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Une allergie peut-elle être fatale ?

Le Dr Keser Pillai
Le Dr Keser Pillai

L’allergie est une maladie qui devient de plus en plus fréquente. Cette tendance est observée dans le monde selon le Dr Keser Pillai. L’allergologue revient sur les dangers des allergies qui peuvent être fatales et sur les allergènes qui peuvent, elles, être très variées.

C’est quoi une allergie ?

Une allergie, c’est essentiellement une hypersensibilité immunologique. C’est quand on devient extrêmement sensible à un allergène. Ceci est une substance chimique qui déclenche une réaction allergique chez une personne prédisposée. Par exemple, les graines de pollen sont composées de protéines, et d’autres substances chimiques, et certaines personnes ont des réactions allergiques du pollen faisant de lui un allergène. L’hypersensibilité allergique s’explique par une réaction immunologique qui se produit quand une allergie survient. Cette réaction se fait à travers un anticorps de type IgE. Et, c’est quand l’allergène se colle à cet anticorps que l’allergie est déclenchée.

Une allergie peut-elle être fatale ?

Malheureusement oui, on peut mourir d’une allergie. Il s’agit alors d’une allergie extrême qui est connue comme un choque anaphylactique. La réaction allergique dans le corps est tellement violente qu’il y a des cellules, des mastocytes qui déchargent des substances chimiques très toxiques qui font que la tension chute, les bronches se serrent, on commence à avoir des rougeurs et des démangeaisons très désagréables et si on n’intervient pas rapidement, la personne peut mourir. Cela peut se faire en quelques minutes. Il y a des gens qui sont morts en mangeant des cacahuètes et cela en moins de cinq minutes.

Comment devient-on allergique ? Est-ce de naissance ou peut-on développer une allergie à tout âge ?

On est né avec une prédisposition ou non à l’allergie. L’historique familial est très important. C’est rare qu’une personne développe une allergie s’il n’y a aucun antécédent dans la famille. On peut aussi avoir deux parents de constitutions allergiques mais qui n’ont jamais développé des allergies. Ceux qui développent des allergies sont nés avec une constitution atopique. Cela veut dire que le corps de la personne a une tendance à produire l’anticorps de l’allergie, l’IgE, en grande quantité. On peut être atopique sans avoir eu une allergie mais cela dépend aussi des circonstances. Les allergies peuvent surgir par la suite. Dans une population, il se peut que 20 % soient atopiques, donc, prédisposée à des allergies.

Comment détecter une allergie ?

En général, c’est assez facile de déceler une allergie. La réaction est assez immédiate. Dès que la personne mange quelque chose, sa bouche commence à gratter, son palais et d’autres réactions qui peuvent devenir gênantes. Si c’est plus sévère, il y a des crampes d’estomac, des diarrhées, des vomissements. Et, il y a la peau aussi qui peut être affectée. Il faut pouvoir réagir assez rapidement lors d’une poussée d’allergie car la condition de la personne peut devenir aggravante.

Quels sont les symptômes des allergies courantes ?

Les systèmes qui peuvent être affectés par une allergie sont d’abord le système respiratoire, ensuite la peau, et l’alimentaire. Pour celui du système respiratoire, il se peut que la personne ait le nez qui coule en permanence. On peut croire qu’elle a la grippe assez régulièrement mais cela peut être, en réalité, une allergie. Une toux persistante, surtout nocturne peut être le symptôme d’une allergie qui affecte le système respiratoire, notamment chez les asthmatiques. Aussi, l’allergie peut être très fréquente ou alors survient plus précisément lors des changements de saisons. Quand il s’agit de l’alimentaire, l’allergie reviendra à chaque fois que l’allergène est consommé.

Quelle est la différence entre une intolérance et une allergie ?

Pour une allergie, la maladie doit survenir à travers le mécanisme d’IgE. C’est-à-dire, l’allergène qui rentre en contact avec l’anticorps de type IgE. Pour savoir si une personne est allergique, il y a des tests qui se font sur la peau ou dans le sang et qui vont aider à détecter l’activité de ces anticorps de type IgE spécifiquement contre une substance. Par exemple, si une personne dit avoir des réactions du poisson, on va faire des tests avec des allergènes de poisson et il se peut qu’on ne trouve rien. À ce moment-là, on parle d’intolérance parce que la personne ne tolère pas ce produit spécifique. L’intolérance peut aussi être psychologique ou alors peut survenir à travers d’autres mécanismes immunologiques. Il y a beaucoup de gens qui sont intolérants à de nombreux produits mais ne sont pas allergiques. C’est une nuance qu’arrivent difficilement à comprendre certaines personnes d’où l’importance des examens.

