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Sexualité : la pornographie, un refuge pour combler le manque d’information des plus jeunes ?

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Conscients que la pornographie peut véhiculer une vision biaisée du sexe, nombreux sont les jeunes qui s’en remettent malgré tout à ce type de contenus pour combler leurs lacunes en matière de sexualité. C’est ce que révèle un sondage, qui met en lumière un déficit d’information chez les plus jeunes, la Gen Z, à l’égard des pratiques sexuelles, et plus largement de la sexualité.

Pourquoi les jeunes se tournent-ils vers la pornographie, et en quoi ces contenus impactent-ils leurs pratiques sexuelles et leur vision de la sexualité ? C’est pour répondre à ces questions que la marque de préservatifs Eden Gen, créée par le laboratoire Majorelle, a fait appel à OpinionWay* pour réaliser un sondage auprès des principaux concernés, les 15-25 ans, et annonce le lancement du mouvement Sextember, le mois sans porno. Premier constat, et non des moindres, la Gen Z fait bel et bien état d’un manque d’informations en matière de sexualité.

On apprend qu’une écrasante majorité de répondants (85%) affirment avoir une bonne connaissance des risques liées aux infections et maladies sexuellement transmissibles (IST et MST). Un constat positif en somme. En revanche, moins de trois jeunes âgés de 15 à 25 ans sur dix (27%) déclarent disposer d’un bon niveau de connaissance sur la sexualité en elle-même. Des lacunes qu’ils comblent en se tournant vers la pornographie, en partie tout du moins. Plus d’un tiers des sondés (38%) considèrent que la pornographie a joué un “rôle important” dans leur éducation sexuelle, et 41% qu’elle va jusqu’à impacter leurs pratiques sexuelles.

“Aujourd’hui, en matière d’éducation sexuelle, il n’y a pas d’alternatives. Le sexe reste un sujet tabou, une source d’angoisse et un univers complexe dans lequel se mêlent préjugés et idées reçues. Les jeunes se tournent également vers les contenus pornographiques car c’est une source de plus en plus facile d’accès. C’est donc cette combinaison de deux facteurs qui explique ce rôle important de la pornographie dans leurs pratiques sexuelles. Nous vivons dans une société où les codes du porno se retrouvent un peu partout : télé-réalité, clips musicaux… Tout cela participe à créer un environnement qui fausse les références en matière d’éducation sexuelle”, explique Stéphane Iperti, porte-parole de Sextember, à ETX Studio.

Notons que les jeunes Français ne sont pas les seuls à voir en la pornographie une sorte de refuge pour s’informer sur la sexualité. En janvier dernier, une étude menée par des chercheurs de la Boston University School of Public Health et de l’Indiana University School of Public Health-Bloomington révélait qu’un quart des Américains âgés de 18 à 24 ans voyaient en la pornographie une source d’information utile en matière de relations sexuelles.

Sextember, un mois sans pornographie

S’ils sont en quête d’informations à travers ces contenus pornographiques, les jeunes n’en sont pas moins conscients que ceux-ci ne reflètent pas la réalité. Huit répondants sur dix affirment savoir que la pornographie donne une image fausse de la sexualité et dégradante de la femme, tandis que plus des trois quarts (77%) estiment qu’elle peut générer des comportements violents lors du passage à l’acte.

Face à ces conclusions, Eden Gen souhaite lancer le mouvement Sextember qui convie chacun à passer un mois, septembre en l’occurrence, sans pornographie. L’objectif étant de permettre aux plus jeunes de découvrir la sexualité autrement, à travers des contenus “ludiques et attractifs”, et de briser les idées reçues véhiculées par les images pornographiques auxquelles ils sont souvent confrontés.

“Il faut créer des ‘points de contact’ vers lesquels les jeunes peuvent se tourner rapidement, simplement, lorsqu’ils veulent s’informer sur la sexualité. Il est important que ce point de contact soit fiable – pour que les jeunes aient confiance dans les informations données – mais qu’il utilise également leurs ‘codes’ – pour qu’ils aient envie d’en savoir plus sur les informations données. C’est ce que nous souhaitons faire chez Eden Gen avec le lancement de Sextember. L’une des finalités de ce mouvement du mois sans porno est de contribuer à aider ces jeunes à se retrouver, à se comprendre, à se respecter. Une éducation sexuelle délaissée a des conséquences néfastes sur les rapports hommes-femmes et biaise les relations dans ce qu’elles ont de fondamental”, précise Stéphane Iperti.

*Cette étude a été réalisée par OpinionWay pour Majorelle du 30 juin au 2 juillet 2021 auprès d’un échantillon de 1.045 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, et un échantillon de 503 personnes représentatif des jeunes français âgés de 15 ans à 25 ans.

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