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Foie gras humain : une maladie qui prend de l’ampleur

Surpoids, obésité, diabète, maladies cardiovasculaires, attaques cérébrales, maladies du foie gras humain sont autant de conséquences de la malbouffe. Une alimentation saine et équilibrée est pourtant simple, affirment Lavanya Sunassy-Pather, spécialiste en nutrition clinique et le Dr Iswaraj Ramracheya, consultant en diabétologie et endocrinologie au ministère de la Santé. Ils étaient les invités de l’émission Allô docteur de Radio Plus.

La malbouffe, c’est mal manger en consommant des aliments extrêmement riches en matières grasses saturées, en sucre raffiné et en sel, a expliqué Lavanya Sunassy-Pather, spécialiste en nutrition clinique. Une alimentation équilibrée doit contenir différents groupes de sources d’hydrates de carbone, des protéines et des fruits et légumes qui donnent des vitamines et des minéraux. « Actuellement, nous constatons que la consommation des aliments sains a diminué, contrairement aux aliments riches. » Ce qui démontre, selon elle, une tendance à la malbouffe. Une tendance mondiale qui n’épargne pas Maurice.

« C’est l’effet de la mondialisation, ajoute Lavanya Sunassy-Pather. On travaille jusqu’à fort tard et, quand on rentre, la cuisine est souvent une corvée. Bon nombre choisissent donc la facilité en achetant des aliments précuits ou déjà préparés.» Elle note une explosion des points de vente de fast-food avec divers menus selon les goûts et les bourses de chacun. « C’est tellement à la portée de tout le monde que beaucoup préfèrent ce type d’alimentation au lieu de prendre la peine de préparer un repas sain et équilibré pour la famille. »

Il faut savoir que ce n’est pas sans conséquences. « La surconsommation donne des maux de tête. Les aliments qui contiennent beaucoup de sel provoquent l’hypertension et la dépression, le diabète et les maladies cardiovasculaires. Quand on consomme des mets qui contiennent de la graisse, elle s’accumule dans les artères et génère des crises cardiaques et autres attaques cérébrales », a fait ressortir le Dr Iswaraj Ramracheya, consultant en diabétologie et endocrinologue au ministère de la Santé. Il ajoute que la malbouffe engendre le problème de sac de bile également et que cela peut avoir une incidence sur la sexualité, tant des femmes que des hommes.

De plus, avec la vie sédentaire de beaucoup de Mauriciens, il y a une prise de poids indéniable. « Le surpoids apporte l’obésité qui, à son tour, déclenche les maladies non-transmissibles (MNT) : diabète, hypertension artérielle, l’hyper-cholestérol et les maladies cardiovasculaires », a renchéri Lavanya Sunassy-Pather. Il y a aussi un phénomène moins connu mais qui prend de l’ampleur : c’est la maladie du foie gras humain ou la maladie du soda qui est une cirrhose non-alcoolique.

Une maladie silencieuse

« Le problème avec cette maladie, c’est qu’ils sont nombreux à être touchés sans le savoir, car elle est silencieuse et se présente avec des traces de gras sans que la personne ne soit alcoolique. Cela provient de son style de vie et ses mauvaises habitudes alimentaires. »

Selon la spécialiste en nutrition clinique, il n’y a pas que des produits transformés sur les rayons des supermarchés. « De nos jours, on parle d’aliments ultra-transformés comme, par exemple, les pizzas surgelées au fromage. Ce n’est pas naturel, c’est synthétique et ce n’est même pas à base d’aliments naturels. Ce n’est pas adapté à notre corps. On ne peut même pas dire que c’est un aliment, c’est un produit. Notre organisme n’a pas été fait pour assimiler et digérer ce type de produits et ses effets peuvent être très dangereux s’ils sont consommés sur une base régulière sans un apport en eau et suffisamment de fruits, de légumes, de fibres et de produits complets. Sur le long terme, tout cela aura de graves conséquences. »

Les causes de la malbouffe

Il y a de multiples raisons pour expliquer la tendance à la malbouffe. Parmi, il y a le mode de fabrication qui rend le produit goûteux et attractif, en particulier pour les enfants qui vont préférer cela à un repas composé de légumes par exemple, a expliqué le Dr Ramracheya.