Est-ce que les allergies peuvent se développer ou disparaître à certains stages de la vie ?

Beaucoup d’allergies, qu’elles soient respiratoires ou cutanées, ont tendances à s’estomper pendant la croissance. L’explication la plus simple est que notre système immunologique change pendant cette période de l’adolescence. Au fur et à mesure que l’âge avance, les allergies deviennent aussi moins fréquentes. Mais cela dit, on peut développer une allergie à n’importe quel âge, notamment avec des médicaments, cela concerne aussi les personnes âgées.

Quand consulter ?

Le médecin est catégorique : il faut être conscient des symptômes. Être attentif aux signes que nous donne notre corps est important. La toux chronique, le nez qui coule en permanence ou les bronchites à répétitions peuvent être des signes inquiétants. Il faut alors voir un médecin pour des tests d’allergies. D’abord, le diagnostic de l’allergie par l’allergologue repose sur l’interrogatoire. Ensuite, il y a l’examen du patient ainsi que la pratique de tests cutanés pouvant être accompagnés de tests de provocation et de tests sanguins qui permettent de confirmer le diagnostic.

Les symptômes

Les allergies alimentaires : des plaques rouges et blanches sur la peau, des démangeaisons, l’enflure des yeux, de la langue et du visage. En cas d’allergie plus grave, une réaction anaphylactique peut se produire.  Les symptômes apparaissent généralement dans les 30 minutes suivant la consommation de l’aliment.

L’asthme : une respiration sifflante, une sensation de serrement thoracique, de la difficulté à inspirer, et une toux sèche. Ces symptômes surviennent de manière épisodique.

L’eczéma atopique : des plaques rouges avec des croûtes de peaux sèches et des squames, à des endroits précis du corps, des démangeaisons.

La rhinite allergique : en présence de l’allergène, le nez qui pique et qui coule, des démangeaisons et des rougeurs aux yeux et une tension dans les sinus.

L’urticaire : une éruption passagère de papules rosées ou blanchâtres, avec des démangeaisons et une sensation de brûlure.

Les allergies au venin d’insectes : des éruptions cutanées rouges, de la douleur et de l’enflure à l’endroit où se trouve la piqûre, rapidement après avoir été piquée. En cas d’allergie plus grave, une réaction anaphylactique peut se produire.

La réaction anaphylactique : un serrement de la gorge, une difficulté à respirer, un pouls rapide, une pâleur, des nausées, des vomissements ou de la diarrhée. En cas de choc anaphylactique, s’ajoute une chute de pression pouvant entraîner une perte de conscience. Le choc anaphylactique peut être mortel.

Boutons, démangeaisons : et si c’était une allergie au soleil ?
Vous avez des petits boutons qui se mettent à coloniser votre décolleté. Et ils s’accompagnent de démangeaisons ? L’allergie au soleil, ou lucite estivale, peut avoir frappé. Apprenez à la reconnaître pour mieux y faire face. Chacune de ces éruptions solaires se manifeste de manière différente.

Lucite estivale bénigne

La lucite estivale est la plus fréquente des allergies solaires Mesdames, vous êtes les victimes de prédilection de cette allergie. La lucite estivale bénigne est favorisée par les œstrogènes.

Elle se présente sous forme de petits boutons rouges appelés “papules”. Leur terrain préféré : votre décolleté, vos avant-bras, vos épaules… Toutes ces zones qui se retrouvent exposées au soleil.

Ces boutons disséminés sur la peau s’accompagnent de démangeaisons intenses. Ils apparaissent entre 12 et 48 heures après une exposition solaire prolongée. Sans traitement, vous devrez endurer l’éruption pendant environ deux semaines. Elle récidivera à chaque exposition mais s’atténuera progressivement….

Lucite polymorphe

Comme son nom l’indique, la lucite polymorphe peut prendre différents aspects : larges plaques rouges assez épaisses, boutons, petites cloques… Son territoire de prédilection : toutes les zones exposées au soleil seront touchées, y compris votre visage ou votre cou, par exemple.

L’urticaire solaire

Il suffit ici d’une courte exposition au soleil (une quinzaine de minutes) avant que l’éruption ne survienne. Votre peau se couvre alors de plaques rouges surélevées qui vous démangent.

Comment prévenir et traiter les allergies solaires ?

  • Boutons, plaques ou cloques, il existe des médicaments qui permettent de soulager les démangeaisons et de diminuer l’intensité de l’éruption. Demandez-les à votre pharmacien.
  • Le principal traitement de l’allergie solaire reste néanmoins la prévention.
  • Evitez au maximum le soleil et protégez votre peau en la couvrant (vêtements, chapeau…) et en l’enduisant de crème solaire protectrice.
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