
D’ici 2030, le cancer du col de l’utérus va faire plus de 443 000 victimes dans le monde dont la plupart en Afrique subsaharienne. Afin de sensibiliser la planète sur le sujet, la 8e Semaine africaine de la vaccination se tient du 23 au 29 avril.
Selon APOP Group, le cancer du col de l’utérus est l’une des principales causes de décès chez les femmes en Afrique. Citant la Revue d’experts sur la thérapie anti-infectieuse, le cancer du col de l’utérus provoquera la mort de plus de 443 000 femmes chaque année dans le monde, la plupart en Afrique subsaharienne, d’ici 2030.
Le cancer du col de l’utérus est le cancer le plus fréquent chez les femmes au Malawi, au Kenya, en Zambie et au Zimbabwe et le deuxième cancer le plus fréquent en Afrique du Sud selon le Centre du virus du papillome humain (VPH). Pour APOP Group « l’augmentation de l’incidence du cancer du col de l’utérus en Afrique pourrait contrecarrer les progrès réalisés par les femmes africaines dans la réduction de la mortalité maternelle et de la longévité ».
Cependant, le cancer du col de l’utérus est une maladie non transmissible potentiellement évitable. C’est à travers des stratégies d’intervention qu’on espère éliminer le cancer du col de l’utérus en tant que problème de santé publique.Par ailleurs, la semaine mondiale de la vaccination est observée chaque dernière semaine du mois d’avril. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « la vaccination permet de sauver des millions de vies ».
Elle est aussi considérée comme l’une des interventions sanitaires les plus efficaces et les moins coûteuses. En dépit de cette initiative 19 millions d’enfants dans le monde ne sont pas, ou partiellement vaccinés. Ils risquent ainsi de contracter des maladies potentiellement mortelles.
La Semaine mondiale de la vaccination a pour objectif de mettre l’accent sur la nécessité d’agir collectivement pour que chacun soit protégé des maladies à prévention vaccinale. C’est dans ce contexte que le thème choisi cette année est « Protégés ensemble, #LesVaccinsCaMarche ».
Il a pour but d’encourager l’ensemble des populations à poursuivre leurs efforts afin d’accroître la couverture vaccinale pour le bien de tous. Selon l’OMS, les gouvernements doivent investir dans l’effort de vaccination qui doit être présentée comme une priorité par ceux qui la défendent et encourager les gens à se faire vacciner et faire vacciner leur famille.
Dans le cadre de la campagne de 2018, l’OMS et ses partenaires souhaitent souligner l’importance de la vaccination et les lacunes de la couverture et informer aux pays donateurs l’intérêt des vaccins et l’importance d’investir dans les efforts de vaccination entre autres.
L’OMS rappelle également que le Plan d’action mondial pour les vaccins, approuvé par les 194 États Membres de l’OMS à l’Assemblée mondiale de la Santé en mai 2012, a pour but de prévenir des millions de décès grâce à l’accès universel à la vaccination d’ici 2020.
Trois types de vaccin HPV
Le vaccin contre le Human Papilloma Virus (HPV), responsable du cancer du col de l’utérus, a été lancé à l’intention des jeunes filles dans les écoles primaires et secondaires de Maurice et Rodrigues en 2016. Le vaccin est destiné aux jeunes filles dès l’âge de 9 ans (Grades 5 et 6) et ce jusqu’à l’âge de 13 ans (Grades 7, 8 et 9).
Il y a trois types de vaccin HPV : le bivalent, le tétravalent et le monovalent. Les trois types de vaccin protègent contre les deux types de HPV (16 et 18) qui sont à l’origine de la majorité des cas de cancer (environ 70 %). Maurice a opté pour le vaccin bivalent sur la base des facteurs épidémiologiques, programmatiques et financiers, tels que recommandés par l’OMS.
Le vaccin contre le cancer du col de l’utérus a été ajouté au programme national de vaccination déjà existant dans les écoles afin de lutter contre ce type de cancer. Il est offert gratuitement par le ministère de la Santé.
Test de dépistage
Une centaine de nouveau cas du cancer du col de l’utérus est enregistrée chaque année. L’Organisation non-gouvernementale (ONG) Link to Life à Vacoas est disposée à effectuer des tests de dépistage afin de prévenir ce type de cancer.
Le test de dépistage du cancer du col de l’utérus est disponible chez L’ONG Link to Life à Vacoas et à Pamplemousses. L’examen est effectué par une doctoresse qui pratique un frottis afin de faire un prélèvement au niveau du col. L’échantillon ainsi récolté est envoyé dans un laboratoire pour être analysé et les résultats sont connus au bout de deux semaines. Le test permet aussi de déterminer si la patiente est atteinte d’une infection ou d’une inflammation au niveau du col.
Selvina Mooneesawmy, coordinatrice de Link to Life explique que le test est effectué uniquement sur rendez-vous. Elle précise également que la patiente doit fournir les renseignements suivants quand elle se présente : la date de ses règles, si elle ménopausée ou si elle a fait une intervention chirurgicale au niveau du col.
« La personne ne doit pas avoir eu de rapports sexuels trois à quatre jours avant de venir faire le test de dépistage. Elle ne doit pas non plus se laver avec un produit quelconque mais uniquement avec de l’eau », souligne-t-elle. Le test est en général recommandé à partir de 30 ans ou un an après les premiers rapports sexuels réguliers ajoute Selvina Mooneesawmy.
Elle considère que le dépistage pour chaque type de cancer est important. Link to Life fait aussi de la sensibilisation en ce qu’il s’agit du cancer du sein et offre également un service spécialisé à l’intention des personnes qui ont déjà été atteintes d’un cancer en leur proposant des prothèses mammaires et des perruques
À noter que le service, initialement gratuit, est désormais payant et représente uniquement les frais du service du laboratoire.
Les rendez-vous peuvent être pris sur les deux numéros de Link to Life : 686 0666 (Vacoas) ou 243 95 93 (Pamplemousses).
Selon les derniers chiffres disponibles 107 nouveaux cas de cancer ont été enregistrés en 2016 contre 94 en 2015. 45 personnes sont décédées des suites de leur cancer du col de l’utérus en 2016.




