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[Allô Docteur] Coronavirus : tout le monde est à risque

N’importe qui peut attraper le nouveau coronavirus 2019, selon le Dr Vasantrao Gujadhur, spécialiste en santé publique au ministère de la Santé. Il était l’invité de l’émission Allô docteur de Radio Plus.

Maurice est-elle à l’abri du coronavirus ? Non, selon le Dr Vasantrao Gujadhur. Cela, en dépit de la panoplie des mesures préventives mise en œuvre au port et à l’aéroport. Comme c’est le cas pour les maladies transmises par les moustiques, le coronavirus a une période d’incubation d’environ quatorze jours. De ce fait, une personne infectée peut ne pas être au courant de sa situation et elle peut ainsi voyager sans aucun problème. Ce n’est que quand la personne va commencer à ressentir les premiers symptômes de la maladie : fièvre, toux et trouble respiratoire qu’elle risque de contaminer son entourage, a expliqué le médecin. Dans certains cas, la maladie peut entraîner une pneumonie et une détresse respiratoire et être fatale dans certains cas.

Le Dr Vasantrao Gujadhur, spécialiste en santé publique au ministère de la Santé.
Le Dr Vasantrao Gujadhur, spécialiste en santé publique au ministère de la Santé.

Ainsi, le nouveau coronavirus 2019 est une maladie à prendre au sérieux, d’autant qu’elle est dangereuse. Si au départ la transmission se faisait d’un animal (qui n’a pas encore été identifié) à l’homme, les dernières observations des chercheurs et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) font état d’une transmission d’un humain à un autre, a soutenu le Dr Gujadhur. Il a expliqué que le coronavirus est une famille de virus présent depuis longtemps parmi les animaux. Avant le mois de décembre, il y avait six types de coronavirus qui affectaient les humains. Parmi, il y avait le Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en Chine en 2002 et le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) en Arabie saoudite. « Ce sont des types de coronavirus qui sont transmis des animaux aux humains. Le coronavirus qui a été identifié dans la province Wuhan en Chine en décembre dernier est le septième de la famille des coronavirus et a été nommé nouveau coronavirus 2019 », a-t-il affirmé.

En janvier, 41 personnes étaient infectées et, actuellement, le nombre est passé à 200 selon les informations disponibles le 20 janvier dernier, a ajouté le médecin. C’est ce qui a incité les autorités chinoises et l’OMS à prendre diverses mesures afin d’éviter la propagation de la maladie, d’autant qu’elle a été répertoriée dans les pays limitrophes de la Chine ou ailleurs comme en Corée du Sud, Thaïlande et Japon. «La plupart des cas répertoriés en dehors de la Chine sont des cas où il y a des évidences que ceux qui ont été infectés étaient en visite dans la province de Wuhan et qui sont retournés dans leur pays par la suite », a précisé le Dr Gujadhur.

Face à cette situation, le ministère de la Santé mauricien n’a pas tardé à mettre des mesures en place afin que la maladie ne se propage pas dans le pays. Ainsi, le système de surveillance au port et à l’aéroport a été renforcé. Cela concerne particulièrement les passagers en provenance de la Chine et des pays avoisinants. Des caméras thermiques permettent de détecter si un passager fait une température supérieure à 38 degrés. Si tel est le cas, elle est prise en charge par les autorités sanitaire. « Nous plaçons alors le passager en isolation à l’hôpital de Souillac qui a tous les équipements nécessaires pour la prise en charge du malade, faire des analyses plus approfondies et administrer les traitements appropriés », a expliqué le spécialiste en santé publique.

Il a précisé que tous les passagers doivent remplir un Passenger Health Declaration Form pour indiquer s’ils sont malades, s’ils ont de la fièvre et la toux. En sus de cela, quand ils passent devant la caméra thermique, nous pouvons déterminer s’ils ont de la fièvre ou pas. S’ils ne présentent pas de symptômes, les passagers peuvent néanmoins être retracés à travers leur adresse et un numéro de téléphone qu’ils doivent indiquer lors de leur déclaration. Ce qui permet aux autorités sanitaires de leur rendre visite si nécessaire.

Selon le Dr Vasantrao Gujadhur, en dépit de la période d’incubation qui fait qu’une personne peut passer entre le système de surveillance, les mesures prises sont efficaces. Elles permettent une riposte immédiate à travers une détection rapide. « Une prise en charge rapide et une riposte immédiate sont importantes pour éviter les complications de santé et limiter la propagation », a fait comprendre le médecin. Si après quatorze jours une personne n’a pas développé les symptômes, c’est très rare qu’elle va tomber malade, a-t-il déclaré. Il a également ajouté que c’est la responsabilité individuelle de tout un chacun d’informer le ministère s’il est malade.

Si quelqu’un a les symptômes du coronavirus, ce n’est pas conseillé qu’il prenne l’avion mais il vaut mieux pour lui de se présenter aux autorités sanitaires pour une prise en charge. Mais si la personne a pris l’avion, c’est un fait indéniable qu’elle peut transmettre la maladie à son entourage immédiat.

Il a aussi affirmé que la surveillance est constante. Outre les officiers du sanitaire au port et à l’aéroport, il y a un suivi qui est effectué à travers les treize bureaux sanitaires du pays. On y trouve les inspecteurs sanitaires, les Health Surveillance Officers et les Regional Health Superintendants, qui sont des médecins formés en santé publique et qui peuvent s’assurer que le protocole de surveillance soit respecté.

Symptômes : Fièvre, détresse respiratoire

Les symptômes du coronavirus peuvent être bien banals comme très graves. Une personne peut avoir une fièvre, de la toux ou un rhume. Mais cela peut être sévère et la personne peut avoir une infection respiratoire, une pneumonie. La maladie peut affecter les autres organes également et cela peut être fatal.
D’autres complications de santé peuvent survenir et entraîner le décès du patient.
Les personnes les plus à risque sont celles qui souffrent de maladies chroniques, ce qui fait que leur système immunitaire est plus vulnérable aux attaques des virus.

Surveillance accrue

Outre le coronavirus, les autorités sanitaires scrutent également les passagers en ce qu’il s’agit des maladies transmises par les moustiques : chikungunya, dengue, malaria, zika. Sont particulièrement visés les passagers qui viennent des pays où il y a ces maladies endémiques. La surveillance a été étendue en ce qu’il s’agit du MERS-CoV qui est présent en Arabie saoudite.

Le ministère de la Santé renforce ces mesures particulièrement quand il y a des pèlerinages dans ce pays où les risques de transmission de la maladie d’un humain à l’autre est énorme. Les pèlerins mauriciens qui viennent de ce pays sont sous surveillance. Il y a également une surveillance en ce qu’il s’agit de la grippe aviaire en Chine. Les bateaux de pêche, de marchandises et de croisière sont aussi passés au crible.

Tous les voyageurs doivent remplir le Maritime Declaration of Health et le responsable de la santé des passagers/employés du bateau doit nous informer si quelqu’un/e a des problèmes de santé et quel port il/elle a embarqué. Dépendant du Maritime Declaration of Health, le bateau est autorisé à accoster. Selon lui, c’est une offense si une personne donne une adresse erronée. C’est la responsabilité de tout individu de nous donner la bonne adresse. Mais nous pouvons aussi nous adresser au Passport and Immigration Office (PIO) pour nous aider à retracer un passager.

 

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