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[Allô Docteur] Diabète : quelle est l’importance de la recherché clinique ?

Le diabète touche plus de 250 000 mauriciens. Et, la maladie touche de plus en plus les enfants et les adolescents. C’est ce que fait comprendre le Dr Reshma Ramracheya, chercheuse au Centre Internationale de Développement Pharmaceutique (CIDP). Elle était sur le plateau d’Allô Docteur le mardi 17 novembre pour parler justement de l’importance de la recherche clinique sur le diabète.

Dr Reshma Ramracheya
Dr Reshma Ramracheya

 

« La prévalence du diabète de type 2 à Maurice est très élevé et les statistiques de l’International Diabetes Federation de 2019 montrent que notre l’île est classée 5e dans l’Asie du Sud-Est pour ce qui est notre taux de jeunes diabétiques », explique le Dr Reshma Ramracheya, la directrice des opérations pharmaceutiques au Centre Internationale de Développement Pharmaceutique (CIDP).

Elle fait des recherches cliniques sur le diabète depuis quelques années au sein de CIDP et les datas collectées depuis 2016 a permis de découvrir un nouveau phénomène sur le diabète. « On a constaté que les diabétiques sont de plus en plus jeunes. Certains enfants à l’âge de 9 ans commencent à développer le diabète de type 2 », fait-elle comprendre.

D’ailleurs, elle fait ressortir que ces données ont été comparées avec celles de 36 autres pays et il s’avère que Maurice est en tête de liste, ce qui signifie que la prévalence du diabète chez les jeunes et les adolescents devient inquiétante. « La situation devient grave. C’est une épidémie de diabète chez les enfants et les adolescents », ajoute le médecin.

Les causes

Le diabète étant multifactoriels, les causes sont donc diverses selon le Dr Ramracheya mais chez les enfants comme les adultes, le facteur principal noté est la prise conséquente du poids corporels. « A Maurice, on observe une situation unique en son genre où les enfants nés des mamans ayant eu le diabète gestationnel finissent par avoir le diabète de type 2 assez tôt par la suite », indique-t-elle.

Pour renverser la tendance, elle conseille surtout un mode de vie sain. « Le self-care est l’élément phare. Le patient doit pouvoir prendre en charge sa santé et contrôler de près sa maladie. Il y a eu des statistiques qui précise que dans le traitement du diabète, 90 % repose sur la prise en charge personnelle du patient », précise-t-elle.

Mode de vie

Il est donc important de s’éduquer sur la maladie, de comprendre comment le diabète affecte l’organisme et de faire les changements qu’il faut. Et, les changements doivent commencer tôt. D’ailleurs, la doctoresse salue l’initiative du gouvernement le lancer le programme de « healthy lifestyle » dans les écoles.

« Toujours selon les statistiques, moins de 30 % des enfants du des écoles primaires font de l’exercice physique et ce pourcentage diminue encore plus au secondaire pour atteindre moins de 10 % », précise-t-elle. Adopter une culture plus saine est plus que jamais importante. Un nouveau mode de vie est donc crucial pour diminuer les facteurs de risque.

Traitement

Le diabète est un « silent killer » et les symptômes affectent l’organisme sur le long terme d’où l’importance d’une bonne prise en charge. Le « self-care » reste indispensable mais le traitement médicamenteux reste aussi un moyen sûr pour bien contrôler la maladie.

« Avec les innovations, on a de nos jours des médicaments très performant qui aide à réguler le diabète mais aussi à limiter les complications de la maladie sachant que de nombreux diabétiques souffrent aussi d’hypertension et les complications mènent aussi aux maladies cardiovasculaires. Certains médicaments peuvent maintenant aider à prévenir ces problèmes de santé », ajoute-t-elle.

Le diabète monogénique

Outre les deux types de diabète très connus dont le type 1 et type 2, il existe plusieurs autres formes de la maladie. C’est ce qu’a révélé les recherches menées. « Il y a des sous-catégories de diabète de type 2 et on ensuite, il y a les formes génétiques du diabète dont le MODY qui est un acronyme pour Maturity onset dianetes of the young. C’est une forme de diabète de type 2 où on constate la mutation d’un seul gène responsable de la maladie, le diabète monogénique », explique le médecin. Il est donc crucial au médecin traitement de diagnostiquer la forme précise du diabète de son patient afin de trouver le meilleur traitement possible selon le Dr Ramracheya.

Rémission du diabète de type 2

Il est possible de renverser le diabète de type 2. C’est ce qu’a montré les recherches qu’a entamé le Dr Ramracheya. « Dans certains cas, où l’obésité est morbide et que la personne ne peut pas perdre du poids, il existe le Metabolic Surgery. Cette réduction du poids à travers la chirurgie a montré que le diabète peut alors disparaître », fait comprendre le médecin. Sinon, l’autre solution pour une rémission du diabète est l’alimentation très contrôlée. Pour les pré-diabétiques, les facteurs de risque sont plus élevés et un changement de mode de peut éviter à ces personnes de développer le diabète.

L’indice glycémique v/s la charge glycémique

Le terme indice glycémique (IG) est souvent utilisé pour calculer le taux de sucre dans les aliments. Mais que savons-nous de la charge glycémique ? Il s’agit de deux termes bien différents selon le Dr Ramracheya. Pour ce qui est de la charge glycémique, il s’agit d’un concept relativement nouveau en nutrition et vient compléter l’index glycémique. L’IG donne la mesure de la qualité des glucides dans les aliments (index glycémique bas ou élevé) alors que la charge glycémique met en avant la quantité des glucides dans une portion (aliments dans l’assiette).

Allô Docteur sur Radio Plus, chaque mardi à 9h00

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