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Endométriose : 33 % à 50 % des femmes atteintes ont du mal à tomber enceinte

L’endométriose touche environ 10 % de la population féminine. Ce trouble gynécologique affecte principalement les femmes âgées entre 20 et 40 ans. Dr Shaywin Moti, gynécologue, décortique ce trouble qualifié de silencieux. Living with Endometriosis, association qui apporte son soutien aux Mauriciennes souffrant de ce trouble met l’accent sur la sensibilisation.

L’endométriose se définit comme un trouble pelvien douloureux qui apparaît à partir des premières menstruations. L’endomètre qui est une muqueuse se trouvant dans l’utérus le long des parois intérieures. « Des cellules endométriales se forment en dehors de l’utérus en cas d’endométriose soit dans d’autres parties du corps », explique le gynécologue Dr Shaywin Moti. Ils se forment généralement sur les ovaires, les trompes de Fallope, à l’extérieur de l’utérus ou plus rarement sur les organes autour de cette partie de la voie pelvienne telles que les intestins, les reins ou la vessie.

Les degrés de gravité de l’endométriose varient. Ce trouble tend généralement à s’aggraver avec le temps s’il n’est pas traité. Ce trouble gynécologique touche majoritairement des femmes n’ayant jamais eu d’enfant ou celles dont un parent a déjà eu l’endométriose. Également les femmes atteintes d’une malformation congénitale comme le rétrécissement du col de l’utérus et plus rarement celles qui ont des menstruations précoces ou un cycle menstruel court.

Selon le Dr Shaywin Moti, la majorité de ses patientes détectent la maladie entre 25 et 40 ans. « Les causes de l’endométriose ne sont pas encore connues jusqu’ici, l’une des causes les plus plausibles, selon le gynécologue est le flux rétrograde. Durant les règles, les tissus d’endomètres et le sang sortent vers l’extérieur par des contractions musculaires. Pour celles qui sont atteintes d’endométriose, ce flux de sang s’inverse et se dirige vers la cavité pelvienne à travers les trompes de Fallope », indique le médecin. Selon une autre hypothèse, le tissu endométrial pourrait migrer hors de l’utérus par la lymphe ou par le sang. D’autres causes pourraient être dû au trouble du système immunitaire. « Les premières recherches sur l’endométriose ont commencé en 2007 ».

LES SYMPTÔMES

Les symptômes sont généralement alarmants et demandent une immédiate consultation, mais nombreuses sont les femmes qui diagnostiquent leurs problèmes trop tard. Les premiers symptômes sont des douleurs abdominales fortes et persistantes. « Il se manifeste aussi par des règles irrégulières ou abondantes, des rapports sexuels douloureux et aussi des difficultés à avoir un bébé. D’un point de vue général 33 % à 50 % des femmes atteintes d’endométriose ont du mal à tomber enceinte ». La patiente souffrira aussi de douleurs intermenstruelles et de difficulté à uriner.

LE DIAGNOSTIC

La première étape lorsque les douleurs surgissent est un examen gynécologique qui s’accompagnera d’une échographie. C’est une façon d’identifier des cellules d’endomètres dans les ovaires ou dans la cavité abdominale. Également par imagerie par résonance magnétique (IRM). La laparoscopie est la façon plus faible pour déceler l’endométriose. Cette intervention permet de visualiser les organes internes à l’aide d’un endoscope. Les échantillons de tissus sont extraits, afin d’être analysés. Lorsque le diagnostic est émis plusieurs traitements sont à considérer dont certains engendrent des effets secondaires.

« Nous prescrivons d’abord des anti-inflammatoires, afin de prévenir la douleur. Mais avant, il est possible d’avoir recours à la pilule progestative ou combinée. Si cela continue à s’amplifier, nous opteront pour le GnRH, une hormone libérant de la gonadotrophine à travers des injections. Ce traitement de six mois est efficace et permet de réduire le diamètre des implants de l’endomètre. Il comprend, toutefois, d’effets secondaires tels que la fragilité osseuse. Durant cette phase, la patiente entrera en ménopause médicale. »

La chirurgie est envisagée en fonction de l’efficacité et des effets indésirables des traitements médicamenteux, de l’intensité des douleurs, de la localisation de l’endométriose. L’excision des implants et kystes (endometrio) est effectuée s’il y en a. « La réduction de symptômes apparaîtra à la ménopause. Cette dernière assurera un soulagement définitif. La grossesse la soulagera temporairement », indique le médecin.

Outre les douleurs physiques, l’endométriose peut générer une véritable souffrance psychique. Confrontées à des difficultés pour avoir un enfant, les patientes ont souvent besoin d’une écoute. « Il est important que le partenaire soit au courant des conséquences et des risques liés à ce trouble ». Quand certaines ont besoin d’évoquer leurs douleurs, d’autres recherchent une oreille attentive, afin de partager leurs difficultés à procréer, leur angoisse face aux risques d’ablation de l’utérus, par exemple.

Article rédigé par Rajmeela Seetamonee et Caroline Duval.

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