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Quand les écrans nuisent à la santé de nos enfants

Un enfant de moins de trois ans ne devrait pas être face à un écran. Cela pourrait entraver son développement cognitif et social. C’est ce qu’a affirmé Joffrey Bodet, psychologue et docteur en psychologie du développement de l’enfant, dans l’émission « Allô Docteur » de Radio Plus.

Les écrans (smartphones, tablettes ou téléviseurs) nuisent à la santé des enfants. C’est la conviction exprimée par Joffrey Bodet, psychologue et docteur en psychologie du développement de l’enfant, dans l’émission Allô Docteur de Radio Plus le mardi 18 septembre.

Il considère que cela ne sert à rien de donner un smartphone à un enfant âgé de moins de trois ans. À cet âge, ce dernier ne devrait pas passer plus de 30 minutes par jour devant un écran. « Ce n’est pas conseillé de permettre à un enfant de deux ans d’accéder à l’écran d’une tablette, d’un smartphone ou d’un téléviseur. En général, l’utilisation d’un écran avant l’âge de trois ans est déconseillée », a-t-il soutenu.

Selon lui, l’écran n’est pas forcément un produit toxique qui peut entraîner une addiction. Sans vouloir culpabiliser les parents, Joffrey Bodet a expliqué que le problème n’est pas forcément l’écran lui-même, car il fait partie de notre quotidien. « Nous devons tout de même nous adapter à l’évolution de notre société. En revanche, nous leur devons apprendre à utiliser correctement l’écran. »

Interaction

Pour le psychologue, ce serait farfelu de dire à quelqu’un de ne pas utiliser de téléphone. « Les parents doivent leur enseigner à utiliser la technologie de manière appropriée », a-t-il fait comprendre. Joffrey Bodet a précisé qu’un enfant âgé entre zéro et trois ans doit explorer son environnement, marcher, tomber, jouer et mettre des objets dans sa bouche.

« À travers la motricité et en utilisant ses mains, un enfant développe son intelligence », estime le psychologue. Raison pour laquelle il estime qu’une tablette, par exemple, empêche un enfant de bouger. Ce dernier reste assis pour jouer, ce qui ne lui permettra pas de développer son intelligence.

Le spécialiste a souligné qu’un écran peut avoir un grand impact sur les facultés de communication et de langage de l’enfant. « Pour développer sa faculté de parler, un enfant a besoin d’interagir avec quelqu’un d’autre et de reconnaître les émotions, comme le rire ou encore voir de visu les choses qui l’entourent. » Pour lui, un enfant qui reste trop longtemps sur une tablette ne développe pas correctement sa faculté du langage et peut par la suite éprouver des difficultés à s’exprimer.

Un écran ne peut donc être introduit dans la vie d’un enfant qu’à partir de l’âge de trois ans et ce, à raison de 30 minutes d’exposition par jour. Cela devrait aussi se faire en présence du parent. « L’écran peut être un bon moyen de se développer pour l’enfant, mais il doit être accompagné de ses parents afin qu’ils puissent jouer ensemble. Ils peuvent par la suite avoir des discussions autour du sujet. C’est très important », a soutenu le psychologue.

Outre un retard dans le développement, un enfant qui passe trop de temps devant un écran peut devenir obèse et éprouver des difficultés à socialiser avec les autres. « Certains enfants peuvent avoir des difficultés à gérer leurs frustrations. L’attention et la concentration peuvent aussi devenir compliquées », a-t-il fait ressortir. L’enfant peut aussi avoir des troubles du sommeil en raison de la lumière bleue qui émane des écrans.

Même si Joffrey Bodet admet qu’il y a encore des divergences d’opinions autour des conséquences des écrans sur le développement des enfants, il estime qu’un enfant qui passe trop de temps devant un écran peut rencontrer des problèmes de développement, notamment au niveau de la motricité, de l’intelligence et de l’interaction sociale.

Repas familial

Tous les écrans devraient être bannis durant les repas en famille afin que tout le monde puisse profiter de ce moment privilégié pour dialoguer. Le psychologue considère qu’il est important de consacrer un moment aux discussions en famille afin de permettre aux enfants d’interagir.

Les parents doivent être bien informés sur l’usage de la technologie et savoir comment l’enseigner aux enfants. « Si on veut que les enfants arrêtent de passer du temps devant un écran, les parents doivent donner l’exemple. Il faut donc des règles au sein de la famille en ce qui concerne l’usage du smartphone et d’autres outils technologiques », a-t-il fait comprendre.

Selon Joffrey Bodet, mettre un enfant devant une tablette dans le but de le faire manger n’est pas une bonne méthode, car il se focalisera sur l’écran plutôt que sur son repas.

Avis d’un professionnel

Tout retard de développement devrait être notifié à un professionnel de santé, a soutenu Joffrey Bodet. Les parents devraient se référer à leur pédiatre pour déterminer si leur enfant souffre d’un problème de développement. Tout retard de développement constaté chez un enfant doit être pris en considération rapidement.

Les parents doivent consulter un professionnel. Un enfant peut certes avoir une certaine habileté sur une tablette, mais il peut éprouver des difficultés à manier des cubes ou encore résoudre un puzzle avec des pièces qui sont de vrais objets, pas virtuels.

Dans certains cas, les craintes des parents peuvent être sans fondement. Dans d’autres, il peut y avoir effectivement un souci, a expliqué le psychologue. Le problème peut être dû à une autre pathologie comme le trouble du développement qui n’a aucun lien avec une surexposition aux écrans.

Selon le psychologue, le temps passé par un enfant sur une tablette, c’est du temps qu’il perd à développer son intelligence. À quatre ans, un enfant peut avoir une tablette, mais l’utilisation doit se résumer à 30 minutes au maximum par jour et ce, en compagnie d’un parent, car il faut lui donner du temps de se développer.

Prendre le temps d’écouter l’enfant

Selon le Dr Naazim Mohungoo, pédopsychiatre, il y a de plus en plus d’enfants qui demandent un téléphone portable car ils voient leurs parents s’en servir. Pour avoir la tranquillité et vaquer à leurs occupations, les parents cèdent souvent à leurs demandes.

Un écran est un passive learning qui engage le cerveau de son utilisateur et ne lui permet pas d’avoir une éducation propre à son âge. À titre d’exemple, un enfant de deux ans doit grandir et savoir manipuler ses crayons, sa cuillère et sa fourchette ou encore apprendre d’autres choses plutôt que passer du temps devant un écran à regarder des dessins animés.« Il y a une quantité de choses qu’il doit explorer et découvrir par lui-même, comme la nature, la vie et le monde, au lieu de le faire par le truchement d’un écran », a-t-il expliqué.

Le pédopsychiatre considère que passer beaucoup de temps devant un écran ne permet pas à l’enfant de poursuivre son développement social et de construire son rapport aux autres, ce qui peut par la suite devenir problématique. « Les parents doivent être éduqués par rapport à l’utilisation de l’écran. Le téléviseur qui reste allumé toute la journée est pratique pour que les parents s’adonnent à d’autres occupations. Malheureusement l’enfant n’apprend pas, puisque ses parents ne sont pas disponibles pour lui. »

Pour le Dr Naazim Mohungoo, les parents devraient faire l’effort de passer davantage de temps avec leurs enfants afin que ces derniers puissent se développer normalement, en toute sécurité et avoir les bonnes bases pour affronter la vie. Il a aussi plaidé pour le respect des enfants. « Quand l’enfant parle, il ne faut pas parler en même temps. Il faut prendre le temps de l’écouter et de le respecter », a-t-il expliqué.

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