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L’allaitement maternel doit être exclusif jusqu’à 6 mois

L’allaitement maternel favorise la bonne croissance de l’enfant et permet d’éviter certaines maladies à l’âge adulte, notamment le diabète, hypertension et l’accident vasculaire cérébral.

La plupart des femmes ne donnent pas le sein à leur enfant jusqu’à six mois. C’est ce qu’a révélé une étude effectuée sur l’allaitement maternel par le Mauritius Institute of Health à la demande du ministère de la Santé, intitulée Knowledge, attitudes, beliefs and practices of breastfeeding.

En effet, seules 25 % des femmes interrogées continuent l’allaitement maternel exclusif durant les six premiers mois suivant la naissance de leur enfant. Le ministère de la Santé mauricien espère que d’ici à 2025, ce pourcentage aura doublé dans le cadre de l’objectif global de nutrition de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Commentant ce rapport au cours de l’émission « Allo Docteur » de Radio Plus, le Dr Vinita Poorun, consultante en charge de la pédiatrie à l’hôpital SSR à Pamplemousses, a déclaré qu’il était tombé à point nommé. Elle affirme que ce rapport a apporté un éclairage sur la pratique de l’allaitement maternel de nos jours.

Selon elle, il y a eu un léger progrès concernant le nombre de mères qui donnent le sein à leurs bébés. De 18 %, le taux est passé à 25 %. Toutefois, même si 98 % des femmes allaitent leur enfant dans les heures suivant l’accouchement, la pratique n’est pas continue, a-t-elle relevé.

Selon elle, les professionnels de la santé et la société dans son ensemble n’ont pas donné aux mères le soutien nécessaire afin qu’elles puissent continuer à allaiter leur enfant.

Un plan de 1 000 jours.

Le Dr Poorun a aussi affirmé que le ministère avait pris note des recommandations du rapport et qu’il prendrait les mesures nécessaires, mais que la société civile avait aussi son rôle à jouer pour encourager l’allaitement maternel exclusif aux enfants de 0 à 6 mois.

« L’allaitement maternel ne concerne pas uniquement les médecins, les infirmières et les sages-femmes mais aussi les proches de la maman », a-t-elle expliqué.

Pour le Dr François Leung, pédiatre dans le privé et président de l’organisation non gouvernementale Groupe enfants et mères (GEM), le nombre de femmes qui allaitent jusqu’à six mois interpelle. « Nous devons faire quelque chose pour remédier à cette situation », a-t-il fait comprendre en expliquant que GEM mise beaucoup sur l’alimentation dès la conception à travers son plan de 1 000 jours.

Ainsi, la femme doit s’assurer d’avoir une alimentation saine et équilibrée depuis la grossesse et au-delà de la naissance de son enfant. Qui plus est, ce dernier doit aussi avoir une bonne alimentation durant les 24 premiers mois de sa vie.

« En évitant les erreurs diététiques lors des 1 000 premiers jours de la vie d’un enfant, nous pouvons éviter des maladies à long terme. Durant cette période cruciale, si nous faisons des erreurs, cela aura des effets sur le développement et la santé future de l’enfant », a expliqué le Dr Leung.

Selon lui, c’est possible d’éviter des maladies chroniques telles que le diabète, l’hypertension, le cholestérol, les accidents vasculaires cérébraux, etc.

Ce rapport a aussi démontré que les femmes font face à des contraintes, notamment lorsqu’elles reprennent le chemin du travail après leur congé de maternité. En effet, cela représente un obstacle pour l’allaitement maternel exclusif en continu, a fait ressortir Bina Bonomaully, conseillère en allaitement maternel et coordinatrice de l’organisation non gouvernementale Infant Best Feeding Initiative.

L’une des mesures qui pourraient encourager les femmes à allaiter durant les six premiers mois de leur bébé, recommandée par l’OMS, est l’extension du congé de maternité qui est actuellement de 14 semaines.


