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L’accident vasculaire cérébral peut être prévenu

Une personne sur quatre fera un accident vasculaire cérébral. Dans 90% des cas, ces attaques peuvent être évitées, selon la World Stroke Organisation (WSO). Le Dr Mohamed Afzal Curimbacus, neurologue qui exerce dans le privé, nous en parle.

L’accident vasculaire cérébral (AVC), une condition de déficit neurologique qui survient subitement, peut être prévenu. Il est aussi possible d’éviter les séquelles irréversibles du bouleversement dans la circulation du sang qu’il entraîne au niveau du cerveau. Cela, en bénéficiant de traitements appropriés dans un délai de quatre heures et trente minutes au maximum. C’est ce que nous a expliqué le Dr Mohamed Afzal Curimbacus, neurologue qui exerce dans le privé. En lien avec la campagne de la World Stroke Organisation, ‘Don’t be the one’, il soutient que mieux vaut prévenir que guérir.

Facteurs de risque

Le neurologue explique ainsi qu’une alimentation saine et équilibrée, la pratique d’une activité physique de façon modérée ou intense trois fois la semaine à raison d’une demi-heure à chaque fois, peut contribuer à diminuer le risque Lde faire un AVC. A contrario, la cigarette et l’abus de boissons alcoolisées peuvent favoriser un AVC. Un bon contrôle de sa tension artérielle, si on souffre d’hypertension, et du diabète, diminue le risque de 50%, ajoute-t-il.

Selon le neurologue, un AVC peut aussi survenir en cas d’arythmie cardiaque. Ce risque est plus important chez les femmes de plus de 70 ans. En raison d’une fibrillation auriculaire, le rythme cardiaque devient anormal. Un caillot de sang peut alors se former et aller se loger dans le cerveau par la suite. Chez les hommes, un rajeunissement de l’AVC a été constaté. Dans certains cas, il peut survenir dès l’âge de 40 ans en moyenne alors que chez les femmes, c’est à partir de 50 ans ou après la ménopause. L’AVC est plus présent chez celles qui ont fait usage de la pilule contraceptive, ajoute-t-il. Les jeunes ne sont pas à l’abri d’un AVC surtout pour les consommateurs de cocaïne ou de produits illicites comme les drogues synthétiques, précise le neurologue.

L’hypertension artérielle figure parmi le premier facteur de risque de faire un AVC, dit-il. Maurice compte malheureusement un fort pourcentage de personnes qui souffrent de cette pathologie. Ce qui place l’AVC comme la troisième principale cause de décès à Maurice. « Dans plus de 30% de cas, un AVC est dû à l’hypertension ». L’AVC est la première cause de handicap acquis et cela peut avoir un impact conséquent sur le patient et sa famille s’il n’arrive pas à reprendre le travail en raison de sa condition de santé.

Symptômes

Pour le Dr Curimbacus, l’AVC est une urgence médicale qui nécessite une prise en charge urgente afin d’optimiser les chances de « guérison », limiter les séquelles et prévenir le décès du patient. L’âge est un autre facteur de risque car les artères perdent leur élasticité. Ce qui fait qu’elles peuvent saigner ou se boucher subitement. « Le déficit neurologique lors d’un cas d’AVC est constant et il est important de consulter un médecin immédiatement », fait ressortir le spécialiste.

Lors d’un AVC, le patient peut sentir un engourdissement de ses membres. Il peut ainsi perdre la motricité d’une partie de son corps et devenir ainsi hémiplégique. Certains peuvent subitement perdre la parole et/ou la vue, soit d’un œil ou des deux yeux, lors d’un AVC. La perte de l’équilibre et de connaissance est aussi un signe d’un AVC tout comme se retrouver subitement dans un état de confusion totale. Le patient peut ressentir de violents maux de tête et avoir des vomissements.

Traitement

L’AVC ischémique est le plus commun à Maurice. Il est important de se présenter immédiatement à l’hôpital afin d’avoir une thrombolyse, c’est-à-dire un médicament par voie intraveineuse pour dissoudre le caillot de sang. Cela doit se faire dans un délai maximum de quatre heures et demie après l’épisode de l’AVC. Au cas contraire, le traitement n’est pas efficace. Dans un cas sur 12, le patient retrouve ses fonctions motrices. En l’absence de traitement, le patient peut devenir handicapé ou décéder.

Passées les quatre heures et demie, une trombectomie peut être pratiquée. Il s’agit d’une intervention neuroradiologie interventionnelle mini-invasive en passant par l’artère fémorale pour enlever le caillot de sang. À l’issue de cela, le patient peut retrouver sa santé. Selon le Dr Curimbacus, un patient qui a fait un AVC a entre 20 et 25% de risques de décéder des suites de l’épisode qu’il a vécu ou avoir d’autres complications de santé. En cas de survie, des sessions de réhabilitation sont disponibles afin qu’il retrouve ses fonctions motrices. Cela doit commencer le plus tôt possible pour avoir de meilleures chances.

Prévention

La Journée mondiale des accidents vasculaires cérébraux (AVC) est observée chaque 29 octobre. Dans le cadre de sa campagne ‘Don’t be the one’, l’organisation mondiale des accidents vasculaires cérébraux (‘World Stroke Day’) mise sur la prévention et l’éducation de la population sur le sujet.

Selon la WSO, 14,5 millions de personnes feront une attaque cérébrale cette année à l’issue de quoi 5,5 millions en décéderont. L’organisation indique que 80 millions de personnes de par le monde ont survécu à leur AVC mais bon nombre doivent faire face à de nombreux défis dont des handicaps, difficultés pour communiquer et pertes d’emploi, entre autres.

Selon la WSO, 90% des AVC auraient pu être évités si des mesures simples de prévention avaient été prises en diminuant les facteurs de risque que sont l’hypertension artérielle, une mauvaise alimentation et la sédentarité, entre autres. Réduire le nombre d’AVC dimunuera les autres causes de décès telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète et le cancer.

F.A.S.T

En cas d’un AVC, il faut agir rapidement ou FAST (Face, Arm, Speech, Time). C’est-à-dire, si on remarque une déformation du visage (Face), que la personne ne peut pas lever le bras (Arm) et qu’elle a des difficultés pour parler (Speech). En présence de ces différents signes et symptômes, il est important d’agir rapidement (Time) afin que le patient puisse bénéficier des traitements appropriés et avoir plus de chances de retrouver l’usage de ses membres.

AVC hémorragique vs avc ischémique

L’AVC peut être hémorragique (20% des cas) ou ischémique (80% des cas). Dans le premier cas, comme son nom l’indique, il s’agit d’un saignement à la suite de la rupture ou l’éclatement d’une artère. Concernant l’AVC ischémique, un caillot de sang engendre une obstruction dans l’artère, interrompant ainsi la bonne circulation du sang. Il est à noter qu’une personne qui a connu une attaque ischémique transitoire (AIT), a 25% de risque de faire un AVC dans les prochains jours ou prochaines années à venir. En cas d’un AIT, le patient retrouve ses fonctions motrices après traitement. L’AIT peut survenir à la suite d’une baisse ou hausse de la tension artérielle. La pathologie doit être traitée convenablement pour prévenir l’AVC.

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