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Cigarettes : quelles sont les techniques les plus efficaces pour arrêter ?

Le 1er novembre 2019 marque le coup d’envoi du 4e “Mois sans tabac”. Cette campagne de sensibilisation vise à communiquer sur les solutions pour aider les fumeurs à arrêter la cigarette : patch, cigarette électronique, hypnose, etc. Le tabacologue Bertrand Dautzenberg fait le point sur l’efficacité des nombreux dispositifs de sevrage tabagique actuellement disponibles.

Arrêter de fumer pendant tout un mois. Voici le défi lancé par le “Mois sans tabac”, campagne organisée par Santé Publique France tous les mois de novembre depuis quatre ans. Cette nouvelle édition sera marquée par une hausse de 50 centimes sur les paquets de cigarette qui prend effet dès ce vendredi. Selon des données de Santé Publique France, on encore compte 12 millions de fumeurs dans l’Hexagone.

Entre les traditionnelles substituts de nicotine types patch ou gommes, les dispositifs plus récents comme la e-cigarette ou encore les méthodes dites “alternatives” telles que l’acupuncture ou l’hypnose, le fumeur qui souhaite arrêter la cigarette n’a que l’embarras du choix. Mais quelles sont les méthodes les plus efficaces ? Ces techniques peuvent-elles se combiner à l’infini ? Éclairage avec le Pr Bertrand Dautzenberg, tabacologue et ancien pneumologue à La Pitié Salpêtrière.

Patchs, gommes à mâcher, médicaments… Comment fonctionnent les méthodes “traditionnelles” de substitut de nicotine ? Peut-on les combiner ?

Pr Bertrand Dautzenberg : “Il faut savoir qu’il y a deux types de fumeurs : ceux qui ont une véritable addiction à la nicotine et qui ressentent le besoin de fumer dès le matin car leurs corps est en demande de nicotine, et ceux pour qui la dépendance à la cigarette relève davantage de l’ordre psychologique.

Les premiers ont besoin de recevoir des doses de nicotine non fumées, par les substituts comme les patchs ou la gomme. Une fois qu’on est passé à la nicotine, il faut arriver à fumer zéro cigarette pour faire baisser le besoin de nicotine du corps. Quand la nicotine est diffusée de manière douce, les besoins diminuent d’environ un tiers par mois, ce qui veut dire que l’on peut être sevré au bout de trois mois grosso modo. Les substituts à la nicotine agissent comme une caresse sur le cerveau, alors que la cigarette va plutôt faire l’effet d’une gifle, en multipliant ses récepteurs à la nicotine.

Dans quelle mesure la e-cigarette aide-t-elle à vaincre l’addiction au tabac ?

Pr B.D : Il n’y a pas encore de preuve absolue pour affirmer dans quelle mesure cette solution est efficace. Nous réalisons actuellement une étude sur le sujet, mais les résultats ne seront pas disponibles avant deux ans.

Dans mon expérience de médecin, je vois beaucoup de patients s’arrêtent de fumer après la e-cigarette. Ce sont donc des ex-fumeurs et des ex-vapoteurs. On voit aussi des vapoteurs exclusifs qui restent dépendants à la nicotine. Mais c’est un tout un petit nombre et il y en a tout autant, si ce n’est plus, qui continuent à vapoter pour “s’occuper les mains”. Je recommande aussi à mes patients de garder une cigarette électronique avec eux pendant la première année de sevrage, car cela peut représenter un bouclier de sécurité. Par exemple si on se retrouve en soirée avec des personnes qui fument et qu’on a envie d’allumer une cigarette.

Quid de l’acupuncture et de l’hypnose ?

Pr. B.D: Je pense que tout dépend de la démarche. Au lieu de dire au patient “c’est une question de volonté, il faut vous y mettre”, se positionner en thérapeute en prenant les choses en main va bien mieux fonctionner. Donc, si l’acupuncteur explique au patient qu’il va l’aider en identifiant ses points de force, pas de problème c’est seulement après que le côté psycho comportemental du patient entre en jeu. Culpabiliser le patient est contre-productif. Le fumeur est une victime de l’inoculation dans son cerveau de récepteurs nicotiniques par l’industrie du tabac, le plus souvent à l’adolescence. Comprendre ça sera je pense le signe d’un gros progrès quand on sait qu’aujourd’hui plus de 80% des fumeurs décident d’arrêter de fumer tout seuls, sans médecin.

Quant à l’hypnose, je n’ai pas de preuve de son efficacité, mais je pense qu’elle peut éviter les risques de rechute en association l’image de la e-cigarette à d’autres images qui pourraient aider à ne pas refumer.

Les applications smartphone et les chatbots pour aider le patient à arrêter vous semblent-elles pertinentes ?

Pr. B.D: C’est sans doute un bon accompagnement. Les gens aiment suivre leurs progrès : depuis combien de jours ils ne fument plus, combien ils ont gagné d’argent… Cela peut représenter un facteur de motivation supplémentaire.”

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