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Collectes publiques pour les malades : un parcours de combattant

Du jour au lendemain, leur vie a basculé. La maladie a fait son apparition et c’est tous les membres de la famille se retrouvent souvent endettés. Il ne leur reste qu’une solution : la collecte publique. Une voie semée d’embûches, d’insultes, d’humiliations, de boîtes vides et d’échéances. Souvent un calvaire dont ils se passeraient bien…

C’est en 2017 que la vie d’une famille bascule en apprenant que leur petite fille unique, âgée seulement d’un an, est anémique à tel point qu’elle doit se faire soigner en Inde. En effet, Maalaavi Raghoo souffre d’une ‘Severe Aplastic Anemia’ en 2017. Ses parents, Jashveer et Davina, sont aussi écrasés de douleur qu’impuissants.

La fillette est actuellement à Bangalore en Inde pour subir des traitements, mais la somme obtenue du gouvernement est insuffisante.

Le père de famille explique : « Au départ, nous avons vu des rougeurs au niveau des genoux de ma fille. Étant donné qu’elle venait d’apprendre à marcher, on pensait qu’elle s’était cognée ou que c’était dû aux
piqures de moustiques. Puis nous avons constaté que cela se propageait jusqu’à ses yeux. »

Le même jour, ils se ruent chez un médecin. « Nous l’avons emmenée chez son pédiatre qui a fait un test sanguin dont les résultats ont été un choc, poursuit Jashveer. Son taux d’hémoglobines avait considérablement baissé, elle a dû être admise à l’hôpital et les médecins lui ont fait une transfusion sanguine. Elle avait cessé de manger, elle avait perdu l’appétit».

Traitements à l’étranger

Quelques jours seulement après avoir pris connaissance du verdict du médecin, la tante de Maalaavi explique les procédures médicales qui ont été entreprises. Maalaavi reste à l’hôpital pendant deux longs mois, le temps de subir plusieurs examens à l’hôpital de Candos. « Ce n’est qu’au deuxième examen approfondi que le médecin nous a informés que sa maladie ne pouvait être traitée à Maurice», explique Lovena Golan.

«Nous étions paniqués. Nous avons d’abord pensé à un traitement en privé. Nous nous sommes dirigés vers plusieurs cliniques même si c’était financièrement difficile et c’est là que nous avons vraiment compris que le traitement ne pouvait être dispensé ici. »

Ensuite, les membres de la famille Raghoo se sont dirigés vers le ministère pour en savoir plus sur les procédures des traitements à l’étranger. « Après quelque temps, nous avons obtenu la confirmation que le traitement pouvait se faire en Inde à Bangalore et nous avons entamé les procédures pour le logement et le billet d’avion. »

Subvention insuffisante

Visiblement désemparé, le père confie que la somme obtenue n’était pas suffisante. « Nous avons obtenu Rs 800 000 du gouvernement mais cela n’était pas assez pour les traitements et les médicaments de ma fille. L’établissement hospitalier nous a expliqué que les coûts pouvaient dépasser les 28 000 dollars américains.

Nous essaierons de solliciter les compagnies pour leur générosité afin de pouvoir obtenir une aide. » « Au niveau de la famille, nous avons récolté une somme d’argent mais cela n’est pas suffisant et nous avons besoin de bien plus pour la guérison de ma nièce », indique la tante. La famille Raghoo souhaite lancer un appel à la générosité mauricienne afin que la petite Malaavi puisse trouver sa guérison.

Ils sont nombreux à se retrouver dans cette situation, précise la travailleuse sociale, Lindy Florent. « C’est triste de voir des gens ainsi demander l’aumône pour faire opérer leurs enfants. Ils sont déjà dans une situation difficile et c’est un stress additionnel. La subvention de l’État ne suffit pas et c’est important de trouver des alternatifs. »

Témoignages

  • Chirurgie maxillo-faciale : il attend un permis de collecte depuis des lustres

Souffrant atrocement d’un dysfonctionnement de sa mâchoire suite à un accident, Irfaan envisage de se faire opérer par le Dr Jean-François Baron, un spécialiste en chirurgie plastique reconstructrice et esthétique et chirurgie maxillo-faciale, basé à La Réunion.

Pour financer l’opération, Irfaan a besoin de trouver Rs 1,3 million. Pour cela, il a soumis une demande auprès de la police afin d’obtenir l’autorisation pour une collecte publique auprès de toutes les mosquées de l’île. Cependant, pour que la police puisse lui accorder l’autorisation, il fallait obtenir le feu vert du ministère de la Santé.

