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La prise de médicaments pas nécessaire pour tous les troubles digestifs

Les médicaments ne sont pas tout le temps nécessaires en cas de troubles fonctionnels gastro-intestinaux. C’est ce qu’a affirmé le Dr Mansoor Takun, consultant en charge en pédiatrie à l’hôpital de Flacq et membre de la Paediatric Society. Il était l’invité de Caroline lors de l’émission Allô docteur de Radio Plus.

63 % des troubles fonctionnels gatro-intestinaux (TFGI) sont traités avec des médicaments à Maurice. Or, tel n’est pas nécessairement le cas, selon l’étude de l’observatoire infant Gastrointestinal disorders African Study to share Experiences and Learnings (GASEL) à laquelle 10 pays d’Afrique, dont Maurice, ont participé, entre juin et décembre 2017. C’est ce qu’a expliqué le Dr Mansoor Takun, lors de l’émission Allô docteur de Radio Plus. Selon lui, les TFGI sont normaux et il n’est pas possible de les prévenir. « Ce serait inquiétant si un nourrisson n’a pas de coliques jusqu’à l’âge de deux mois », a-t-il fait ressortir.

Un nourrisson est un bébé de moins d’un an. Mais c’est particulièrement entre zéro à trois mois, qu’il peut faire face à des troubles fonctionnels gastro-intestinaux : vomissements, ballonnements abdominaux, constipation et coliques intestinales. Des soucis auxquels les mamans sont confrontées tous les jours, selon le pédiatre. Mais ce type de problème n’est pas exclusif à Maurice. L’étude GASEL a permis d’établir qu’aux États-Unis et en Europe, par exemple, les bébés sont confrontés à la même situation.

Ainsi, selon l’étude, 50 % des consultations pédiatriques durant cette période concernent des coliques du nourrisson. Dans certains cas, il peut s’agir de coliques et de vomissements ; dans d’autres cas, il y a des vomissements, ballonnements abdominaux et constipations. « Il y a une panoplie de ces trois troubles dans un cas sur deux », a expliqué le consultant en charge. Pour lui, les parents doivent savoir distinguer les différents pleurs d’un bébé et essayer de comprendre ce dont il souffre, ou a besoin, sans trop s’inquiéter.

Selon lui, les coliques se caractérisent par des pleurs, crispation et douleurs ; le ballonnement par un abdomen un peu tendu et des gargouilles. Les régurgitations surviennent souvent aussitôt que le bébé a bu ou quelques minutes après. La constipation, c’est quand un enfant ne va pas à la selle régulièrement ou doit forcer pour le faire. Ce qui ne sont que des « banalités » pour un professionnel de la santé, mais source d’inquiétude pour les jeunes mamans en particulier. L’estomac d’un nouveau-né est de la taille d’une cerise. Il ne faut donc pas trop donner à boire à un enfant de cet âge et ne pas craindre qu’il n’a pas assez bu, a souligné le médecin. C’est le trop-plein de lait qui va l’inciter à régurgiter.

Le Dr Takun a ainsi expliqué que, selon la nouvelle approche préconisée à l’issue de l’étude GASEL, c’est la réassurance parentale avant tout. Vient ensuite des conseils hygiéno-diététiques et la prise de médicaments si le problème n’a pas été résolu.

La nouvelle approche que la Paediatric Society va s’évertuer à expliquer aux médecins, sages-femmes et tous ceux impliqués dans la croissance des bébés, c’est de privilégier la réassurance parentale avant tout, en écoutant attentivement les inquiétudes de la maman dont l’enfant a un problème de santé. Dans certains cas, elle n’a besoin que d’être rassurée et avoir quelques conseils. Il a aussi insisté sur le fait que les mamans ne devraient pas se culpabiliser si elles ont l’impression que leur enfant « refuse » leur lait. « Si un enfant a eu un rejet, il ne faut pas lui redonner à boire immédiatement », a expliqué le pédiatre.

Allaitement maternel

L’allaitement maternel est le meilleur aliment pour les nourrissons. Mais peu de mamans donnent le sein à leur enfant passé les deux mois et demi. C’est ce qu’a fait observer le Dr Takun. De 85 % suivant les premiers mois après l’accouchement, le pourcentage des mamans qui allaitent par la suite chute jusqu’à 20 %, au bout de deux à trois mois, a-t-il affirmé. Il a fait ressortir qu’un nourrisson allaité au sein a moins de risque d’avoir des troubles fonctionnels gastro-intestinaux qu’un autre qui prend le lait infantile disponible dans le commerce.
Il a aussi expliqué que le papa devrait aussi s’impliquer en ce qu’il s’agit des soins et de l’encadrement d’un bébé et que cela ne devrait pas être laissé à la charge de la maman uniquement. Le mari doit aussi apporter tout son soutien à son épouse pour l’encourager à privilégier l’allaitement maternel le plus longtemps possible.
Pour lui, beaucoup d’emphase doit être mise sur l’importance de l’allaitement maternel ce qui pourrait faire baisser le nombre de consultations pédiatriques liées au TFGI, car il contient des nutriments uniques qui sont bons pour la croissance du bébé.

Etude Gasel

Etude Gasel a inclus des professionnels de la santé de 10 pays d’Afrique, y compris Maurice. 10 000 bébés ont été suivis, durant cette étude, par 759 médecins, dont 28 à Maurice. Cela a permis de comprendre que les bébés des pays d’Afrique sont confrontés aux mêmes troubles que ceux d’Europe ou des États-Unis. La Paediatric Society a publié un dépliant afin de disséminer l’information aux sages-femmes et aux médecins. 63 % des troubles sont traités à travers des médicaments, alors qu’ils peuvent être traités par des mesures hygiéno-diététiques et l’assurance parentale et, peut-être, une modification de l’alimentation.

Les troubles digestifs

Les troubles digestifs les plus fréquents chez les enfants sont la constipation, ballonnement abdominal, coliques du nourrisson et régurgitation.

Lors de la colique du nourrisson, l’enfant va gigoter, va devenir rouge et va pleurer et va ramasser ses pieds et va avoir une expression de douleur sur le visage. Quand il y a un ballonnement abdominal, la maman va remarquer le ventre un peu dur ce qui provoque une inquiétude chez de nombreuses mères. La régurgitation c’est quand l’enfant crache son lait et finit par vomir par la suite. La constipation c’est quand un enfant ne va pas à la selle pendant plusieurs jours.

Pour les traitements, il faut surtout une bonne approche mère-enfant, faire des câlins au bébé pour le rassurer et ne pas être angoissé. S’il s’agit de coliques, des massages abdominaux autour du nombril dans le sens des aiguilles d’une montre avec un peu d’huile. Il faut aider un bébé à bien faire son rot après lui avoir donné à boire et il doit dormir sur le dos.

Ces troubles digestifs ne sont pas un gros problème de santé. Il ne faut pas trop donner à boire à son enfant pour éviter les rejets. Pour les ballonnements, il ne faut pas s’inquiéter non plus, car ce sont des choses qui arrivent. Concernant la constipation, un laxatif est requis après l’âge de six mois uniquement. Si l’enfant boit le lait infantile, un changement de lait peut aider à soulager ses troubles.

Pour tous les nourrissons, le lait maternel est à privilégier, car il contient des prébiotiques, des probiotiques et des acides gras aminés et des oligoéléments qui sont propices au confort digestif de l’enfant et à sa croissance.

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