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Reflux gastro-œsophagien : quelles conséquences sur la santé ?

Le Reflux gastro-œsophagien, aussi appelé le GERD est une maladie chronique.  Elle se définie par un trouble sensori-moteur lié à une modification des mécanismes d’anti reflux. De nombreuses personnes en souffrent et plusieurs symptômes peuvent alerter. Le Dr Irfaan Daureewaoo revient aussi sur les facteurs de risque et les traitements disponibles.

Dr Irfaan Daureeawoo
Dr Irfaan Daureeawoo

Selon la définition technique de la maladie, le GERD consiste à une altération de la fonction du sphincter œsophagien inférieur, le ligament phrénico-œsophagien, incluant des changements dans la physiologie normale notamment le péristaltisme œsophagien, une augmentation de la pression intra gastrique, une augmentation du gradient de pression abdomino-thoracique selon le Dr Irfaan Daureewoo.  Peu commun, mais pas négligeable, une sécrétion excessive d’acide gastrique connu comme le syndrome de Zollinger-Ellison.

« Une définition plus simple du GERD consiste lorsque l’acide gastrique retourne fréquemment de l’estomac vers l’œsophage par les mécanismes mentionnés. Ce reflux d’acidité provoque une irritation de la muqueuse œsophagienne », explique-t-il.

Quels sont les facteurs de risques ?

  • Obésité, liée à l’augmentation de la pression intra gastrique et augmentation de la capacité gastrique
  • Hernie hiatale
  • Grossesse : la pression intra gastrique augmente, au cours du deuxième et troisième trimestre par la modification anatomique et la dilatation de l’utérus pour s’adapter à cette croissance.
  • Troubles du tissu conjonctif, par exemple la sclérodermie
  • Tabagisme : des études démontrent des liens significatifs, associant la cigarette et le GERD. Les fumeurs souffrant d’acidité constante trouvent un soulagement de leurs symptômes une fois la cessation du tabagisme. Le tabagisme, est aussi lié à la complication de la maladie, notamment l’œsophage de barrett et le cancer de l’œsophage.
  • Repas lourd ou repas tardif dans la soirée
  • Consommer de certains aliments gras ou frits
  • La consommation de certaines boissons, comme l’alcool ou le café : la consommation d’alcool pourrait aggraver les symptômes de GERD et endommager la muqueuse œsophagienne. Les symptômes sont liés à l’irritation, l’inflammation gastrique et une modification du fonctionnement du sphincter œsophagien inferieur.
  • Certains médicaments, comme l’aspirine, surtout sans une protection gastrique.
  • Hypertension abdominale
  • Précédente intervention chirurgical

Les symptômes

Les symptômes du GERD sont catégorisés en trois parties : typique, atypique et alarmant. A savoir qu’une consultation est nécessaire si les symptômes alarmants sont présents chez les patients selon le Dr Daureeawoo.

Typique

  1. Pyrosis : brulure retro-sternale, plus commun après le repas
  2. Régurgitation d’acides : une sensation d’une remontée d’aliments de l’estomac.
  3. Hypersalivation

Atypique

  1. Nausée, éructation, hoquet
  2. Ballonnements
  3. Douleur de la poitrine : confondue à une crise cardiaque
  4. Toux persistante
  5. Voix enrouée
  6. Mauvaise haleine
  7. Exacerbation nocturne de l’asthme
  8. Alarmant
  9. Dysphagie (problème à avaler)
  10. Vomissement fréquent
  11. Douleur gastrique constante
  12. Une perte de poids
  13. Hémoptysie : cracher du sang
  14. Une anémie
  15. Masse épigastrique
  16. Non résolution des symptômes après 1-2mois de traitement médical.

Les complications

L’œsophagite, une condition où la muqueuse œsophagienne est creusée, menant vers des ulcérations.  « Une autre complication, principalement liée à l’inflammation des tissues adjacents, et les rétrécissements est une sténose œsophagienne. L’œsophage de Barret, le cancer de l’œsophage ainsi que les saignements intra gastrique sont d’autres complications », fait comprendre le médecin.

Il souligne ainsi que le diagnostic se fait dans la majorité des cas, par une interrogation et un examen physique.  Cependant l’examen de référence est l’endoscopie, surtout en présence des symptômes alarmants et un non résolution des symptômes par des mesures préventives et de traitements.  « L’endoscopie permet une visualisation directe de la muqueuse digestive, et permet aussi une biopsie au cas où des lésions sont détectées.  D’autres examens comme la pHmétrie, manométrie et un test d’Helicobacter pylore sont aussi utilisés », précise-t-il.

Le traitement

Pour ce qui est du traitement, le médecin recommande surtout une bonne hygiène diététique :

  • Cessez le tabagisme. Le tabagisme, est le coupable de plusieurs pathologies.
  • Des repas légers, fractionnés, au lieu de 3 repas lourds, il est recommandé de faire 5 repas légers.
  • Les patients en surpoids, il est conseillé de perdre du poids en pratiquant une bonne hygiène de vie, exorcises régulières.
  • Reconnaitre les aliments causant les brulures d’estomac et ne les plus consommer, par exemples les boissons gazeuses, l’alcool, les épices, les fruits acides.
  • Diminuer les produits à base de concentrer de tomate
  • Un repas n’est pas une course, prenez le temps de bien mastiquer et prenez le temps pour manger.
  • Surtout, attendre 2-3 heures avant de s’étendre ou d’aller se coucher.
  • Pour diminuer les brulures nocturnes, il est recommandé d’élever la tête de 15 cm au moins.
  • Evitez les ceintures trop serrées.
  • Consulter votre médecin généraliste pour une revue de votre médicament. Les médicaments, comme l’aspirine, les antis inflammatoires, le calcium pour l’ostéoporose et les somnifères aggravent les symptômes.  Si ces médicaments sont essentiels pour d’autres pathologies, un protecteur gastrique est indiqué.

Et, pour les traitements médicaux ou chirurgicaux sont dirigés ; souvent dépendant de la sévérité, de la fréquence et des complications. « Après consultation auprès d’un médecin, les médicaments tels que : les inhibiteurs de la pompe à proton (IPP) par exemple l’oméprazole et lansoprazole, diminuent et stoppent la sécrétion d’acide.  Ils agissent plus efficacement 30-40 minutes avant le repas.  D’autres médicaments comme les antagonistes H2, la ranitidine ou les anti-acides (Maalox, Gasvison) sont utilisés », conclut le médecin.

La prévalence

Le reflux gastro-œsophagien a une prévalence ascendante dans plusieurs pays en voie de développement selon le Dr Daureeawoo. Les mesures de pratique doivent être dans un contexte sensible, ayant pour but d’optimiser les soins par rapport aux ressources des systèmes de santé local.  L’impact du GERD et sa prévalence suscitent un intérêt considérable chez les professionnels de santé.  Une étude du Journal Gut démontre une prévalence dans les populations suivantes : 18-28% en Amérique du Nord, 9 -26% en Europe, 3-8% en Asie de l’est, 9-33% au Moyenne orient, 12% en Australie, 23% en Amérique du sud. Le GERD est une maladie chronique et non une maladie aiguë.  Donc, il a un retombé économique considérable en raison des couts liés à la gestion à long terme de la maladie.

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