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[Allô Docteur] Le tabac engendre de nombreux problèmes pulmonaires

Le tabac est nocif pour la santé et peut engendrer de nombreux problèmes pulmonaires. C’est ce qu’ont fait ressortir les Dr Balkrish Nath Bedassy et Rajiv Kumar. Ils étaient les invités de Caroline lors de l’émission Allô docteur de Radio Plus.

Fumer a de nombreuses conséquences sur la santé. Notamment sur les poumons. D’où le thème Tabac et Santé Pulmonaire de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à l’occasion de la Journée mondiale sans tabac observé chaque 31 mai. « Le Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive (BPCO) est lié directement avec le tabagisme, tout comme le cancer des poumons qui est à Maurice comme dans le monde tant chez les hommes que chez les femmes », a fait ressortir le Dr Rajiv Kumar, pneumologue.

En sus de cela, les autres organes sont aussi affectés : le cœur, les intestins, la gorge. Selon lui, le cancer des seins est lié à la cigarette tout comme le cancer de la prostate. Il est aussi connu que les spermatozoïdes ont moins de mobilité chez les fumeurs, ce qui a une incidence sur leur fertilité. Ils peuvent souffrir d’un problème d’érection également, a expliqué le spécialiste.

Le pneumologue a souligné que quand une personne commence à fumer, elle va se sentir euphorique dans un premier temps. Mais au fur et à mesure elle va commencer à souffrir d’addiction en raison de l’accoutumance à la nicotine. C’est à partir de là que les problèmes de santé vont commencer, selon lui. « Le fumeur aura des problèmes pulmonaires avec une toux grasse et du flegme sur l’estomac, particulièrement le matin », a-t-il expliqué. Il sera aussi essoufflé et ne pourra pas s’adonner comme avant à toutes ses activités.

Le spécialiste a toutefois précisé que les effets de la cigarette surviennent au bout de plusieurs années, dépendant de la quantité de cigarettes consommées. Il a ajouté que les dommages peuvent déjà être importants lorsque la personne décide d’arrêter de fumer en raison de divers problèmes de santé qu’elle commence à ressentir.

Le Dr Balkrish Nath Bedassy, responsable de la clinique de sevrage tabagique, soutient que tout fumeur souffre d’une toux chronique pendant une période de six mois ou plus et qu’il est plus susceptible d’avoir des infections virales ou des pneumopathies (infection des bronches) et des problèmes aux voies respiratoires. Dans certains cas, des traces de sang dans le crachat peuvent être observés tout comme la perte de poids, des glandes qui apparaissent dans le thorax, ainsi que des infections aux oreilles, nez et la gorge (ORL). Le sens de l’odorat est affecté également et dans certains cas il faut une assistance respiratoire, a-t-il expliqué. Il a souligné que les poumons ont un rôle vital. Ils permettent l’oxygénation du métabolisme et de toutes les cellules. « Si une personne à une maladie pulmonaire, sa capacité de respirer diminue », a-t-il fait ressortir.

Le Dr Bedassy a fait comprendre qu’il est possible d’arrêter de fumer. Mais il faut avoir avant tout la volonté de le faire. Il a expliqué qu’à travers les cliniques de sevrage tabagique, ceux qui veulent arrêter de fumer peuvent bénéficier du support nécessaire. Des sessions sont disponibles dans chaque hôpital régional ainsi qu’au Diabetes and Vascular Centre de Souillac et au centre de santé Odette Leal à Beau-Bassin.

Ces sessions de sevrage sont une façon d’encourager les fumeurs d’arrêter, a-t-il affirmé. Une évaluation de l’état de santé et de sa dépendance est effectuée. En cas de besoin, un traitement pharmacologique est administré pour une durée de 10 semaines. Le patient bénéficie en outre des conseils et un encadrement pour l’aider à suivre son traitement convenablement, surtout quand le manque se fera ressentir. « Même si c’est difficile d’arrêter de fumer, il y a des méthodes pour contrer et gérer l’addiction à la nicotine qui est à la fois un problème pharmacologique, comportemental et social », a expliqué le médecin.

Le nombre de fumeurs en baisse

Selon l’enquête sur les maladies non-transmissibles effectuées en 2015, le taux de fumeurs a baissé. De 21 % en 2009 il est passé à 19,1 %. Les chiffres indiquaient aussi que 38 % des hommes étaient des fumeurs contre 3,9 % de femmes.

Pour le Dr Bedassy, ce déclin s’explique par la prise de conscience des Mauriciens sur les méfaits de la cigarette et les maladies pulmonaires qu’ils peuvent engendrer. Nombreux sont ceux qui, en pensant à la cigarette, pensent au cancer.

Arrêter de fumer, c’est possible

Quand on fait un traitement pour arrêter de fumer il faut voir les efforts qu’on met pour arrêter et c’est cela qui va déterminer la réussite du programme, deux ou trois sur cinq personnes arrivent à arrêter de fumer. Et l’encadrement se poursuit sur deux ans pour prévenir les rechutes.

Douze heures après avoir arrêté de fumer, il n’y a plus de nicotine dans le corps. Après une semaine, il n’y a plus de gaz toxique carbone-monoxide ou carbone dioxide en raison de la fumée de la cigarette. Après six mois, les fonctions respiratoires s’améliorent. Après un an, le risque de développer un cancer des poumons ou les maladies BPCO diminue de moitié. Après dix ans, le risque d’avoir un cancer est égale à celui d’un non-fumeur.

L’examen d’un patient fumeur

Divers examens sont disponibles pour évaluer la santé pulmonaire d’un patient fumeur. Cela commence par l’examen clinique pour déterminer les symptômes du patient. Ce qui va donner une idée des autres examens à effectuer. Tout dépend du nombre d’années pendant lesquelles le patient a fumé. Si c’est nécessaire le patient va subir différents autres examens tels qu’une radiographie des poumons. Cela pour rechercher des taches dans les poumons qui peuvent symboliser un cancer.

Si cela est avéré, un CT Scan est effectué pour confirmer le diagnostic dont les résultats vont déterminer la marche à suivre. Si cela est nécessaire, une bronchoscopie, qui consiste à passer un tube muni d’une caméra miniature par les narines ou la bouche pour explorer les bronches, est effectuée pour chercher d’éventuelles grosseurs. Des prélèvements sont faits à des fins d’analyses. Cela va déterminer si c’est une cellule cancéreuse ou pas.

S’il n’y a pas de grosseur, un lavage des poumons est fait et le liquide prélevé pour des analyses pour rechercher d’éventuelles cellules cancéreuses. Il y a également le brossage avec une brosse microscopique pour brosser les bronches à la recherche de cellules cancéreuses.

Si le patient a de l’eau dans les poumons, une ponction du thorax est effectuée pour une analyse du liquide qui a été accumulé dans les poumons. Si les examens démontrent qu’il y a des cellules cancéreuses, le patient est référé au département de radiothérapie pour le traitement de son cancer.

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