Bonne préparation

Pour pouvoir allaiter, il faut se préparer dès la grossesse, a expliqué Bina Bonomaully, conseillère en allaitement maternel et coordinatrice de l’organisation non gouvernementale Infant Best Feeding Initiative, lors de l’émission « Allo Docteur » de Radio Plus.

La future mère doit être consciente des bénéfices de l’allaitement maternel tant pour elle que pour son enfant. Mais elle doit aussi être au courant des problèmes auxquels elle pourrait faire face et être prête psychologiquement à les affronter. Parmi, les difficultés du nourrisson à téter.

« Ce sont des choses qui peuvent arriver et la maman ne doit pas baisser les bras pour autant et apprendre à les surmonter », a-t-elle fait comprendre. Elle a aussi balayé d’un revers de la main certains mythes qui disent que la consommation de certains aliments comme le «bomli» ou les lentilles est bonne pour la production de lait. Ces croyances ne sont pas fondées, a-t-elle affirmé.

Abondant dans le même sens, le Dr François Leung a tout de même fait ressortir qu’une alimentation saine et équilibrée était importante pendant l’allaitement. « Il y a de nombreuses traditions qui se perpétuent concernant la consommation de certains aliments pour avoir plus de lait. Certaines sont bonnes et d’autres sont discutables », a souligné le pédiatre.


Bénéfices de l’allaitement maternel

La nature a bien fait son travail, a expliqué le Dr François Leung. Ainsi le lait maternel contient tous les nutriments dont le nourrisson a besoin. « Une maman ne devrait pas avoir des appréhensions concernant son “incapacité” à nourrir son enfant », a-t-il dit.

Pour lui, le lait de vache est contre-indiqué pour un nourrisson car il est trois fois plus riche en protéine. « Cela va fatiguer ses reins. Étant plus riche en sel, cela risque de causer des maladies plus tard chez l’enfant », a-t-il fait ressortir. « Le lait maternel est spécifique à l’humain. Il contient des nutriments en quantité équilibrée pour la bonne croissance de l’enfant que le lait en poudre n’apporte pas : vitamines, facteurs de croissance, enzymes, anticorps, oligosaccharides, des cellules vivantes de protection immunitaire. »

Il a aussi insisté sur le fait que l’allaitement maternel permet d’avoir un lien plus profond entre mère et enfant que ne procure pas le biberon. Cela est préconisé dans des cas spécifiques en consultation avec le pédiatre ou son médecin.

Le lait maternel protège contre l’asthme, le diabète de type I et est aussi une protection pour la mère.
« Une maman qui allaite présente une contraction utérine qui va aider à diminuer l’hémorragie liée à l’accouchement. Cela va aussi aider la femme à retrouver son poids initial », a expliqué le Dr Leung. L’allaitement maternel aide aussi à la prévention contre le cancer du sein et des ovaires.


Dispositions de l’Employment Rights Act

Un employeur a l’obligation d’accorder une permission d’une heure à une employée qui allaite son enfant, suivant l’article 30 de l’Employment Rights Act. Cette heure peut être divisée en deux. C’est ce qu’a fait ressortir Amrita Goinden, Principal and Labour Industrial Relations Officer au ministère du Travail.

Elle a fait ressortir que refuser ce droit à une employée était un délit en vertu de l’article 67 de l’ERA. Ce droit est valable durant les six mois suivant son accouchement, mais après cette période, l’employée doit produire un certificat médical attestant qu’elle continue l’allaitement maternel. Cela, sans que les heures prises ne soient déduites de son salaire.

Il est à noter que ces règlements s’appliquent uniquement aux employés du secteur privé. Une employée ayant plus d’un an de service a droit à 14 semaines de congé de maternité avec un salaire, a aussi fait ressortir Amrita Goinden. Et de préciser qu’une employée qui est employée depuis moins de 12 mois bénéficie également de 14 semaines de congé de maternité, mais sans salaire.

 

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