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Le cancer de la prostate entraîne une baisse de la libido

Avec 144 nouveaux cas en 2016, le cancer de la prostate est le deuxième type de cancer le plus commun chez l’homme. Le nombre est appelé à augmenter avec le vieillissement de la population.

Si vous avez des difficultés à vider votre vessie au moment d’uriner, c’est peut-être dû à un problème au niveau de la prostate. Cependant, à ce stade, il ne faut pas penser qu’il s’agit d’un cancer, car ce sont une biopsie et diverses autres analyses qui vont le déterminer. C’est ce qu’a expliqué le Dr Yashin Mahamodhossen, cancérologue à l’hôpital Victoria, lors de l’émission Allô docteur de Radio Plus.

La glande de la prostate est située entre la vessie et le pénis. Elle est petite et elle a pour fonction de produire le liquide séminal qui favorise la transportation du sperme. Ce type de cancer a aussi une grande incidence sur la vie sexuelle du patient, car il entraîne une baisse de la libido et des problèmes érectiles, explique le spécialiste.

Signes

Avec l’âge, la glande a tendance à être hypertrophiée. Cela ne veut pas dire que c’est une cellule cancéreuse, même si elle va grossir. D’où parfois des symptômes urinaires. Dans le cas d’un cancer de la prostate, les cellules vont se multiplier de façon exponentielle sans qu’on ne puisse les contrôler dans certains cas.

Le cancer de la prostate ne présente pas de signes spécifiques. Cependant, quelques indications peuvent faire penser qu’il peut s’agir d’un cancer, dont les difficultés pour uriner ou la faible pression d’urine. « L’urine peut sortir en goutte-à-goutte, la vessie ne va pas bien se vider et il faut parfois attendre plusieurs minutes pour que toutes les gouttes soient évacuées », dit-il. La présence de sang dans l’urine ou au moment de l’éjaculation, la constipation et des douleurs lombaires peuvent être une indication d’un cancer de la prostate.

Selon le Dr Mahamodhossen, les troubles urinaires sont les symptômes les plus fréquents à Maurice. Certains présentent des douleurs aux os, ce qui peut signifier que le cancer s’est métastasé. Toutefois, plusieurs cancers peuvent se propager dans les os, précise le spécialiste.

Une biopsie et un test sanguin sont nécessaires pour déterminer si un patient souffre du cancer de la prostate ou pas. La biopsie peut se faire par voie rectale ou cystoscopique qui est l’examen de la vessie en passant par le passage urinaire. La paroi de la prostate peut être grattée pour apporter un soulagement.

On peut aussi effectuer un examen clinique de la prostate en passant par l’anus pour rechercher des nodules qui indiqueront s’il y a quelque chose d’anormal. Une imagerie à résonnance magnétique (IRM) peut se faire ultérieurement.

Prévalence

Il n’y a pas de causes spécifiques pour le cancer de la prostate. Il se manifeste particulièrement à partir de 60 ans, mais la maladie peut être héréditaire. Le risque d’avoir un cancer de la prostate est plus élevé chez les hommes qui ont des antécédents familiaux. Les études ont aussi démontré que les personnes d’origine africaine ont davantage tendance à développer le cancer de la prostate que les personnes de type asiatique. Il est aussi plus agressif chez ce groupe de personnes. Il y a différents grades de cancer de la prostate : peu agressif, agressif et très agressif.

Le dépistage précoce ne s’applique pas dans le cadre du cancer de la prostate, mais à l’apparition des symptômes, il est judicieux de consulter un médecin pour un diagnostic. Nul n’est à l’abri d’un cancer, mais le risque est moindre chez les moins de 50 ans en ce qu’il s’agit du cancer de la prostate. Cependant, en cas d’antécédents familiaux, les risques sont plus élevés peu importe l’âge. Si une personne a des troubles urinaires à 40 ans, il est souhaitable de se faire examiner afin de déterminer de quoi il s’agit exactement, conseille le médecin.

Consommer beaucoup d’eau ne réduit pas le risque d’avoir un cancer de la prostate. C’est une idée préconçue, selon le Dr Mahamodhossen. Selon lui, il n’y a pas de facteurs de risque précis pour le cancer de la prostate mais en général une mauvaise hygiène de vie peut contribuer au cancer.

Le cancer de la prostate ne peut être prévenu. Ne pas avoir une vie sexuelle active ne signifie pas non plus qu’on est plus à risque d’avoir ce type de cancer. Cependant, des précautions doivent être prises lors des relations sexuelles afin d’éviter une infection de la prostate. Des inflammations régulières peuvent aussi causer un cancer, indique le médecin. La masturbation ne protège pas contre le cancer de la prostate, a aussi soutenu le cancérologue. « Tous les hommes ont des risques d’avoir un cancer de la prostate. »

Traitements

Il existe différents traitements pour le cancer de la prostate : chirurgie, hormonale, radiothérapie et chimiothérapie. Le traitement est déterminé en consultation avec le médecin en fonction de l’état de la maladie et du stade où le cancer a été découvert.

La plupart des patients arrivent à tolérer les différents traitements. Un cancer de la prostate découvert à un stade précoce et qui n’a pas encore été métastasé peut permettre au patient de vivre au moins cinq ans dans plus de 90% des cas. On ne parle pas de guérison mais de contrôle de la maladie. La plupart des patients ne meurent pas du cancer de la prostate.

Dans beaucoup de cas, leur décès est une des conséquences d’autres comorbidités en raison de leur âge : diabète, hypertension, maladies cardiovasculaires. « Le décès d’un patient souffrant d’un cancer de la prostate n’est pas automatiquement lié à sa maladie mais peut y contribuer », précise le Dr Mahamodhossen.

Deuxième type de cancer chez les hommes

Selon le National Cancer Registry du ministère de la Santé, il y avait 144 nouveaux cas de cancer de la prostate en 2016, contre 139 en 2015. Ce deuxième type de cancer chez les hommes compte un taux de 13,6% sur le nombre total de nouveaux cas de cancer enregistrés à Maurice, soit 2 607. Sur les 1 236 décès liés au cancer, 5,3 % étaient dûs au cancer de la prostate.

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