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Polymédication : nos aînés sont les plus concernés

La polymédication touche particulièrement nos aînés. Mais que signifie-t-elle ? Et représente-t-elle un danger pour la santé ? Le Dr Pascale Dinan, gériatre et présidente de l’ONG Groupement FIAPA, répond à nos interrogations.

Qu’est-ce que la polymédication ?

La polymédication intervient lorsque plusieurs pathologies doivent être traitées chez un même individu. Elle concerne généralement les personnes du grand âge, c’est-à-dire de 60 ans et plus. En effet, ces dernières sont souvent polypathologiques et souffrent de maladies chroniques. Beaucoup d’entre elles se voient alors suivre plusieurs traitements en continu, ce qui peut augmenter le risque d’accident. C’est ce qu’on appelle l’iatrogénie médicamenteuse. Car si la polymédication a du bon et qu’elle est bien souvent inévitable pour la santé de l’individu en question, elle peut dans certains cas, entraîner des effets indésirables. En cause, les interactions que peuvent avoir les médicaments.

Quels effets indésirables ?

Les seniors sont beaucoup plus exposés aux effets indésirables et aux risques d’une polymédication. Étant donné que leur métabolisme est plus lent et que leurs reins mettent plus de temps à éliminer les médicaments, cela peut avoir des répercussions sur leur santé.

« Les effets indésirables font généralement suite à une réaction non souhaitée entre plusieurs médicaments. Ils peuvent également être le fruit d’une mauvaise prise de médicaments, si le patient ne respecte pas les recommandations de son médecin, mais aussi à des excès ou encore lorsqu’il ne prend pas du tout tel ou tel médicament. Les risques sont donc plus élevés », explique le Dr Pascale Dinan.

D’autre part, il est assez difficile de prévoir quels peuvent être les effets secondaires d’une polymédication sur la santé. En effet, cela dépend à la fois des groupes de médicaments, mais aussi des personnes. Chaque personne réagit de manière différente à un médicament donc les effets sont quasiment imprévisibles. Dans certains cas, les interactions médicamenteuses liées à une polymédication peuvent conduire à une diminution de l’autonomie, à une perte de mobilité, à des états confusionnels… Mais elles peuvent aussi se manifester par des troubles du rythme cardiaque ou encore de la tension artérielle. Enfin, les interactions médicamenteuses peuvent également retarder le diagnostic de certaines maladies. Bien souvent, les effets indésirables auront des enchaînements en cascade, un problème en entraînant un autre.
Il est possible de limiter les effets d’une polymédication à condition que les prescripteurs se concertent et que la communication entre le patient et les médecins soient claire et précise.

Quel est le rôle du médecin ?

« Le prescripteur, ou plutôt le médecin doivent jouer un rôle de première ligne dans la relation avec son patient. Il doit avoir un regard global et un suivi régulier quant aux ordonnances d’une polymédication et aux effets qui peuvent en découler », explique la gériatre. « D’autre part, il est primordial qu’une relation de confiance s’établisse entre le patient et son médecin. L’idéal pour un patient qui prend plusieurs traitements est d’avoir un médecin sur lequel il peut compter en fonction de ses besoins et entre deux consultations », ajoute-t-elle.

Attention à l’automédication

Un des dangers liés à la polymédication vient aussi du fait que certains individus pratiquent l’automédication. « Il ne faut surtout pas suivre les conseils de quelqu’un ou aller se renseigner sur internet pour savoir quel médicament prendre pour soulager une douleur quand on prend déjà plusieurs traitements quotidiennement », explique le Dr Pascale Dinan.

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