Irfaan a attendu plusieurs semaines et il a fait savoir à la rédaction que le ministère vient de donner son aval et que c’était maintenant à la police d’accorder l’autorisation. Le mardi 24 juillet, l’officier de police, responsable du dossier, nous a déclaré que si le ministère de la Santé a remis le document nécessaire, la police ne fera en principe aucune objection si tout est en règle. « Dans ce cas, l’autorisation de la collecte publique devrait être accordée incessamment. »

Le même jour, la police s’est rendue chez Irfaan pour compléter les formalités et lui demander de se présenter le lendemain au poste de police de Vacoas, où il habite, avec trois témoins. Est-ce enfin le bout du tunnel pour Irfaan qui lutte depuis tant de semaines, voire des mois pour obtenir cette autorisation ? Il rappelle que l’accord conclu avec le médecin étranger pour qu’il vienne l’opérer à Maurice expire dans moins de deux mois. Si jamais le délai expire et qu’il n’a pas l’argent nécessaire, il devra de nouveau se rendre à La Réunion pour recommencer toutes les démarches.

  • La petite Geeteeka a toujours besoin d’aide pour sa maison

La petite Geeteeka en compagnie de ses parents.

Krisanand Bundhooa, 42 ans, soutient que sa maison est presque achevée. L’habitant de Khoyratee déplore toutefois qu’il lui manque toujours quelques matériaux. « La maison sera achevée après la pose des portes et des fenêtres dit-il. Ma fille a pu regagner la maison entre-temps, mais elle fait le va-et-vient entre l’hôpital et notre domicile pour ses traitements. »

Selon les dires du père de famille, les conditions de vie sans vitres et fenêtres sont difficiles. « Il nous manque deux portes et trois fenêtres et je multiplie les efforts pour pouvoir terminer cette maison pour ma petite fille. Ce n’est pas facile en raison de mes soucis financiers. De plus, en raison des instabilités de l’hiver, ma fille a de nouveau dû être admise à l’hôpital et il faut savoir qu’une simple infection peut nuire à sont état de santé. Elle est très vulnérable au froid et à la poussière », confie Krisanand.

Il lance un nouvel appel à solidarité afin de l’aider à terminer sa maison pour que sa fille puisse poursuivre ses traitements dans de bonnes conditions. « Aidez ma fille à regagner sa maison dans de meilleurs conditions », lance-t-il. Pour rappel, la petite Geeteeka Bundhooa est atteinte de leucémie depuis l’âge de cinq ans.

Le 2 janvier 2016, alors que tout le monde célébrait le Nouvel An, la famille Bundhooa apprend que leur fillette, âgée de 3 ans, est gravement malade et que les traitements couteraient Rs 1,5 million. Commence alors un nouveau combat pour le père de Geeteeka: construire un nouveau toit aux conditions hygiéniques afin de poursuivre les traitements médicaux de sa fille.

Plus d’explications sur le ‘Treatment Overseas Scheme’

Toute personne qui souhaite bénéficier du ‘Treatment Overseas Scheme’ (TOS) doit faire une demande auprès de son médecin traitant et apte à faire des recommandations si les traitements du patient ne sont pas disponibles à Maurice. Cette recommandation est faite auprès du ministère de la Santé qui, à son tour, envoie le dossier au ministère de la Sécurité sociale pour une enquête qui déterminera si le patient est éligible, c’est-à-dire si les revenus de la famille sont inférieurs à Rs 60 000. Après cette enquête, il revient à un comité médical de prendre la décision finale. En principe, ces demandes sont traitées en ‘fast track’, selon un préposé de la Santé, afin de ne pas pénaliser les malades.

Comment obtenir un permis ?

Si quelqu’un a l’intention de faire une collecte publique, il doit faire une demande auprès du Commissaire de police, explique l’inspecteur Shiva Coothen. « Dépendant des raisons de la collecte, il doit se munir de plusieurs documents, dont sa ses carte d’identité, une preuve d’adresse, des certificats médicaux (pour des cas y relatifs). Si cela concerne des institutions, des preuves doivent être fournies ainsi qu’une lettre expliquant l’intention de la personne. »

Par la suite, la personne doit faire un ‘statement’ à la police stipulant le nombre de personnes participant à la collecte, car elles seront enregistrées comme participantes. Une personne, qui n’est pas enregistrée dans le ‘statement’, n’a pas le droit de participer à la collecte. Une fois ces informations reçues, le Commissaire de police décide, dans son rapport, si la collecte est validée ou non.

Un permis original est octroyé aux personnes autorisées avec une date bien définie expliquant l’expiration de ce document. Car après la date prescrite, le permis n’est plus valide et ne peut être réutilisé. À noter que nul n’a le droit de faire une photocopie de ce document. Toute transgression concernant ce document est considérée comme une « forgery » et une infraction au code pénal.

CONTACT :
Les numéros de contact pour venir en aide aux familles :
• Maalaavi Raghoo – Tel : 5 706 7315 / 5 915 4526
• Irfan : Tel 5787 1669
• Geeteeka Bundhooa : 5 948 3304

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