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Ça veut dire quoi ? : le “slacktivisme”, militantisme réel ou factice ?

Chaque semaine, ETX Studio décrypte pour vous un phénomène qui fait l’actualité. Depuis la mort de George Floyd aux Etats-Unis, de nombreuses manifestations contre les violences policières et le racisme ont lieu à travers le monde. Dans ce contexte, le terme “slacktivisme” a fait sa réapparition sur les réseaux sociaux. Mais de quoi parle-t-on exactement ?

Le 25 mai, George Floyd, un homme noir de 46 ans originaire de Minneapolis (Etats-Unis), est mort asphyxié après qu’un policier blanc l’a maintenu à terre pendant plus de 8 minutes en exerçant une pression sur son cou. L’affaire a déclenché une vague mondiale de protestation contre les violences policières et le racisme.

Sur les réseaux sociaux, un mouvement appelé #BlackOutTuesday a été lancé par le label de musique américain Atlantic Records le mardi 2 juin, avec pour principe de poster des photos de carrés noirs sur le réseau social. Le phénomène, qui a rapidement pris de l’ampleur sur la toile, pourrait être considéré par certains comme du “slacktivisme”.

Mot-valise issu des termes “slacker” (en anglais “paresseux”) et “activism” (“militantisme”), le slacktivisme désigne l’engagement en ligne qui nécessite peu de temps, puisqu’il consiste, grosso modo, à changer une photo de profil, retweeter un article ou encore signer une pétition en quelques clics. Le tout sans participer concrètement aux mouvements contestataires, tels que les manifestations.

“Activisme paresseux”

Le mot “slacktivisme” comporte une dimension quelque peu péjorative, puisque son origine même sous-entend un “activisme paresseux”. Cet effet est souvent suivi en masse, comme on a pu l’observer après les attentats du 7 janvier 2015, où de nombreux internautes ont modifié leur photo de profil pour y afficher le fameux “Je suis Charlie”.

Mais le slacktivisme n’est-il pas malgré tout une manière de s’engager, plutôt qu’un simple “militantisme de canapé” ? C’est en tout cas ce que suggère une étude parue dans le journal Plos One en 2015.

Des chercheurs américains se sont intéressés à l’impact des contenus relayés sur Twitter pendant le mouvement Occupy aux Etats-Unis en 2011 (visant principalement à dénoncer les inégalités sociales et économiques) et les manifestations turques de 2013 à Istanbul, en opposition à la destruction du parc Taksim Gezi.

D’après leurs conclusions, les personnes qui pratiquent le slacktivisme sont essentielles pour augmenter la portée des messages de protestation. “Notre analyse suggère que, en raison de leur nombre, les utilisateurs en ligne ont réussi à générer une grande activité sur Twitter liée à la cause défendue”, expliquent les auteurs de la publication.

Si l’on se fie à cette recherche, militer, même depuis son canapé, aurait donc tout de même un impact.

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