu mettre en place un tel département. « L’hôpital Nehru à Rose-Belle a pu se doter de ce département, suivi de l’hôpital Jeetoo. On a aussi prévu des équipements et assuré la formation pour qu’un département soit aussi installé à l’hôpital Victoria », a ajouté le Dr Farouk Bholah.

Au fil des années, le département de l’hôpital a fait ses preuves et a pratiqué plus de 1 500 interventions d’Endoscopic Retrograde Cholangio Pancreatography (ERCP) depuis 2010.

Aussi, ce département a raflé plusieurs prix au Public Service Excellence Award. En 2013, le département a remporté le prix Customer Focus et le Customer Centred Delivery en 2014. En 2016, l’équipe a été récompensée pour l’innovation.


L’ERCP : une solution rapide

Dr Farouk Bholah
Dr Farouk Bholah

L’Endoscopic Retrograde Cholangio Pancreatography (ERCP) permet d’avoir un soulagement rapide. Toutefois, il s’agit d’une des techniques les plus difficiles à réaliser en gastro-entérologie. Elle requiert une formation intensive et de l’expertise. « On travaille à distance à travers la radiologie et la fluoroscopie pour voir ce qui se passe à l’intérieur du système biliaire pancréatique. Il faut aussi travailler dans des régions difficiles et localiser l’orifice de la bile qui est un petit trou. Il faut aussi être capable de canaliser le tube pour le trouver », a expliqué le Dr Farouk Bholah (photo).

Plusieurs maladies peuvent se développer dans cette région, notamment le calcul biliaire et différents cancers. En bloquant le tube biliaire, la bile ne peut plus sortir, ce qui provoque une jaunisse obstructive. « En plaçant le stent, la bile peut alors sortir et soulager le foie. Cette intervention apporte un soulagement presque immédiat à la personne. En 24 heures, elle peut se sentir mieux », conclut le médecin.

Vos Commentaires

Défi Santé

Une publication du Le Défi Media Group 4B, Rue Labourdonnais, Port-Louis Tél : +230 207 06 66

Articles Liés

Bouton retour en haut de la page