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Bien-être & stress : l’impact de la dépendance au travail à l’étude

Les comportements en milieu professionnel renvoient aux sentiments que nous ressentons à l’égard des divers aspects de notre environnement professionnel. L’une des variables essentielles qui impactent la qualité de vie des employés est leur dépendance professionnelle.

À l’occasion de la Journée mondiale du bien-être, observée le samedi 10 juin, il est opportun de faire une auto-évaluation afin de déterminer notre position actuelle. Une étude est actuellement menée par l’Université de Maurice dans le but d’analyser les pensées, les émotions et les comportements des individus en relation avec leur activité professionnelle.

L’environnement professionnel exerce une influence directe sur notre bien-être global. Le degré de tension et de contentement qu’il suscite joue un rôle majeur dans nos perceptions vis-à-vis de notre travail. Afin de déterminer les différents facteurs qui influencent notre attitude, l’Université de Maurice mène actuellement une nouvelle étude auprès des employés sur la dépendance au travail.

Harshalini Bundhoo, chargée de cours et chercheuse au département des études sociales à l’Université de Maurice.

Harshalini Bundhoo, chargée de cours et chercheuse au département des études sociales à l’Université de Maurice, explique : « Cette étude a notamment pour objectif de fournir des données sur la prévalence élevée liée au stress chronique sur et hors du lieu de travail qui sont directement imputables à la dépendance au travail à travers le monde. De plus, nous voulons comprendre quels sont les facteurs qui contribuent le plus à l’addiction et à la dépression liées au travail et à l’épuisement professionnel, afin de développer les meilleures pratiques de prévention et de traitement », explique-t-elle.

De plus, les résultats de cette étude pourront fournir une base scientifique pour la préparation de recommandations aux gouvernements concernant les conditions de travail. L’objectif est aussi de proposer un support additionnel dans l’élaboration des politiques et procédures des organisations concernant le climat de travail et les valeurs organisationnelles afin de minimiser le risque de dépendance au travail et d’atténuer ses effets sur la santé et le bien-être. Du coup, elle peut contribuer à une réduction significative de la souffrance humaine dans le monde du travail et à une amélioration de la productivité des organisations, des institutions et de l’économie des pays selon elle.

Forces et faiblesses

« Cependant, à ce jour, le grand public dispose encore de peu d’informations sur la dépendance au travail et de son impact. De ce fait, de nombreuses personnes qui en souffrent ne savent pas qu’elles peuvent demander de l’aide », précise Harshalini Bundhoo. Et en participant à l’étude, les personnes obtiendront des informations détaillées sur leur fonctionnement psychosocial au travail, y compris les risques d’addiction, de dépression liée et d’épuisement professionnel. « Cela peut aider à identifier les forces et les faiblesses personnelles et organisationnelles et à améliorer les performances professionnelles et le bien-être dans et en dehors de l’environnement de travail », indique-t-elle.

Par la suite, les participants sont dirigés vers une page Web où des informations détaillées concernant l’interprétation de leurs résultats sont disponibles, ainsi que des recommandations sur des solutions potentielles d’auto-assistance et professionnelles. D’ailleurs, au-delà de l’étude, une page Web (www.workaddiction.org) est également lancée sur l’addiction au travail. Elle est progressivement traduite dans plus de 40 langues.

« Cette page Web est conçue notamment pour fournir les connaissances scientifiques les plus récentes sur l’addiction au travail, ainsi que des informations sur les endroits où chercher de l’aide en cas de problème d’addiction. Le but est de sensibiliser au problème à l’échelle mondiale et d’offrir une plateforme de collaboration internationale pour les scientifiques, les praticiens, les organisations à but non lucratif, les institutions, les étudiants et les médias », explique-t-elle.

Comprendre l’addiction au travail

Actuellement, les chercheurs travaillent sur l’élaboration d’une définition largement reconnue de la dépendance au travail en tant que dépendance comportementale. Une telle définition décrivant les symptômes cruciaux de la dépendance au travail peut être utile pour développer des critères officiels de diagnostic de ce comportement problématique. Et jusqu’à présent, plusieurs symptômes diagnostiques de la dépendance au travail définis dans le cadre clinique ont été étudiés scientifiquement.

Parmi les critères valables pour reconnaître la dépendance au travail, on retrouve ces sept points :

  • Vous êtes continuellement absorbé par votre activité professionnelle, que ce soit en planifiant vos tâches en permanence ou en réfléchissant à la manière d’allouer davantage de temps à vos responsabilités.
  • Vous consacrez considérablement plus de temps que prévu initialement à vos obligations professionnelles ou vous ressentez une pression croissante pour en faire toujours plus et travailler sans relâche.
  • Vous travaillez pour réduire les sentiments de culpabilité, d’anxiété, d’impuissance et de dépression ou pour oublier vos problèmes personnels.
  • Malgré les conseils de certains de réduire votre charge de travail, vous avez négligé leurs recommandations ou vous avez tenté en vain de diminuer le temps que vous consacrez à votre activité professionnelle.
  • Vous devenez stressé si on vous interdit de travailler.
  • Vous privilégiez le travail aux passe-temps, aux loisirs et à l’exercice.
  • Vous travaillez tellement que cela a eu une influence négative sur votre santé ou votre sommeil.

Une équipe internationale

Le projet est mené par une équipe internationale dirigée par Edyta Charzyńska de l’Université de Katowice, en Pologne, et Paweł Atroszko de l’Université de Gdańsk, en Pologne également. L’étude fait partie d’un vaste projet de recherche international examinant le rôle des facteurs de niveau macro (c’est-à-dire culturels et socio-économiques), de niveau méso (c’est-à-dire organisationnels) et de niveau micro (c’est-à-dire individuels) dans la dépendance au travail et les problèmes de santé connexes.

Menée dans plus de 60 pays à travers le monde, dont six continents, il s’agit de l’étude la plus complète sur la dépendance au travail menée à ce jour. Le projet fait appel à des experts de renommée mondiale dans le domaine de l’addiction au travail, notamment des chercheurs en addictologie, des psychologues cliniciens et des psychologues du travail et de l’organisation, ainsi qu’à une équipe de plus de 100 chercheurs dans le monde entier.

Enquête anonyme et volontaire

Pour participer à l’étude, il suffit de répondre à quelques critères et parmi, il faut que le participant vive à Maurice et détienne la nationalité mauricienne. Il doit aussi être âgé de 18 ans ou plus et travaille dans une organisation regroupant au moins 10 employés au total et qu’il soit employé depuis au moins un an et soit à temps plein. L’enquête dure environ 15 minutes et la participation est anonyme et volontaire. Elle peut se faire en français ou en anglais.

Voici le lien de l’étude :

En anglais : https://experior.limesurvey.net/735996?lang=en

En français : https://experior.limesurvey.net/227286?lang=fr 

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