Selon lui, il est plus facile pour les parents d’acheter de la nourriture en chemin lors d’une sortie en famille. Nombreux sont ceux qui vont privilégier une pâtisserie à une pomme. « Les gens ne réalisent pas la quantité de sucre qu’ils consomment en prenant un verre de boisson gazeuse qui contient entre sept et neuf cuillères de sucre. »

Pour perdre les calories d’un verre de boisson gazeuse, il faut courir pendant au moins dix minutes ou monter 120 marches d’un escalier.

Lavanya Sunassy-Pather recommande un changement de mentalité. « Aussi longtemps qu’une personne ne tombe pas malade, elle continuera avec ses mauvaises habitudes alimentaires et elle ne vas pas considérer les activités physiques comme étant importantes. Bon nombre attendent d’être malades pour aller voir un médecin ou un nutritionniste pour changer son alimentation. »

La spécialiste en nutrition clinique a aussi précisé que beaucoup refusent de prendre conscience que les troubles de santé peuvent être prévenus à travers une alimentation saine et équilibrée et la pratique régulière d’une activité physique. « On est tellement dans la facilité qu’on refuse de faire des efforts. » Il faut manger modérément. Il est conseillé de privilégier le riz et le pain brun, car ils contiennent plus de fibres et de vitamines.

Un repas équilibré consiste en :

• Féculents ou hydrates de carbone (riz ou pain complet)
• Protéines maigres (poulet sans peau, poisson, grains secs, œuf) et la viande rouge seulement deux fois par mois.
• Légumes cuits et crus pour un mélange de vitamines, de sels minéraux et d’antioxydants.
• Produits laitiers (demi-écrémé ou écrémé) comme source de calcium.
• Il faut privilégier l’huile végétale, les cuissons à vapeur, au four ou sauté à feu vif pour conserver le maximum de vitamines.

Campagne de prévention

Il faudrait davantage de campagnes de prévention sur l’importance d’une alimentation saine et équilibrée et les dangers que représente la malbouffe. « Il faut un forcing à ce niveau-là. Au lieu de parler aux personnes individuellement, il faudrait organiser des rencontres de masse, comme des groupes de famille ou du voisinage », souligne la spécialiste en nutrition clinique. Pour aider une personne à changer son alimentation, elle doit avoir le soutien nécessaire.

Interdire la publicité, c’est une utopie !

Ce sera difficile d’interdire les publicités concernant le fast-food, affirme Lavanya Sunassy-Pather, mais il faudrait peut-être en limiter le nombre de publicités. Selon elle, de nombreuses publicités ciblent directement les enfants avec des caricatures, des bandes dessinées et des jeux qui les attirent. « Nous devons faire attention, car les gens sont assez influencés par la publicité », a-t-elle souligné.

En contrepartie, la population devrait être consciencieuse et intelligente afin de faire le bon choix, car les industriels sont là pour vendre leurs produits. Le Dr Ramracheya estime aussi que ce n’est pas possible de bannir complètement la publicité sur le fast-food. Cependant, il est possible d’éduquer la population sur ce qu’elle consomme ainsi que sur la quantité.

« Il y a plusieurs types d’aliments et nous devons privilégier ceux qui ont beaucoup de fibres, tels les fruits et légumes. » Il conseille aussi de revoir le mode de cuisson. « Il faut éviter les fritures et privilégier les cuissons au four ou à la vapeur. Dans le fast-food, il y a beaucoup de produits frits qui contiennent beaucoup de sel, de graisses et de calories. Il faut les éviter. »

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