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[Allô Docteur] Cancer du sein : un dépistage précoce augmente les chances de guérison

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Un mois dédié à la sensibilisation au cancer du sein. C’est le « Pink October » et tout au long de ce mois d’octobre, des campagnes sont menées afin d’alerter sur l’importance d’une détection précoce. Dans l’émission Allô Docteur sur Radio Plus le mardi 5 octobre, le Dr Yashin Mahamodhossen, oncologue à l’hôpital Victoria est revenu sur les facteurs de risque et les traitements disponibles.

Dr Yashin Mahamodhossen, oncologue
Dr Yashin Mahamodhossen, oncologue

Le pays connaît une hausse dans le nombre de nouveaux cas du cancer du sein. En 2020, Maurice avait enregistré 648 nouveaux cas contre 540 en 2019, ce chiffre était à 540. « Nous avons eu plus de 100 patients de plus en une année et le nombre de décès a également augmenté. Un total de 207 individus sont morts en 2020 suite à un cancer du sein », indique le Dr Yashin Mahamodhossen, oncologue à l’hôpital Victoria. Qu’est-ce qui explique cette situation  ? Pour lui, ce sont les dépistages qui permettent de déceler les cas. « Auparavant, le cancer du sein était souvent dépisté à un stade avancé alors que maintenant le dépistage précoce permet de détecter le nombre de malades et d’avoir ainsi un meilleur traitement », ajoute le médecin.

Pour ce qui est des facteurs de risque, le Dr Yashin Mahamodhossen fait comprendre qu’ils sont catégorisés en deux : modifiables et ceux qui ne peuvent pas être modifiés. « Parmi ces derniers, on retrouve l’âge. Avec le temps, on voit que de nombreuses femmes qui ont plus de 50 ans sont affectées par le cancer du sein. Ensuite, il y a le facteur génétique. Il y a des mutations génétiques qui mènent aux gènes de prédisposition (BRCA 2 et BRCA 2) au cancer du sein, mais également des ovaires », indique l’oncologue.

L’historique familial, qui joue aussi un rôle, fait partie des risques non modifiables. « Une personne dont la maman, la sœur ou une tante a eu un cancer du sein a plus de risque de le développer également », précise-t-il. Ensuite, il y a plusieurs autres facteurs qui sont, eux, modifiables, permettant ainsi de réduire les risques de souffrir de ce cancer. Parmi ces facteurs de risque, on retrouve la consommation d’alcool ou encore l’obésité. « Si une personne fait attention à son poids, en surveillant que son index de masse corporelle (IMC) reste dans les normes, elle sera moins exposée au cancer du sein », indique-t-il. D’ailleurs, en faisant de l’exercice physique, les risques diminuent selon le médecin. Au final, avoir un style de vie sain réduit les dangers.

Un autre facteur serait les hormones que certaines femmes prennent pour traverser la période de ménopause. « Avec ces pilules, les femmes sont à plus de risque d’avoir un cancer du sein », ajoute-t-il. D’ailleurs, le Dr Yashin Mahamodhossen souligne qu’il y a également des hormones dans les pilules contraceptives qui pourraient entraîner un cancer du sein sur le long terme.

Pour le diagnostic, une fois le dépistage fait, le médecin traitant indique au patient les examens médicaux à effectuer. « La biopsie est souvent faite pour confirmer un cancer », informe-t-il. Elle est pratiquée par un chirurgien et l’échantillon extrait est analysé. Le traitement dépendra ainsi des résultats.

Les différents stades de la maladie

Les chances de guérison sont plus élevées quand le cancer est détecté le plus tôt possible, d’où l’importance d’un dépistage précoce fait remarquer le Dr Yashin Mahamodhossen. Cela comprend notamment un cancer qui est à un stade 0, 1 et 2. Au stade 0, le cancer est non infiltrant ou aussi appelé in situ. Et, au stade 1, la taille de la tumeur est inférieure à 2 cm et la maladie ne s’est pas propagée. Ensuite, au stade 2, la tumeur est un peu plus importante, mais les chances de guérison existent toujours selon l’oncologue puisque le cancer reste localisé. « Une fois le cancer dépisté, on procède à une ablation du sein ou une mastectomie partielle du sein. Avec un traitement, la personne a toutes ses chances de guérir », indique l’oncologue. Cependant, si la maladie est détectée à un stade avancé, le traitement consiste à contrôler la maladie. Au stade 4 où le cancer s’est métastasé, on évoque alors les soins palliatifs.

Le rôle de l’autopalpation

Il est recommandé aux femmes de pratiquer régulièrement l’autopalpation des seins et cela dès l’âge de 20 ans. « Cet exercice permet de détecter s’il y a une boule (un kyste) sous la peau et d’alerter son médecin le plus rapidement possible. Cela fait partie du dépistage précoce », explique le Dr Yashin Mahamodhossen.

  • Quand le faire ? L’idéal selon l’oncologue est de faire l’autopalpation tous les mois, une semaine après les règles. « Avant et pendant les règles, les seins sont plus durs et l’exercice peut ne pas être précis », ajoute-t-il, tout en précisant que certains signes doivent également alerter la personne. Parmi, il y a la couleur du sein. Il faut surveiller s’il est un peu rougeâtre. Ensuite, il y a sa forme.
  • Comment le faire ? Il existe différentes façons de faire l’autopalpation selon l’oncologue. Le plus facile est de le faire dans la salle de bain en prenant sa douche. Il suffit de se mettre devant un miroir. « Si c’est le sein gauche, il faut mettre la main gauche derrière la tête et prendre les trois doigts de la main droite pour palper le mamelon en faisant des mouvements circulaires. Le même exercice est à faire avec l’autre sein et il est recommandé de se tourner vers un médecin en cas de doute ».

Cancer du sein chez les hommes

Les hommes sont également concernés par le cancer du sein, indique le Dr Yashin Mahamodhossen qui les incite à se faire dépister aussi. « Il est vrai que le cancer du sein touche davantage les femmes, mais les hommes ne sont pas épargnés. Nous diagnostiquons environ cinq à six nouveaux cas chaque année », ajoute l’oncologue.

Allô Docteur sur Radio Plus, chaque mardi à 9h00

C’est le rendez-vous de chaque mardi sur les ondes de Radio Plus. Allô Docteur, émission spéciale dédiée à la santé, fait un focus sur une thématique différente chaque semaine, de 9h00 à 10h00. Les auditeurs peuvent également participer à l’émission en appelant sur le 208 4999 ou le 208 5999. De plus, les internautes ont la possibilité de suivre l’émission en Facebook Live sur la page defimedia.info et défisanté.

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