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[Allô Docteur] Syndrome des ovaires polykystiques : quelles sont les conséquences sur la santé ?

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Le mois de septembre est consacré à la sensibilisation au syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Pour en savoir plus sur les troubles hormonaux qu’il entraîne, le Dr Himla Bhoma, gynécologue et obstétricienne, à l’hôpital Jawaharall Nehru à Rose Belle, était sur le plateau d’Allô Docteur le mardi 10 août.

Dr Himla Bhoma, gynécologue et obstétricienne
Dr Himla Bhoma, gynécologue et obstétricienne

Première cause d’infertilité féminine, le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est un trouble caractérisé par un déséquilibre de certaines hormones. Il peut aussi entraîner plusieurs autres troubles de la santé. En effet, le SOPK a de nombreuses conséquences, dont une perturbation des cycles menstruels et de la production des ovules, mais aussi une pilosité excessive et de l’acné chez les femmes qui en souffrent.

« Souvent, la patiente se présente avec plusieurs symptômes, dont l’irrégularité des cycles menstruels ainsi qu’un excès de poils sur le visage, mais aussi sur d’autres zones du corps, notamment sur la poitrine, le dos, les bras et les pieds alors que d’ordinairement, les femmes ont moins de poils que les hommes », a expliqué le Dr Himla Bhoma. La qualité de la peau est aussi affectée et l’acné est souvent un problème dont font face les patientes souffrant de SOPK.

Par contre, l’irrégularité des règles est l’obstacle majeur, car cela affecte également la fertilité de la femme. Ceci s’explique par un manque d’ovulation. Comment l’expliquer ? « Il faut savoir que malgré son nom (syndrome des ovaires polykystiques), il n’est pas caractérisé par des kystes, mais par un nombre anormalement élevé de follicules ovariens. La femme concernée n’arrive donc pas à ovuler et on note aussi une sécrétion excessive d’hormones androgènes comme la testostérone », a précisé la gynécologue et obstétricienne.

C’est cet excès de testostérone qui serait à l’origine de l’hyperpilosité selon elle. D’autres symptômes peuvent apparaître comme la chute des cheveux, l’alopécie ou la calvitie. Avec le changement de physionomie que cela entraîne, de nombreuses femmes sont gênées par leur nouvelle apparence et ainsi accentue leur état de stress, car même leur voix peut changer pour devenir plus grave. Certaines femmes peuvent également se retrouver dans un état dépressif.

Obésité, diabète et infertilité

Autre trouble associé au SOPK est la résistance à l’insuline. « L’insuline est l’hormone sécrétée par le pancréas qui régule le corps dans sa consommation d’énergie. Par contre, chez les patientes de SOPK, cette résistance peut occasionner une obésité et malgré les efforts de perdre du poids, elles n’y arrivent pas », ajoute-t-elle. D’ailleurs, le diabète de type 2 est aussi une conséquence de l’insulinorésistance.

Ce trouble affecte les jeunes femmes en âge de procréer, mais le Dr Himla Bhoma constate également un rajeunissement du problème ayant détecté le SOPK chez des enfants de huit ans. « On note alors un développement précoce et ces filles ont leurs premières règles à partir de 8 et 9 ans », souligne-t-elle. Mais il n’y a pas d’âge précis pour souffrir du SOPK, car il a été détecté chez les femmes d’un certain âge avancé également.

L’une des conséquences majeures est son impact sur la fertilité selon la gynécologue. Ce sont les petits follicules au niveau des ovaires qui sont en nombre trop important, mais très peu d’entre eux arrivent à maturation, ce qui explique les troubles du cycle menstruel. Cependant, avec un changement de mode de vie, il n’est pas rare de voir les patientes tomber enceintes. « Une alimentation saine et une activité physique régulière sont souvent les deux premiers changements à faire et dans de nombreux cas, en adoptant cette approche, elles ont pu réaliser leur projet de grossesse », a indiqué le Dr Himla Bhoma.

Par contre, pour les autres, il est alors nécessaire de se tourner vers un traitement les permettant d’ovuler. Chaque traitement est différent et correspond aux conditions de la patiente, car une jeune femme qui ne désire pas tomber enceinte, mais souhaite régler ses problèmes d’acné et d’hyperpilosité aura un traitement différent selon elle. « Cela commence surtout avec une prise en charge pour réduire le poids du patient. La metformine est souvent prescrite pour régler aussi la résistance à l’insuline. Il y a aussi l’aldactone qui est un autre médicament qui aiderait à réduire le taux de testostérone dans l’organisme et à lutter contre la rétention d’eau dont elles sont nombreuses à souffrir », fait-elle ressortir.

Il s’agit de la phase initiale du traitement qui concerne aussi les femmes ayant des troubles de la fertilité et qui souhaitent avoir un enfant. Et, après trois mois environ, le traitement va varier pour augmenter ses chances de tomber enceinte. Une fois la personne enceinte, le suivi continue, car le risque de l’insulinorésistance est toujours présent. Le diabète gestationnel peut alors être détecté et traité par un rééquilibrage alimentaire ou par un traitement médicamenteux.

La prévalence du SOPK

Le SOPK touche de nombreuses femmes et il est souvent sous diagnostiqué. En Angleterre, ce trouble affecte une femme sur dix alors qu’aux États-Unis, deux à trois femmes sur dix sont concernées. Par contre, à Maurice la prévalence serait plus élevée allant de trois à quatre femmes sur dix touchées par le SOPK. Comment l’expliquer ? Pour le Dr Himla Bhoma, ce sont nos origines asiatiques qui pourraient être responsables. « On est génétiquement prédisposé à cette condition encore plus et malheureusement le mode de vie joue aussi un rôle, car on n’est plus aussi actif qu’avant », indique-t-elle.

Les tests de détection

Il existe plusieurs examens médicaux qui aideraient à diagnostiquer le SOPK. Parmi, on retrouve le test de FSH, LH et le niveau de testostérone. Le test d’insuline est également inclus pour détecter une possible résistance à l’insuline. « À partir de ces tests, si les soupçons de SOPK sont validés, on procède avec une échographie vaginale pour procéder au diagnostic précis », indique le Dr Himla Bhoma.

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