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Vieillissement de la population : un enjeu majeur pour la Santé

En cette Journée internationale des personnes âgées, l’ONG Groupement FIAPA nous dévoile un rapport publié il y a quelques jours par l’AARP (auparavant American Association of Retired Persons) auquel elle a participé.

Le rapport fait mention des mesures qui ont été prises par Maurice pour répondre aux besoins de sa population vieillissante. Il évoque notamment les enjeux auxquels le pays doit faire face concernant la santé et le bien-être des seniors.

La santé des seniors à Maurice

Ces dernières années, l’espérance de vie des personnes âgées a considérablement augmenté. En 2016, une personne âgée de 60 ans pouvait espérer vivre encore 20,7 ans, dont 15,9 ans en bonne santé. Toutefois, malgré l’augmentation de l’espérance de vie, les maladies chroniques telles que le diabète, les cardiopathies ou encore les AVC, représentent un enjeu de taille pour les Mauriciens.

D’après une étude menée en 2015, environ 265,000 personnes âgées de 20 à 74 ans souffraient de diabète et près de 20% de la population était prédiabétique. D’ailleurs, le diabète et l’insuffisance rénale qui en découle sont les premières causes de décès dans le pays.

La démence apparaît également comme un autre défi grandissant. Les dernières statistiques du Rapport Mondial d’Alzheimer de 2009 estiment que 4,000 à 7,000 Mauriciens seraient atteints de cette maladie. Cependant, à cause du manque de données précises et de recul, ce chiffre serait plus conséquent.

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Il est important que les aides-soignants et les responsables de ces centres soient mieux sensibilisés à la démence et à la maladie d’Alzheimer.

Des mesures pour répondre au vieillissement de la population

Même si l’île Maurice est très bien lotie en termes d’hôpitaux, de cliniques, de centres de soins et de médecins, le vieillissement de sa population a des conséquences sur les mesures que doit prendre le pays. Depuis les vingt dernières années, le système de santé publique se concentre sur les maladies non transmissibles qui représentent aujourd’hui 80% du budget de la santé.

De surcroît, le gouvernement met actuellement en place un service national du diabète (NSFD) axé sur la prévention du diabète et ses complications, ainsi que sur l’amélioration des conditions de vie des diabétiques.
De même, les maladies liées à la vieillesse, telle que la démence, demandent également une plus grande attention et un financement plus important.

En effet, le système actuel manque de soins spécifiques et d’activités adaptées pour les personnes souffrant de démence et qui vivent dans les maisons de repos. D’ailleurs, il est important que les aides-soignants et les responsables de ces centres soient mieux sensibilisés à la démence et à la maladie d’Alzheimer.

Les aides-soignants bénévoles, quant à eux, manquent véritablement d’appui. Enfin, les échanges entre les professionnels de la santé, les responsables des maisons de santé, les aides-soignants et les familles sont toujours insuffisants. Pour cela, le gouvernement s’est engagé d’ici 2021 à prendre des mesures.

Dans cette optique, il peut compter sur le soutien de l’Alzheimer Association of Mauritius pour relever ce défi. En effet, depuis 2004, l’association gère un centre spécialisé à l’intention des personnes atteintes d’Alzheimer et de démence. Elle prévoit d’ouvrir la première clinique de Maurice spécialement dédiée au diagnostic précoce de la démence. Cela permettra non seulement de prendre en charge les patients plus tôt, mais aussi de fournir de meilleures statistiques sur le nombre de personnes atteintes dans le pays.

De nouvelles initiatives pour des professionnels de la santé plus qualifiés

Le gouvernement et les ONG du pays travaillent main dans la main pour offrir un plus grand nombre d’établissements de santé adaptés aux personnes âgées. Bien que le nombre de maisons de retraite privées ait augmenté, le nombre de maisons de retraite du domaine public est loin d’être suffisant.

En cause, le manque de personnel qualifié. Pour y remédier, le gouvernement travaille en étroite collaboration avec MobiQual, un service de formation qui vise à améliorer la prise en charge des seniors. Le service offre des formations aux responsables des maisons de santé, aux infirmiers, aux ambulanciers et aides-soignants sur des sujets spécifiques liés à la santé des aînés tels que la dépression, le bien-être, la nutrition, les soins palliatifs ou encore la maladie d’Alzheimer.

« Former dans les différents domaines, les docteurs, les généralistes et tous les professionnels de la santé qui côtoient de près ou de loin les personnes âgées est une nécessité », indique Pascale Dinan, à l’initiative MobiQual et du Groupement FIAPA.

Alors que MobiQual se concentre sur la formation des professionnels de la santé, Living Change propose une approche tout à fait différente, centrée davantage sur les besoins de l’individu. Living Change espère pouvoir apporter cette méthode dans les maisons de santé à Maurice.

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