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Sites de rencontres: l’amour 2.0 n’est pas sans risques

Un amour connecté qui nait d’une rencontre virtuelle, est-ce possible, alors que les sites de rencontre pullulent sur le Net pour aider à trouver le profil « parfait » correspondant à ses envies. Mais peut-on vraiment trouver l’âme sœur sur la Toile? Le psychologue Sadasiven Coopoosamy n’est pas convaincu.

« Rien ne vaut un contact physique ou un regard persistant pour tomber amoureux, notamment ces coups de foudre dont les gens des générations précédentes en parlent. Sur Internet, les rencontres sont calculées afin de répondre à certains critères », explique d’emblée le psychologue Sadasiven Coopoosamy.

Il admet toutefois que les sites de rencontre peuvent aider certaines personnes, surtout les timides à sortir de leur coquille. Mais, là aussi, il faut être prudent, car, souvent les introvertis finissent par se créer une fausse image pour se rendre plus attirants. « La déception ne va pas tarder dans ces cas-là. Ou alors, on finit par entretenir une relation avec une personne qui ne se dévoile pas complètement », fait-il comprendre.

Il y a des couples qui naissent sur la Toile et se concrétisent dans la vraie vie, mais il faut faire attention aux détails. « On va sans doute chercher un profil qui correspond à nos attentes personnelles, mais il faut aussi être conscient que parfois, c’est la personnalité d’une personne, sa façon de vous parler, son attention, son regard et ses caresses qui font qu’on devient amoureux. Ces détails-là ne sont pas évidents sur le Net », estime ce dernier.

Quid du sexe ? « Le sexe est une question d’alchimie. Il faut que la magie opère entre deux personnes pour que cette union soit réussie. Avec un calcul fait en ligne, il est fort probable de retrouver deux personnes qui s’engagent sans vraiment avoir les étincelles qu’on retrouve chez les amoureux classiques », ajoute-t-il.

La prudence est de mise pour les personnes qui veulent se lancer sur le « online dating » car de nombreux dangers guettent ce monde virtuel, selon le psychologue. Derrière certains profils se cachent des pervers, des profiteurs et surtout des obsédés sexuels.

Halte aux harcèlements sexuels

En effet, une nouvelle étude réalisée du 17 au 19 octobre par l’Ifop pour UfancyMe vient démontrer que les sites de rencontre peuvent être une véritable source de problèmes pour les femmes. L’étude parle des différentes formes d’irrespect vécu sur ces plateformes en ligne. Constat : plus de 2 femmes interrogées sur 3 ont été victimes de harcèlement sexuel au moins une fois.

Parmi ces actes de harcèlement, 51% des femmes ont subi des avances répétées, 49% ont reçu des propos obscènes, 42% ont reçu des dick pic (photos de pénis non sollicitées) et 31% ont fait l’objet de remarques ou insultes sexistes. Parmi les personnes interrogées, ce sont principalement les moins de 25 ans qui subissent ce harcèlement sexuel, puisque 63% des moins de 25 ont reçu des dick pic.

Au total, 69% ont été victimes d’au moins une forme de harcèlement sexuel. Parmi elles, 64% estiment que ces agressions sont aussi violentes que si elles étaient vécues dans la vie réelle. Un nombre exorbitant de 12% estime que ces agressions sont plus violentes que dans la vie réelle, alors même que les femmes subissent du sexisme ordinaire tous les jours. Face à ces nombreuses remarques et insultes, 89% des femmes ont envisagé de bloquer ou ont bloqué la personne qui les menaçait ou les harcelait.

Rencontres désagréables et ruptures désobligeantes

Une fois passée la phase des premiers échanges virtuels, parfois désagréables, impliquant une phase de tri, une première rencontre IRL (In Real Life) est envisageable. Il arrive pourtant que l’expérience vécue lors du premier rendez-vous ne soit pas aussi agréable que prévu. Il est ainsi arrivé au moins une fois à 67% des personnes interrogées que la personne rencontrée ne corresponde pas au profil présenté sur le site.

Les formes de rupture après un ou plusieurs rendez-vous peuvent également apparaître comme désobligeantes, ainsi 55% des personnes interrogées ont déjà vécu du ghosting, c’est-à-dire une rupture sans donner de nouvelles du jour au lendemain.

40% ont déjà subi du submarining, ghosting suivi d’une réapparition soudaine de la personne, sans prendre la peine de s’excuser ou d’expliquer son absence. 37% ont déjà vécu du mosting (lorsque la personne souhaite initialement s’investir dans une relation amoureuse, puis y renonce en prétextant ne jamais avoir envisagé ce type d’engagement). 30% ont déjà vécu de l’orbiting (ghosting, mais la personne continue à suivre les activités de la personne ghostée sur les réseaux sociaux).

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