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Le syndrome de l’accent étranger : une maladie rare

Trouble peu connu du grand public, le syndrome de l’accent étranger est au centre de l’intrigue du premier roman de l’auteure franco-mauricienne, Mariam Sheik Fareed. Le neurologue Praneel Gayan nous en dit plus sur cette maladie rare.

Se réveiller avec un accent qui n’est pas le sien est rare mais pas impossible. Il s’agit du syndrome de l’accent étranger, qui est souvent la conséquence d’un choc. Le syndrome de l’accent étranger correspond à des modifications de l’élocution chez une personne. Les symptômes se déclinent en de profonds changements dans les sons produits lorsque le patient parle sa langue maternelle. Il communique à son entourage avec un accent étranger, d’où le nom du syndrome.

Le neurologue Praneel Gayan.

La personne ne parle pas réellement avec un accent étranger spécifique d’une région ou d’un pays, mais il s’agit simplement de la perception de la distorsion de la prosodie – la « mélodie » de la parole. Ce trouble peut se présenter seul ou s’accompagner de troubles concernant :

• le (s) versant(s) production (orale ou écrite) et/ou compréhension – l’aphasie,
• la programmation et l’exécution de gestes ou routines, par exemple se brosser les dents – l’apraxie,
• l’articulation dans la production du langage oral – la dysarthrie.

Si le syndrome de l’accent étranger ne se présente pas de façon isolée, l’hypothèse d’une influence organique est soutenue. En effet, les origines du trouble le plus souvent rapportées sont acquises, c’est-à-dire qu’un événement cérébral en est le déclencheur. Elles incluent les accidents vasculaires cérébraux et les traumatismes crâniens, le plus communément concernant l’hémisphère gauche du cerveau, qui est essentiel pour le langage chez la plupart des personnes.

Il existe néanmoins des cas dits développementaux, en d’autres mots qui apparaissent chez les enfants et qui sont reliés à des déficits neuropsychologiques relatifs notamment aux capacités visio-spatiales et à des troubles spécifiques du langage. Une forme psychogène – sans démonstration convaincante d’une implication organique – est aussi reconnue. Enfin, il existe une variante mixte. Celle-ci combine le déclencheur organique à des changements psychologiques majeurs, comme la modification du comportement ou de la personnalité pour augmenter la cohérence de l’identité personnelle avec l’accent.

Plus de recherches sur le sujet

« Étant donné la rareté du syndrome de l’accent étranger, plus d’études de cas cliniques sont nécessaires afin de déterminer les critères diagnostiques même si cette démarche est en voie de concrétisation », fait comprendre le neurologue Praneel Gayan. Par définition, un syndrome est une collection de signes et de ce fait, est causé par des antécédents. L’élimination de ces derniers et/ou la réparation des dommages qu’ils ont engendrés pourrait aider les patients à se défaire de leur « accent étranger ».

Ces cas médiatisés à travers le monde

Le syndrome de l’accent étranger est plutôt rare mais ceux qui l’ont vécu racontent la difficulté à reprendre une vie normale. Julie Matthias, une Britannique de 49 ans, qui souffrait d’une violente migraine, a vu un changement brutal dans sa façon de s’exprimer. Avec un accent étranger, sa vie a basculé et est vite devenue incompréhensible pour son entourage. Idem pour sa compatriote Sarah Colwill qui s’est aussi retrouvée avec un accent chinois suite à une série de migraines. Le plus dur c’est que cet accent est apparu soudainement alors que Sarah Colwill n’a jamais mis les pieds en Chine. En 1999, Wendy Hasnip, encore une Britannique, s’est retrouvée avec un accent français.

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