Maladies

Gynécologie – L’endométriose : une maladie à ne pas banaliser

L’endométriose est une maladie gynécologique, dont les causes n’ont pas encore été bien établies.

Bien qu’elle ne puisse être prévenue, des traitements sont disponibles, dira le Dr Pyneeandee, gynécologue, au micro de Caroline et de Mélanie Valère-Cicéron dans l’émission Xplik ou K Santé sur Radio Plus.

«Les règles sont indolores. Il est faux de croire qu’il est normal d’avoir des douleurs durant sa menstruation », lance d’emblée Dr Veyasen Pyneeandee. Mais il ne faudrait pas pour autant tomber dans une psychose et déduire automatiquement qu’on souffre de l’endométriose alors lorsqu’on a des règles douloureuses, précise le médecin. « Ces douleurs peuvent être causées par d’autres maladies gynécologiques, comme les kystes ou le fibrome. »

L’endométriose se caractérise par une présence de fragments d’endomètre anormale. En général, quand l’ovule n’est pas fécondé, l’endomètre est éliminé pendant les règles et renouvelé par la suite. Toutefois, lorsque ce tissu poursuit son développement hors de l’utérus, il ne peut alors pas être évacué. Aussi, souligne le gynécologue, les règles abondantes ne sont pas les vrais symptômes de la maladie qui se caractérisent par de violentes douleurs.

« Il ne faut pas banaliser les douleurs pendant les règles. Ce faisant, la maladie peut s’aggraver alors qu’une prise en charge rapide peut permettre d’éviter des complications. » La maladie peut se manifester dès les premières règles. Dr Pyneeandee suggère aux parents de suivre leur fille à la puberté pendant les six premiers mois de ses règles et d’observer si elle a des douleurs régulièrement, particulièrement si la maman en souffrait également, étant donné que cette maladie a un facteur génétique.

Briser les tabous

Le Dr Pyneeandee constate qu’il y a des tabous à Maurice autour des maladies gynécologiques. « Certaines hésitent encore à aller chez le gynécologue. Il faut aussi casser cela afin de pouvoir établir un bon diagnostic », dit-il. L’endométriose est classifiée selon plusieurs stades jusqu’à une échelle de 5, en fonction de sa localisation dans le ventre. « Si elle est située dans les ovaires ou les ligaments de l’utérus, ce sont les stades 1 à 3. Mais si cela se répand dans la vessie ou les intestins, là nous en sommes aux stades 4 ou 5. Au stade 5, il est déjà trop tard pour bien s’occuper de la maladie », dit-il.

Avant de songer à un examen par un quelconque instrument : échographie ou imagerie à résonance magnétique (IRM), le Dr Pyneeandee soutient qu’il faut avant tout être à l’écoute de la patiente pour comprendre ses douleurs. « En urinant ou en allant à la selle, l’endométriose peut provoquer de fortes douleurs chez la femme. » Cette maladie chronique peut récidiver. Ce qui fait qu’une femme peut l’avoir toute sa vie.

Le traitement dépendra du stade et de l’évolution de la maladie. Pour les stades de 1 à 3, les pilules sont souvent préconisées. Il y a aussi des injections qui bloquent les règles en mettant les ovaires au repos pour qu’ils ne secrètent pas les règles. C’est la ménopause artificielle, dit le Dr Pyneeandee. « Et pour les stades 4 à 5, on va sur la chirurgie mais cela dépend de la volonté de la femme ».

Probabilité d’infertilité

50 %  des patientes souffrant d’endométriose ont 50 % de risque d’être infertile. Cela ne veut pas dire qu’elle sera stérile. Une femme qui a eu l’endométriose peut enfanter. Pendant la grossesse, il y a une accalmie de la maladie car la femme n’a plus ses règles et cela revient après la grossesse.

Traitements naturels

L’acuponcture est une méthode pour lutter contre les douleurs qu’engendre l’endométriose tout comme la sophrologie ainsi que les huiles essentielles pour des massages. Cela peut aussi bien être une combinaison de différentes médecines allopathiques et naturelles. D’où l’importance d’être bien à l’écoute d’une femme pour connaître ses besoins et ajuster les traitements par rapport à cela.

Prévention

L’endométriose est une maladie qui touche les femmes qui sont en âge de procréer et elle peut survenir dès l’âge de 9 ans jusqu’à la ménopause vers l’âge de 52-54 ans. À Maurice, l’endométriose toucherait une femme sur sept, selon le Dr Pyneeandee.  La pilule peut être un des moyens de prévention car cela empêche la production des règles pendant 21 jours.

Les causes probables

Il est possible de déterminer si une femme souffre d’endométriose en fonction des douleurs qu’elle éprouve. La maladie touche principalement celles qui ont eu leurs premières règles à un stade précoce, soit vers l’âge de 11 ans. Elles toucheraient aussi celles qui auraient subi une chirurgie comme une césarienne ou encore un avortement clandestin. « Il y a une tendance à l’endométriose car il y a une manipulation », explique le Dr Pyneeandee.

 

Vie sexuelle et sociale affectée

« L’endométriose est une des principales causes de l’absentéisme au boulot chez la femme », affirme le médecin. Il ajoute qu’elle est aussi considérée comme une des causes du divorce en raison de l’incidence qu’elle a sur la vie sexuelle d’un couple peut être grandement affectée à cause de cette maladie. Une prise en charge multidisciplinaire s’impose donc avec l’apport d’un psychologue et une assistante sociale pour s’occuper de la relation au travail afin de l’encadrer.

« Il ne faudrait pas se contenter de donner aux patients des médicaments. En sus de l’accompagnement psychologiquement, le soutien du conjoint est aussi primordial. Il est important qu’il comprenne la maladie et, pour cela, il faut lui expliquer les souffrances que peut engendrer l’endométriose. Les conséquences peuvent être assez graves et cette maladie peut avoir un impact tant sur le plan économique que social chez la femme », dit le Dr Pyneeandee, ajoutant que « le cancer peut tuer, l’endométriose tue socialement. »

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