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Leucémies, tumeurs cérébrales : ces cancers qui touchent les enfants

À Maurice, le nombre d’enfants qui sont diagnostiqués d’un cancer varie entre 20 à 30 cas annuellement. L’oncologue Sahiboullah Sohawon est en faveur d’un centre régional d’oncologie pédiatrique afin que le partage des connaissances médicales puisse bénéficier aux enfants et à leurs parents.

Annuellement, aux États-Unis, 12 500 enfants et adolescents, en moyenne, sont diagnostiqués du cancer et 2 000 décès, en moyenne, en découlent. À l’île Maurice, ce chiffre est nettement inférieur et représente 1% de tous les cancers diagnostiqués. Il varie entre 20 à 30 cas annuellement. « Il faut dire d’emblée que les cancers de l’enfant et de l’adolescent sont rares, mais, cependant, parmi les cancers les plus fréquents, on retrouve pour un tiers les leucémies (myéloblastiques et lymphoblastiques), pour un autre tiers les tumeurs cérébrales, les sarcomes impliquant les tissus mous de divers organes (rhabdomyosarcome ou léiomyosarcome par exemple de l’appareil génital) et les tissus durs (appelés ostéosarcomes) et les lymphomes (de type Hodgkinien ou non Hodgkinien) », explique le Dr Sahiboullah Sohawon, oncologue à la Clinique Darné, Floréal. D’autres encore plus rares, mais qui sont diagnostiqués occasionnellement, sont le neuroblastome, la tumeur de Wilms, le sarcome d’Ewing et le rétinoblastome.

Dr Sahiboullah Sohawon, oncologue à la Clinique Darné, Floréal.

Certains cancers pédiatriques forment partie d’un « syndrome » où il existe un risque de développer d’autres cancers plus tardivement dans la vie de l’enfant. Comme exemple, le nouveau-né ayant eu un rétinoblastome peut développer un ostéosarcome ultérieurement. Comme les cancers pédiatriques se développent tôt dans la vie, des anomalies génétiques appelées mutations génétiques sont la cause de ces cancers et ces mutations peuvent être détectées de nos jours. Ainsi certains syndromes, tels que le syndrome de Li-Fraumeni est lié à la mutation d’un gène suppresseur de tumeur appelé p53 ou TP53 et prédispose l’enfant à développer des sarcomes, des leucémies, des carcinomes ou des tumeurs cérébrales. Les mutations génétiques peuvent être soit dominantes, soit récessives. Une mutation dominante d’un gène sur un chromosome donné, tel que le gène RB1 entraine le rétinoblastome de l’enfant. Tandis qu’une mutation récessive, il faut deux évènements qui viennent modifier, à différents moments de la vie de l’enfant, les 2 gènes aussi appelés allèles (paternel et maternel) pour générer un cancer (selon la théorie de Knudson).

Traitements durs

La bonne nouvelle concernant les cancers de l’enfant, c’est que la majorité d’entre eux sont curables (approximativement 80%). Cependant, les traitements sont coûteux, durs et longs pour l’enfant et les parents. De plus, ils nécessitent également une prise en charge par plusieurs médecins formés (pédiatres et cancérologues, voire hématologues). De nos jours, la prise en charge du cancer de l’enfant ne doit plus se faire par un seul médecin, au contraire, il faut privilégier la multidisciplinarité médicale. Grâce, entre autres, à une prise en charge multidisciplinaire du cancer, la survie à 5 ans est passée de 58% entre 1975 et 1977, à 81% entre 1999 et 2005.

La plupart des enfants qui survivent au cancer ont souvent des limitations physiques, émotionnelles et fonctionnelles, ce qui les empêche d’atteindre leur plein potentiel de vie. « Ainsi, un nourrisson traité pour une tumeur cérébrale dans l’enfance peut avoir des troubles de l’adaptation psychomotrice à l’école primaire, qui ralentira son insertion parmi les enfants de son âge et nécessitera une attention spéciale de son instituteur(trice). Aux organismes concernés de créer une pédagogie adaptée afin de former des instituteurs(trices) spécialisé(e)s et des écoles publiques spécialisées afin d’aider ces enfants, à qui les progrès de la médecine et notamment de la cancérologie ont pu redonner un second souffle à leur vie », fait comprendre le médecin.

Approche spécialisée

Les progrès de la cancérologie pédiatrique impliquent une meilleure approche chirurgicale avec la création dans plusieurs pays d’unités de chirurgie pédiatrique. Ces chirurgiens développent ainsi une expertise dans divers types de corrections malformatives et d’ablation de tumeurs par voie chirurgicale avec un minimum d’effets secondaires postopératoires. Contrairement aux adultes qui tolèrent souvent mal les hautes doses de chimiothérapie, les enfants les tolèrent assez bien. Souvent, les protocoles de chimiothérapie des enfants requirent l’usage de plusieurs médicaments et leurs doses respectives sont élevées. Quant à la radiothérapie, c’est la protonthérapie qui est privilégiée – un accélérateur linéaire qui produit non pas des rayons X de haute énergie, mais des faisceaux de protons (ions hydrogène), qui bombardent la tumeur de manière extrêmement précise avec quasi zéro effet secondaire.

La prise en charge des cancers de l’enfant a connu un énorme progrès ces dernières décennies et nécessite une approche spécialisée impliquant l’avis de plusieurs spécialistes. « Vu la complexité et la rareté de ces cancers, il serait souhaitable qu’un centre régional d’Oncologie Pédiatrique impliquant les pays de l’océan Indien, puisse voir le jour afin que le partage des connaissances médicales puisse bénéficier à ces enfants et leurs parents », fait ressortir le Dr Sahiboullah Sohawon.

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