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La Covid-19 a exacerbé les échecs du status quo dans les soins de santé mentale (ONU)

La pandémie de Covid-19 a exacerbé les échecs du statu quos dans les soins de santé mentale, a affirmé un Expert indépendant des droits de l’homme de l’ONU, lors de la présentation d’un nouveau rapport au Conseil des droits de l’homme.

Selon Dainius Pūras, Rapporteur spécial sur le droit à la santé, la pandémie est l’occasion pour la communauté internationale de démontrer sa volonté politique de s’éloigner de la médicalisation et de l’institutionnalisation des soins de santé mentale.

« Le nouveau coronavirus offre à la communauté internationale une occasion unique de faire preuve de volonté politique pour s’éloigner de la médicalisation et de l’institutionnalisation des soins de santé mentale », a-t-il déclaré.

En effet, a fait observer M. Pūras, les établissements psychiatriques, les institutions de prise en charge des personnes âgées et des jeunes, de même que les lieux de détention, se sont avérés être des «zones à risque» pour la propagation du virus.

D’une manière générale, l’Expert indépendant onusienne trouve que le nouveau coronavirus a alimenté la détresse mentale, l’anxiété et la peur en raison de la propagation du virus, de l’éloignement et de l’isolement, mais aussi des ralentissements socio-économiques, du chômage et de l’augmentation des violence domestiques et d’autres types de violence.

« Si nul ne sait pour l’heure quelles seront précisément les conséquences de cette pandémie et les mesures à prendre, on s’attend toutefois à des défis de taille et de nouvelles perspectives dans le domaine de la santé mentale, dont il faut dès à présent tenir compte », a fait valoir M. Pūras dans son rapport.

Plus largement, il a exhorté les États, la société civile, les organisations psychiatriques et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à changer la façon dont « nous comprenons et répondons aux défis de la santé mentale ».

« Je me félicite de la reconnaissance internationale de la santé mentale, mais il reste encore beaucoup à faire », a-t-il déclaré.

Le monde doit changer la façon dont les défis de la santé mentale sont abordés, selon l’Expert

A son avis, le status quo mondial en matière de santé mentale devrait s’écarter de l’approche dépassée « folle ou mauvaise » qui cherche à prévenir les comportements jugés « dangereux » ou à fournir un traitement considéré comme « médicalement nécessaire sans consentement ».

Pour M. Pūras, la domination du modèle biomédical a entraîné « un recours excessif à la médicalisation et à l’institutionnalisation ». Il a donc mis en garde contre les avantages exagérés des médicaments psychotropes.

Il a également relevé que leur efficacité n’est pas comparable à celle d’autres médicaments essentiels pour certaines conditions physiques, comme par exemple les antibiotiques pour les infections bactériennes.

« J’apprécie les progrès réalisés pour comprendre le rôle des médicaments psychotropes, mais je reconnais également qu’il n’existe pas de marqueurs biologiques pour les conditions de santé mentale », a-t-il fait valoir. Par conséquent, les mécanismes spécifiques par lesquels « les médicaments psychotropes pourraient être efficaces sont tout simplement inconnus », a souligné le Rapporteur spécial.

L’expert indépendant onusien a ainsi réitéré son appel pour que les actions et les investissements en matière de soins de santé mentale soient réorientés vers des soutiens fondés sur les droits, vers des alternatives non coercitives.

Selon lui, ces investissement doivent prendre en compte aussi les déterminants psychosociaux de la santé, et tendre vers le développement et le renforcement de pratiques non violentes, dirigées par les pairs, informées sur les traumatismes, dirigées par la communauté, ainsi qu’un système de guérison tenant compte de la de la dimension culturelle.

« Je demande une fois de plus l’élimination définitive des institutions psychiatriques séparées spécialisées et à l’écart du reste de la société et qui reflètent l’héritage historique de l’exclusion sociale, de la marginalisation, de la stigmatisation et de la discrimination », a conclu M. Pūras.

(Source : ONU Info)

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