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Cancers féminins : certains facteurs de risque sont évitables

Le cancer du sein, du côlon et du col de l’utérus sont les plus répandus chez la femme à Maurice. Dr Devi Tanooja Hemoo, consultante et oncologue à l’hôpital Victoria à Candos, explique que le cancer n’est plus une fatalité. Elle met l’accent sur la prévention, les facteurs de risque et le dépistage.

La Dr Devi Tanooja Hemoo fait ressortir que le cancer est la troisième cause de mortalité à Maurice, après les maladies cardiovasculaires et le diabète. Le cancer du sein est le plus répandu chez la femme. Le taux d’incidence ne cesse d’augmenter. En effet, le cancer du sein a touché 471 femmes, en 2013. Deux ans plus tard, 483 cas ont été rapportés.

« Les cellules mammaires subissent parfois des changements qui peuvent entraîner des infections. Elles ne sont pas toujours bénignes. Les tumeurs se développent dans les canaux, c’est-à-dire, des tubes qui transportent le lait des glandes mammaires au mamelon », explique l’oncologue.

Elle fait comprendre que les causes du cancer du sein ne sont pas toujours établies à ce jour. Mais, cette maladie est attribuable à de nombreux facteurs de risque. Ils peuvent être modifiables comme non-modifiables. Ils sont le tabac, l’obésité, l’absence d’allaitement, le vieillissement, avoir les règles trop tôt (à l’âge de 10 ou 11 ans), la ménopause tardive, la prise de la pilule contraceptive pendant plus de dix ans, la grossesse tardive ou encore le dérèglement hormonal.

« Certains facteurs de risque sont, donc, évitables comme cesser de fumer, arrêter la consommation d’alcool et privilégier une alimentation saine. Les Mauriciennes doivent reprendre leur santé en main », dit l’oncologue. Le cancer du sein survient généralement après 50 ans.

« Il se peut que le cancer du sein ne présente aucun signe durant les premiers stades de la maladie. Souvent, la femme ne ressent pas la douleur. C’est pour cela que nous conseillons aux femmes de se faire dépister le plus tôt possible. Il est bon de noter que le dépistage permet de rechercher des signes du cancer du sein chez une femme en bonne santé avant que la maladie ne se déclare », dit-elle.

L’apparition d’une grosseur, d’un durcissement de la peau (peau d’orange), d’une rougeur, u n changement de la forme du sein, un changement de la peau autour du mamelon et un mamelon tourné vers l’intérieur sont les principaux symptômes.

Les préventions

Dès que la femme détecte un de ces symptômes, il lui est recommandé de consulter un médecin. « L’échographie mammaire et la mammographie sont des tests complémentaires que nous conseillons. Si d’autres anomalies sont décelées, nous faisons une biopsie et une ‘ultrasound-guided breast biopsy’, afin de confirmer la présence de la tumeur cancéreuse », ajoute la Dr Hemoo.

La patiente va ensuite passer devant un ‘multidisciplinary tumor board ‘ composé d’un oncologue, d’un pathologiste, d’un radiologue et d’un chirurgien pour déterminer le stade de la maladie (0 à 4). D’autres tests sont menés avant de suggérer la chirurgie (ablation), la chimiothérapie, la radiothérapie ou les traitements hormonaux.

En sus de cela, des soins palliatifs sont offerts depuis janvier 2017. « Nous offrons un soutien psychologique, physique, ainsi qu’un suivi avec un nutritionniste. Plus de 350 patients en ont déjà bénéficié. Au fil du temps, les oncologues développent de la compassion et une amitié avec leurs patients », fait ressortir la Dr Hemoo.

Le cancer colorectal figure à la deuxième place avec 172 cas détectés, en 2015, contre 93 en 2013. « Le cancer colorectal peut être dû à une consommation excessive de viande rouge et des aliments transformés. Ces aliments libèrent des toxines et diminue ainsi l’efficacité du transit intestinal », dit Dr Hemoo. Les signes sont les saignements du rectum, la diarrhée, la constipation, les infections urinaires fréquentes et le blocage dans l’intestin, entre autres.

Le cancer du col de l’utérus complète le podium avec 94 cas, en 2015 contre 95, en 2013. L’oncologue remarque que le nombre de patientes se présentant avec ce type de cancer a diminué. Elle explique que le cancer du col de l’utérus est causé par le virus HPV (papillomavirus).

De ce fait, elle déconseille les rapports sexuels avant l’âge de 16 ans et d’éviter d’avoir plusieurs partenaires. D’ailleurs, elle recommande un frottis dès que la femme est active sexuellement. Ce test peut ensuite être effectué chaque trois ans

«Un des moyens de prévention que nous recommandons contre le HPV, c’est la vaccination. Les vaccins sont destinés aux filles âgées de 11 ans et plus. Trois doses sont nécessaires. Malheureusement, certains parents ne sont pas encore conscients de l’importance du vaccin », observe Dr Hemoo.

La prévention est d’ailleurs le meilleur moyen pour éviter les facteurs de risque du cancer. La Dr Devi Tanooja Hemoo conseille de bannir les mauvaises habitudes alimentaires, d’éviter le tabac et l’alcool, de manger cinq fruits et légumes par jour et de pratiquer des activités physiques régulièrement.

« Le ministère de la Santé et de la Qualité de la vie offre de nombreux services aux patients gratuitement. Ceux dont le traitement ne peut se faire à Maurice, sont éligibles à une subvention de Rs 500 000 pour se rendre en Inde, mais tout va dépendre de certains critères », dit-elle.

Elle ne cache pas le fait que certaines infrastructures ne sont pas mises à jour dans les hôpitaux, notamment le simulateur pour traitement par radiothérapie qui est en panne depuis 2017. « Une demande a déjà été formulée. Le département d’oncologie et de radiothérapie de l’hôpital Victoria accueille près d’une centaine de patients par jour et il nous faut un centre plus spacieux. Bientôt, nous aurons également un centre dédié uniquement au traitement du cancer. Ce sera dans l’ancienne clinique MedPoint. »

Notons qu’en 2015, 1407 cas de cancers féminins ont été enregistrés contre 1244, en 2013. En 2016, 1900 hommes et femmes ont bénéficié du traitement par radiothérapie.

Le cancer colorectal peut être dû à une consommation excessive de viande rouge et des aliments transformés.


Huit spécialistes à l’hôpital Victoria

L’unique centre de cancer se trouve actuellement à l’hôpital Victoria à Candos. Mais, les services de chimiothérapie sont également offerts à l’hôpital Sir Seewoosagur Ramgoolam, à Pamplemousses, au Dr A.G. Jeetoo à Port-Louis et au Jawaharlal Nehru à Rose-Belle. Huit spécialistes sont présents au département de radiothérapie et d’oncologie à l’hôpital Victoria, du lundi au samedi de 9 heures à 16 heures.

Comment palper ?

La palpation est nécessaire pour prévenir le cancer du sein. Cet exercice permet à la femme de détecter une masse au toucher. La Dr Hemoo conseille de se palper, en effectuant des mouvements circulaires sur les seins et les aisselles, une semaine après les règles ou une date spécifique chaque mois pour celles qui sont en phase de ménopause.

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